Investiture de trois nouveaux membres de l'Académie du Royaume du Maroc
La cérémonie d'investiture de trois nouveaux membres résidents et associés de l'Académie du Royaume du Maroc s'est déroulée, vendredi 10 mai à Rabat, dans le cadre de la nouvelle réorganisation de cette institution.
La séance solennelle d’accueil et d'investiture, présidée par le secrétaire perpétuel de l'Académie du Royaume du Maroc, Abdeljalil Lahjomri, a été marquée par la décoration des nouveaux membres, Susan Gilson Miller (associée), Souleymane Bachir Diagne (associé) et Asma Lamrabet (résidente), de l'insigne officiel de l'Académie, ainsi que par des discours de présentation des nouveaux membres et des exposés sur des questions qui relèvent de leurs domaines d’intérêt.
A cet égard, le membre associé Mohammed Kenbib a prononcé un discours de bienvenue à Mme Miller, au cours duquel il a mis en avant les contributions académiques de l'universitaire américaine, qui s'intéresse à l'histoire du Maroc et du Moyen-Orient, notamment lors de la période qui a suivi la Seconde guerre mondiale.
Mme Miller a évoqué, dans son exposé intitulé "Remembering Nelly Benatar, justice and humain rights in Morocco at the end empire", l’extension des troubles politiques et économiques européens au Maroc après la Seconde guerre mondiale (1945-1948) et leurs répercussions sur les relations entre Musulmans, Juifs et Marocains.
Elle s’est intéressée en particulier au cas de "Nelly Benatar", qu’elle a considérée comme "la première avocate marocaine et l’un des témoins de la protection des Juifs marocains contre la persécution du régime de Vichy".
Mme Miller est professeur émérite au département d'histoire de l'université de Californie et a été directrice du programme d'études marocaines à l'université d’Harvard entre 1990 et 2008. Elle a également été directrice exécutive du centre des politiques sociales au Moyen-Orient à l'Université Brandeis-Massachusetts (1985-1986).
La chercheuse américaine a enrichi la bibliothèque marocaine par de nombreux ouvrages dont les plus importants sont "L'histoire du Maroc moderne (1830-2000)", "Les berbères et autres... Au-delà de la tribu et de la nation au Maroc" et "Architecture et mémoire des minorités dans la ville musulmane de la méditerranée".
De son côté, Ali Benmakhlouf, membre de l'Académie, a énuméré les qualités et les contributions de l'universitaire sénégalais Souleymane Bachir Diagne, également membre des académies de Belgique, des Etats-Unis et du Sénégal, passant en revue le parcours académique du nouveau membre et les livres qu'il a publiés dans les domaines de la traduction et de la pensée philosophique religieuse.
M. Diagne a présenté, à cette occasion, un exposé intitulé: "Notre but : L’humanité", relevant que le thème de l'humanité se trouve au cœur de son travail actuel qui consiste à réfléchir sur "une humanité qui inclut tout le monde" et assure "la coexistence entre les peuples du monde entier".
L’universitaire sénégalais a étudié dans ce sens le concept des valeurs universelles chez un groupe de philosophes dont il partage la démarche, notamment son compatriote Léopold Sédar Senghor.
M. Diagne enseigne aux départements d'études francophones et de philosophie de l'université Columbia à New York, où il dirige également l'institut d'études africaines. Il a publié plusieurs recherches et études en français, notamment "Philosopher en islam et en christianisme", "Universalisme et pensée décoloniale" et "Dialogue sur l'islam".
Dans ce contexte, l'universitaire sénégalais a présenté les préoccupations de l’intellectuelle et chercheuse marocaine Asma Lamrabet, mettant en avant sa relecture réformiste du texte religieux.
Mme Lamrabet a retracé, à cette occasion, "l'impasse créée par la supposée contradiction entre les droits de l'Homme et la religion", relevant que cette démarche est "viciée sur le plan moral", puisqu’elle met d’un côté les libertés et les droits universels et de l'autre le référentiel religieux traditionnel.
Dans un exposé sur "La crise des valeurs au sein de la famille entre droits humains universels et le référentiel religieux", elle a appelé à formuler de nouvelles alternatives morales et juridiques, notamment en ce qui concerne les questions de la famille et de la femme, à travers une approche qui prend en considération les valeurs fondamentales de l’Islam, les changements intervenus dans les sociétés et les conventions internationales ratifiées par le Maroc.
Mme Lamrabet est activement impliquée dans le dialogue interreligieux, ayant participé à plusieurs conférences sur ce thème au Maroc et à l'étranger. Elle a également publié plusieurs livres et ouvrages collectifs (traduits en plusieurs langues) sur les thèmes de l'islam, du dialogue interculturel et de la femme, dont les plus célèbres sont "20 questions and answers on islam and women a reformist vision", "L’héritage des femmes" et "Islam et libertés fondamentales, pour une éthique universelle".
à lire aussi
Article : Maroc-Espagne. Sebta, Mélilia et la fiction d’un front maroco-américain pour la récupération des présides
Sur fond de tensions inédites entre Madrid et Washington autour de l’usage des bases militaires espagnoles dans la guerre contre l’Iran, une partie du débat public espagnol voit ressurgir le spectre d’une récupération de Sebta et Mélilia par le Maroc avec un appui américain. Une hypothèse nourrie par certaines prises de position et amplifiée médiatiquement, mais qui, à ce stade, relève davantage du fantasme que d’une dynamique diplomatique réelle.
Article : FZ Mansouri veut poursuivre Barlamane en justice
Mise en cause par barlamane.com pour une affaire foncière, la maire de Marrakech annonce qu'elle va poursuivre ce journal en ligne ainsi que tout journaliste qui relaierait ces "allégations non fondées".
Article : Météo: les prévisions du dimanche 25 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le dimanche 26 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie : - Formations brumeuses matinales et nocturnes […]
Article : Sahara: De Mistura évoque un “véritable élan” qui relance l’espoir d’une issue au conflit
Comme prévu par la résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025, le conseil de sécurité de l'ONY s'est réuni à huis clos pour faire le point avec l'envoyé personnel et l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara, au sujet de l'avancement des efforts de paix.
Article : Immobilier. Les nouveaux choix d'investissement en 2026 à Casablanca
À Casablanca, le marché immobilier change de configuration. La raréfaction des petites surfaces et la hausse des prix pèsent sur le résidentiel, tandis que des segments comme la logistique et l'industriel offrent aujourd'hui des rendements plus élevés. Dans ce contexte, les arbitrages des investisseurs évoluent selon les budgets et les opportunités. Décryptage avec Asaad Sadqi, président de l'Association régionale des agences immobilières Casablanca-Settat.
Article : Un milliard sans garantie de l'État : comment la région Casablanca-Settat a réussi son pari obligataire
La région Casablanca-Settat vient de clôturer sa première levée obligataire, une opération inédite pour une région. La levée est d'un montant d'un milliard de dirhams sur le marché des capitaux, dont 400 millions apportés par la Banque européenne (BERD). Le président de la région, Abdellatif Maazouz, revient sur les coulisses de cette opération, ses fondements financiers et les projets qu'elle est appelée à financer.