Les principales pistes de réflexion pour le programme économique de l’USFP
A l’approche du scrutin législatif, l’USFP élabore son programme. Tarik El Malki, qui préside la commission économique du programme, nous livre les pistes d’un projet alternatif, censé relancer l’activité économique au Maroc.
Le contenu du programme électoral de l’USFP en vue des élections du 7 octobre se précise, grâce au travail de plusieurs sous-commissions thématiques. La commission économique comprend plusieurs compétences, qui débattent pour finaliser des propositions qui n’ont pas encore été validées par la direction du parti.
Hormis le modèle de société progressiste préconisé, ce sont les mesures économiques proposées par Tarik El Malki, président de la sous-commission "Economie et finances" du parti qui ont retenu l’attention de notre rédaction. Des propositions sont en cours de discussion, dont la validation finale sera du ressort de la Commission administrative nationale, qui tiendra prochainement une session consacrée aux préparatifs des élections.
Joint par Médias 24, le président de la commission chargée d’élaborer ce programme de relance nous expose ses propositions, censées faire renouer le Maroc avec la croissance et la création d’emplois.
Selon notre interlocuteur, la mouture provisoire du programme économique proposé par l’USFP se veut une réponse alternative pour contrebalancer le programme "ultra-libéral" du gouvernement.
La mise en œuvre d’outils de Mix-Policy entre la politique de l’offre et de la demande a pour ambition d’aboutir en 2021 à une croissance comprise entre 6 et 6,5% et à la création en 2021 de 160.000 emplois annuels.
Pour concrétiser ces ambitieux objectifs, les économistes du parti ont prévu de s’appuyer sur trois leviers structurants d’ordre macro-économique, sectoriel et micro-économique.
I)- La vision macro-économique passe par une réforme fiscale, budgétaire et monétaire :
IR, TVA, IS, élargissement de l’assiette fiscale
Les mesures fiscales préconisées proposent d’abord d’alléger l’impôt sur le revenu (IR) pour les classes moyennes et de taxer davantage les hauts revenus.
La restructuration et la simplification de la TVA par la création de 2 taux au lieu de 4 actuellement. C'est une mesure recommandée par les assises de la fiscalité tenues en 2013 et qui n’a pas été concrétisée.
Une réforme de l’impôt sur les sociétés (IS) avec l’introduction de la progressivité en fonction du chiffre d’affaires réalisé par les entreprises.
Le parti de la rose veut également élargir l’assiette fiscale en continuant à fiscaliser le secteur agricole, en s’attaquant au secteur informel, avec une amnistie préalable et en introduisant une fiscalité écologique, qui ferait payer les pollueurs.
Pour améliorer l’accès au foncier, qui constitue un goulot d’étranglement pour d’éventuels investisseurs, il est prévu de taxer les propriétaires qui n’utilisent pas leurs terrains non bâtis.
Tarik El Malki avance que cette réforme fiscale s’inscrit dans une logique de justice sociale, qui fait la part belle à la création de richesse et à la redistribution pour les populations les plus vulnérables.
Une politique budgétaire ambitieuse et généreuse
L’augmentation de l’investissement public dans les infrastructures de pointe (Internet, fibre optique …) devrait, selon lui, permettre de générer des points de croissance. Même si la décision n’a pas encore été validée par le parti, El Malki parle d’augmenter l’investissement public.
Concernant le déficit public, il rejette l’application immédiate de la règle d’or des 3% de déficit budgétaire pour cause de crise. Si l’objectif est de l’atteindre en 2021, le Maroc peut rester à 4 ou 4,5% pendant les 3 prochaines années.
A l’horizon 2025, le programme économique de l’USFP prévoit de mettre en place une politique d’innovation, en augmentant de manière significative le budget de l’Etat consacré à la recherche et au développement.
Une politique de change qui se veut compétitive à l’international
L’USFP se dit partisan d’une introduction progressive de la flexibilité de la monnaie nationale. Concrètement, il est question de passer d’un système de change à parité fixe, vers un système flottant. Une dose de flexibilité qui devrait doper la compétitivité, avec une dépréciation du dirham, même si la Banque centrale peut établir un seuil au dessous duquel le dirham ne peut plus fluctuer.
Hormis la mise en place d’instruments fiscaux budgétaires et monétaires, les économistes planchent sur une nouvelle politique sectorielle, censée consolider le plan d’accélération industrielle (PAI).
II)- Une politique sectorielle qui privilégie les métiers mondiaux du Maroc
La commission «Economie et finances» propose la réorganisation de l’investissement public vers des filières à forte valeur ajoutée, comme les énergies renouvelables, l’automobile et l’aéronautique.
Pour cela, elle propose la création d’un ministère du Plan, qui contrôle les avancées et donne une cohérence à la vision d’ensemble de cette politique sectorielle.
III)- La micro-économie au service de l’investissement
Le volet environnement des affaires doit aussi, selon El Malki, faire l’objet d’un remaniement, grâce à la facilitation de l’accès au financement public. L’USFP se prononce donc pour la mise en place d’un nouvel instrument de financement, à travers la création d’une banque publique d’investissement.
En parallèle, un cadre réglementaire devra être défini, pour trouver des sources alternatives de financement moderne, comme le crowdfunding et le capital risque. L’objectif est d’améliorer l’écosystème entrepreneurial à destination des jeunes diplômés voulant créer leur entreprise.
Selon lui, ce programme social-démocrate est en rupture avec les idéologies d’antan, car l’Etat doit se borner à pratiquer un interventionnisme intelligent, tout en jouant un rôle de stratège et de régulateur.
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