Airbus espère vendre enfin des avions à Royal Air Maroc
Le groupe Airbus mise gros sur le Maroc. Il estime la demande marocaine à 236 avions sur les 20 ans à venir et compte consolider sa présence dans l’industrie aéronautique du Royaume.
Avec un carnet de commandes de 7.000 avions, comptant pour 10 ans de production, le groupe Airbus a du pain sur la planche. Une aubaine pour l’industrie aéronautique marocaine, qui fournit différentes pièces pour l’industriel français: «Une grande majorité des 10.000 emplois du secteur de l’aéronautique au Maroc est liée directement ou indirectement à Airbus», nous affirme El Ghali Ouarti, directeur marketing d’Airbus pour la région MENA.
Le top management d’Airbus MENA, qui était en visite au Maroc en marge du Marrakech Air Show 2016, mise gros sur le Royaume. Sa filiale Stelia Maroc (ex Maroc Aviation), détenue à 100% et employant 420 personnes, a d’ailleurs réalisé un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros au titre de l'année 2015, avec 100 % de pièces livrées dans les délais.
Outre Airbus, l’entreprise fournit d’autres compagnies comme ATR, les Forces Royales Air, la Gendarmerie royale ou la Marine royale. Stelia équipe également des Boeing, dont 5 Dreamliners de Royal Air Maroc.
La filiale d’Airbus se prépare à l’ouverture d’une deuxième unité, portant le nom d’Acam. S’étendant sur une superficie de plus de 15.000 m², elle sera opérationnelle dès juillet 2016. C'est un investissement de 40 millions d’euros, qui prévoit d’employer 500 salariés, dont 187 ont déjà été recrutés. L’ouverture d’Acam permettra à Stelia de se focaliser sur la fabrication de composites et de transférer donc la composante métallique vers la nouvelle entité.
Par ailleurs, Stelia Maroc veut développer la sous-traitance, en appelant ses sous-traitants installés en Europe et spécialisés en peinture et en logistique, à s'installer au Maroc.
Outre Stelia, et prochainement Acam, la présence d’Airbus s’étend à d’autres compagnies présentes dans le Royaume, qui lui fournissent différents types de pièces: «A chaque fois que vous voyez un Airbus voler, sachez qu’il y’a des pièces marocaines dedans», nous affirme, non sans fierté, Fouad El Attar, directeur général d’Airbus pour la région MENA.
Airbus investit au Maroc mais n'y vend pas d'avions
Pour Fouad El Attar, l’industrie aéronautique représente un véritable gisement de développement, qui accompagne la progression démographique. L’industrie connaît en effet un taux de croissance annuel de 5% par an.
Airbus estime que le marché marocain connaîtra une croissance de l’ordre de 5,5% par an sur les 20 années à venir, se traduisant par un besoin de 236 avions au niveau des deux compagnies: Royal Air Maroc et Air Arabia. C'est une opportunité que l’avionneur veut saisir.
Cela dit, la préférence de la RAM pour les appareils Boeing, au détriment des avions Airbus, semble tout de même déranger notre interlocuteur. Pour lui, la compagnie aérienne ne profite pas de l’économie de coûts substantielle qu’elle pourrait réaliser en s’approvisionnant auprès du fournisseur européen, plus présent au Maroc en termes d'investissement que l’avionneur américain.
M.El Attar légitime le choix de la RAM par le fait que son entreprise soit beaucoup plus jeune que Boeing et plus jeune que la RAM elle-même. Une sorte de rapport de fidélité que la compagnie aérienne marocaine a gardé avec l’avionneur américain: «Les derniers appels d’offre de la RAM remontent à la fin des années 80 et aux années 2000. Nous étions très jeunes à l’époque», souligne-t-il.
Il poursuit: «Il faut voir le futur et ne pas rester lié à un passé quelconque. Aujourd’hui, nos produits se vendent très bien, nous avons des parts de marché dépassant 50%, sur toutes les catégories de produits. Nous suivons le développement de la RAM et nous comptons soumissionner à son prochain appel d’offres».
À découvrir
à lire aussi
Article : Avenue Royale. Ce que les documents officiels révèlent sur le chantier le plus sensible de Casablanca
À Casablanca, le projet de l’avenue Royale franchit une nouvelle étape, marquée par l’accélération des démolitions dans l’ancienne médina. Si les opérations avancent sur le terrain, le projet reste entouré d’un flou persistant, notamment sur sa configuration finale et son calendrier. Consultés par Médias24, les marchés publics permettent toutefois d’en éclairer plusieurs volets. Le point sur l’avancement du projet.
Article : Bourse. Le pourquoi de la décision de Sothema de diviser ses actions par cinq, l'intérêt pour les investisseurs
À compter du 5 mai 2026, le titre Sothema changera de format à la Bourse de Casablanca. Derrière cette opération technique, des enjeux de liquidité, d’accessibilité du titre et d’attractivité auprès des investisseurs particuliers. Décryptage.
Article : Bonnes feuilles. Et si on faisait renaître le Conseil national du commerce extérieur ?
Ancienne conseillère auprès de plusieurs Premiers ministres, Nezha Lahrichi revient, dans "Le Pouvoir entre réalisme et illusion", sur une trajectoire passée au plus près de la décision publique. Le livre tient à la fois du témoignage, du portrait politique et de l’essai sur les dérives contemporaines du pouvoir. Médias24 en publie ici des bonnes feuilles consacrées au Conseil national du commerce extérieur, institution dont l’histoire contrariée résonne avec une question très actuelle : comment penser, organiser et anticiper le commerce extérieur marocain ?
Article : African Lion 2026 : à Cap Drâa, les drones FPV s'invitent sur le théâtre d’exercice
Une précision chirurgicale pour quelques centaines de dollars : le drone FPV a brisé les codes de la guerre conventionnelle. Face à ce prédateur qui impose un stress permanent aux troupes au sol, les Forces armées royales ripostent.
Article : Du jamais vu. Flambée de la viande ovine qui frôle les 200 DH/kg
À l’approche de Aïd al-Adha, la viande ovine atteint jusqu’à 170 DH le kilo chez le boucher. Pour les morceaux les plus demandés, les prix grimpent à 190, voire 200 DH le kilo. Ces niveaux sont inédits au Maroc par leur ampleur, mais aussi par la rapidité avec laquelle ils se sont imposés.
Article : “Rabat ne sera pas une ville-musée”. La transformation de l'offre culturelle de la capitale expliquée par Mehdi Bensaïd
ENTRETIEN. Dans un contexte de transformation accélérée des infrastructures de la capitale, le ministre de la Culture évoque pour Médias24 les leviers qui doivent faire de Rabat un pôle culturel majeur à l’international. Entre modernisation, développement de la formation et démocratisation de l’accès à la culture, Mehdi Bensaid défend une vision globale à long terme.