Protocole. Comment se décide le dress code lors des voyages officiels
C'est inévitable. A chaque déplacement royal impliquant une rencontre au sommet, bon nombre de Marocains spéculent sur la tenue qui sera arborée par le monarque et, par la même occasion, par la délégation l'accompagnant.
Va-t-il préférer l'élégance occidentale d'un costume classique ou mettre en avant la spécificité marocaine, via la traditionnelle jellaba? Une interrogation à laquelle personne ne semble avoir de réponse à l’avance, le dress code protocolaire semblant obéir aux impératifs diplomatiques du moment et de la volonté royale.
Ainsi, comme nous l'explique un ex-ministre, "Le fait de porter l’emblématique jellaba-tarbouche signifie en général que Sa Majesté a décidé de renforcer le côté identité marocaine. D'ailleurs, le dress code est précisé aux délégations officielles quelques jours avant la rencontre. Si l'on opte pour le beldi, on leur précise que la tenue nationale doit comprendre les jellabas, tarbouches et babouches. Idem en cas d'obligation de porter le selham".
«En règle générale, durant les préparatifs des voyages officiels, les services de protocole des deux pays discutent du dress code. Chaque partie est toutefois souveraine dans ses choix», ajoute notre source.

Au cours de la première journée de la visite officielle en Chine, la tenue marocaine était de rigueur. Photos MAP ou capture d'écran TV
Il faudrait donc comprendre, dans la mise officielle de la délégation marocaine, une volonté ferme de renforcer le sentiment d'identité nationale.
Une priorité en cette récente et délicate période diplomatique. Et si l'observateur minutieux pourrait remarquer un manque d'uniformisation des couleurs (notamment au niveau des belghas), "le choix des couleurs est à l'appréciation des ministres, même si le jaune reste un grand classique", relève notre source.
Soit. Néanmoins, si l'on se doit de respecter un dress code, autant le faire jusqu'au bout. A la différence d'un Abderrafie Zouiten, qui a poussé le détail jusqu'à revêtir le traditionnel jabador sous la ellaba, certains membres de la délégation en déplacement en Chine depuis le 11 mai, laissent apparaître une chemise classique sous l'habit traditionnel. Et quand on connaît le souci du détail de nos interlocuteurs asiatiques, il y a de quoi faire froncer des sourcils.
Mais quid de la gent féminine? «En dehors de la cérémonie de la bayâa (allégeance) et de l’ouverture du Parlement, les ministres femmes sont libres de choisir la tenue de leur choix». D’où le tailleur noir porté par Hakima Haité lors du dernier voyage officiel en Chine.
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