5 questions autour de la Cop22 au Maroc
A quelques mois de la Cop22, prévue pour le 7 novembre, l’institut Caisse de dépôt et de gestion (CDG) et l’institut Caisse des dépôts et consignations (CDC) ont organisé une conférence ce mardi, pour traiter ce sujet d’actualité. Objectif: comprendre les enjeux globaux de cette grand-messe mondiale.
Au Maroc, il y a moins d’un an, rares sont ceux qui parlaient de Cop et de changement climatique. Aujourd’hui, la donne a changé. La Cop22 est sur toutes les lèvres. Logique, car Marrakech accueille cette édition programmée du 7 au 18 novembre 2016.
Que sait-on réellement de ce grand événement international? Que vaut-il? Quels enjeux? Qui finance, etc. Plusieurs questions se posent, auxquelles Pierre Ducret, contrôleur général et conseiller climat pour le groupe Caisse des Dépôts et consignations apporte des réponses.
1. Les enjeux pour le Maroc:
Le Maroc ne fait pas partie des pays responsables du réchauffement climatique, loin de là. Le Maroc n’est responsable que de 0,15% des émissions mondiales. Et il ne pèsera pas non plus dans le changement climatique à venir. Pourquoi alors le Royaume s’implique-t-il autant dans cet événement?
«Pour plusieurs raisons: d’abord, parce que la problématique du réchauffement climatique est l’affaire de tous. Les accords adoptés à Paris (Cop21) sont universels. Tous les pays, du plus pauvre au plus riche, doivent s’adapter à un nouveau modèle de développement. Il s’agit de coopérer pour un objectif qui dépasse les problèmes nationaux.»
«Parce qu’aussi, l’impact du réchauffement climatique touche l’Afrique, dont le Maroc. Les conséquences sont, entre autres, très néfastes pour l’agriculture du pays (irrégularité des précipitations, vagues de chaleur, pluies torrentielles, etc). Puis, pour la santé de ses citoyens.»
«Les pays se portent candidats pour organiser la Cop sur leur continent. Il y a forcément un intérêt. C’est l’occasion pour le pays de montrer son propre leadership et ses propres politiques. Puis il y a un enjeu d’image. Le Maroc a fait le choix du développement durable et le montre aussi à travers cette organisation.»
2. Pourquoi au Maroc?
«Parce que la logique de ces conférences annuelles, c'est qu'elles tournent, continent après l’autre. En 2015, l’accueil de la conférence revenait à un pays d’Europe de l’Ouest (France). Avant c’était l’Amérique du Sud (Pérou), cette année c’est au tour de l’Afrique (Maroc). L’année prochaine, la conférence sera organisée probablement en Europe orientale, puis en 2018, en Corée du Sud».
3. Qui finance l’organisation de la Cop?
«Une partie est financée par la Convention-cadre des Nations-Unies, qui dispose d’un budget de fonctionnement alimenté par les Etats membres. Et l’autre partie est financée par le pays hôte, qui se charge de la partie logistique (centre de conférence, les espaces, etc).»
4. Inégalités Nord-Sud:
«Il est tout à fait logique que les pays jugés les plus responsables du réchauffement climatique soient amenés à dédommager les pays qui subissent ou qui subiront les plus grandes conséquences du changement climatique.»
«Les responsabilités ne sont pas les mêmes. Chaque pays apportera sa contribution en fonction de ses moyens».
5. Quel soutien pour les pays en développement?
«La communauté internationale a mis pour objectif d’apporter un flux financier de 100 milliards de dollars par an, pour financer les dépenses de réduction des émissions et d’adaptation d’ici 2020. Il semble être désormais à portée de main puisqu’on est à 60 milliards de dollars actuellement».
à lire aussi
Article : Bourse de Casablanca : les minières sauvent un semestre marqué par la correction du marché (bilan)
Après un semestre marqué par une correction du marché, quelles valeurs ont résisté ? Quels secteurs ont tiré leur épingle du jeu ? Et où les investisseurs ont-ils concentré leurs échanges ? Voici le bilan des six premiers mois de 2026 à la Bourse de Casablanca à travers les principales performances de la cote.
Article : Textile : le déficit de main-d’œuvre dans la confection pèse sur les exportations
Les exportations textiles reculent de 9,1% à fin mai 2026, une baisse que les perturbations logistiques du premier trimestre ne suffisent plus à expliquer. L’aggravation de la baisse en avril et mai montre que le problème dépasse désormais le seul facteur logistique. La cause principale est aujourd’hui le déficit de main-d’œuvre, qui pèse directement sur la production, les délais de livraison et la capacité des entreprises à honorer leurs commandes.
Article : Traitement de l'eau. Le britannique Hydro Industries s'implante au Maroc avec Hydro Services Morocco
Le britannique Hydro Industries Limited s’implante au Maroc avec la création de Hydro Services Morocco, une SAS au capital de 1 MDH dédiée aux métiers du traitement de l’eau, de l’assainissement et du dessalement.
Article : Le Maroc face au choix du Rafale : les clés d'un arbitrage géopolitique contre le tout-américain
Si la volonté d'éviter une dépendance exclusive envers les États-Unis est réelle, l'équation budgétaire et le défi du nombre face à la flotte d'Alger imposent un examen attentif des réalités du terrain.
Article : Maroc-Chine : en attendant le Sahara, la relation bilatérale économique s'accélère
Dix ans après l'établissement d’un partenariat stratégique entre Rabat et Pékin au cours de la visite royale en Chine en 2016, l’ambassadrice chinoise au Maroc a célébré cet événement en déclarant que les relations économiques bilatérales ont connu une progression exceptionnelle. Si les perspectives industrielles et touristiques apparaissent plus que prometteuses, la question d'une éventuelle reconnaissance chinoise de la marocanité du Sahara au Conseil de sécurité de l'ONU demeure toujours entourée de précautions diplomatiques. Explications.
Article : IDE : le flux net progresse de 41,8% à fin mai 2026
Les investissements directs étrangers (IDE) au Maroc poursuivent leur progression à fin mai 2026. Porté par une hausse des recettes et un recul des dépenses, leur flux net atteint 23.319 MDH, en hausse de 41,8% par rapport à la même période de 2025. Dans le même temps, les investissements directs marocains à l’étranger (IDME) enregistrent également une nette progression.