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Aéronautique. Fouad Attar, DG d’Airbus-MENA, livre sa vision du secteur

Dans cet entretien, ce natif de Tétouan revient sur les débuts de l'aéronautique au Maroc, ainsi que sur ses perspectives d'avenir et les opportunités qui s'offrent à son entreprise.     

Aéronautique. Fouad Attar, DG d’Airbus-MENA, livre sa vision du secteur
Sara El Hanafi
Le 1 mai 2016 à 8h07 | Modifié 11 avril 2021 à 2h38

-Médias 24: Racontez-nous la présence d'Airbus au Maroc...

-Cette présence remonte aux débuts de l’industrie aéronautique dans le pays, notamment à travers Maroc Aviation qui, en parallèle avec ses activités d’entretien et de maintenance d'hélicoptères et d'avions militaires, lui fournissait déjà des pièces, il y a 20 ans de cela.

A présent, Maroc Aviation est devenue Stelia Maroc et elle est détenue à 100% par Airbus. Nous avons développé ses activités et aujourd’hui, Stelia Maroc fabrique des pièces indispensables à Airbus. C’est une fierté.

Nous sommes également présents dans le royaume à travers divers sous-traitants d’Airbus. Aujourd’hui, le Maroc dispose de tout un écosystème de sous-traitants qui nous comptent parmi leurs principaux clients.  

-Que peut représenter le marché marocain pour vous?

-Le marché compte principalement deux compagnies aériennes, Royal Air Maroc et Air Arabia Maroc. Nous savons, à travers notre global market forecast, que pour les 20 ans à venir, la croissance du marché marocain sera de l’ordre de 5,5% par an, se traduisant par une demande dépassant les 200 avions.

Bien évidemment, chacune des deux compagnies a sa propre stratégie de développement, qui la guidera dans le choix de ses produits. Nous suivons de près leurs activités et restons très attentifs aux éventuels appels d’offres qui seront lancés.

-Quel regard portez-vous sur l’industrie aéronautique marocaine? Peut-elle avoir sa place dans la région?

-L’industrie aéronautique marocaine est partie de rien. Il y a juste 20 ans, elle se résumait à Maroc Aviation et au centre industriel de la RAM, qui fabriquait de petites pièces et faisait de la maintenance industrielle pour l’aviation civile.

Aujourd’hui, l’industrie aéronautique marocaine est encore jeune, mais cela ne l’empêche pas d’afficher une croissance à deux chiffres, atteignant 17%. Le Maroc a su construire un écosystème qui attire de plus en plus d'industriels, en leur offrant plusieurs atouts très compétitifs: un savoir-faire, un gisement de compétences et une position géographique privilégiée, entre autres.  

Le Royaume a commencé par la simple fabrication de pièces, pour ensuite attaquer les assemblages simples, puis les assemblages complexes. C’est une plateforme intéressante, qui ne peut que se développer encore plus. 

-Quels sont les freins à un développement plus fort de l'industrie aéronautique marocaine?

-Personnellement, je n'en vois pas. Bien au contraire, le gouvernement, à travers le ministère de l’Industrie, fait du bon travail, en partenariat avec le GIMAS (Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales) pour améliorer l’attractivité et garder la compétitivité de la destination Maroc. Ceci dit, je pense qu’il faut se focaliser un peu plus sur le volet formation. 

-De quelle manière?

-Il y a déjà des écoles d’ingénieurs au Maroc, qui ont développé la filière aéronautique dans leurs cursus. En parallèle, il y a l’IMA (Institut des métiers de l’aéronautique), qui est un produit conjoint entre l’Etat et le GIMAS. Celui-ci sélectionne des techniciens déjà formés qu’il réadapte aux spécificités du secteur, pour être ensuite embauchés par des industriels de l’aéronautique.

La capacité d’accueil de l’IMA sera doublée dans les prochaines années, mais il ne faut pas que cela s'arrête là, car la production augmente et elle s’accompagne par une augmentation de toutes les cadences de livraison. Nous fournissons actuellement 42 avions par mois, nous allons bientôt passer à 46 et en 2019, nous atteindrons 60 avions par mois, ce qui fait pratiquement une progression de 50% sur la cadence de livraison.

Le secteur a donc besoin de plus de compétences pour accompagner cet essor. Il faut les former dès maintenant, pour éviter de tomber en pénurie lorsqu’on en aura besoin.

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Sara El Hanafi
Le 1 mai 2016 à 8h07

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