L'état d'avancement des projets structurants qui vont ressusciter le centre de Casa
Casablanca est en train de vivre une montée en puissance inédite des projets structurants. 2016 prépare 2017, année où la capitale économique commencera à montrer son nouveau visage. 2016, une année charnière, où l’histoire de Casablanca change de cours, dans une relative discrétion.
La plus grande partie des chantiers structurants de la capitale économique sont supervisés par une SDL (société de développement local), Casa Aménagement.
C’est elle qui coordonne et suit 16 gros projets, dont certains sont composés de multiples chantiers, inédits au Maroc: Grand Théâtre, Parc de la Ligue Arabe, super-collecteur ouest, zoo de Aïn Sebaâ, trémie du Bd des Almohades, complexe sportif Mohammed V, mise à niveau des voiries de Casablanca, différents parkings souterrains, corniches de Casa (de Mohammédia à Dar Bouazza, zone d’activité commerciale de gros et de logistique de Médiouna, zone d’activité commerciale de Ben Msick, zone industrielle Oulad Hadda et d’autres encore…
Pour suivre et coordonner autant de projets et de chantiers, pour les maîtriser, être sûr du respect des plannings et de la qualité finale, on pense de prime abord à une armée d’ingénieurs. En fait, DG compris, Casa-Aménagement dispose d’un effectif de 29 personnes, 15 dans l’administratif et le financier et 14 ingénieurs et techniciens.
Comment, avec un personnel si peu nombreux, peut-on superviser 16 projets de cette ampleur?
Driss Moulay Rchid, DG de Casa Aménagement
“Nous avons évité de grossir en même temps que le portefeuille de projets. Nous gardons un organigramme plat, le partage d’informations est bien organisé. Notre rôle consiste à coordonner, effectuer le suivi et challenger les opérateurs sur le terrain“, répond Driss Moulay Rchid, DG de Casa Aménagement.
La SDL, créée en 2009, surveille les plannings, le respect des délais, la qualité des travaux et des matériaux, la sécurité et la propreté des chantiers, le respect de l’environnement, veille à ce que les chantiers ne perturbent pas fortement le trafic automobile.
DMR partage avec nous quelques conseils généraux relatifs à ces missions de coordination, pour lesquels Casa Aménagement a développé une expertise reconnue.
Pour assurer le respect des plannings, “il faut être régulièrement sur le terrain. Si le maître d’ouvrage reste dans son bureau, le maître d’œuvre se relâche“.
Présenter un bon planning fait partie des critères de choix des entreprises lors des appels d’offres. Une fois l’appel d’offres attribué, le planning présenté devient contractuel, avec l’instauration de “pénalités jalons“ en cas de retards, même s’il s’agit de retards en cours de route.
Le DG de Casa Aménagement cite deux autres éléments qui expliquent l’excellente maîtrise des projets casablancais:
-Le choix des entreprises: “Nous sommes très exigeants et prenons les meilleurs“.
-Le paiement: les entreprises sont payées à 60 jours après réception des factures. En payant correctement et nettement mieux que la moyenne du marché, la Ville peut se permettre d’être très exigeante. Mais si elle s’engage à payer d’une manière aussi régulière et rapide, cela signifie qu’en amont elle doit bien verrouiller ses financements.
Sur les 16 projets structurants, il y en a obligatoirement un qui va susciter plus d’intérêt que les autres, chez le DG de Casa Aménagement… Driss Moulay Rchid en cite deux, sans réfléchir: “Le super-collecteur, de par sa taille et ma formation et le Grand théâtre, qui me fascine, c’est un projet complexe, j’ai hâte d’y être“.
Cela étant dit, travailler sur autant de projets donne du recul et impose des enseignements. Comment pérenniser les investissements d’aménagement effectués dans le centre-ville, à titre d’exemple? DMR cite le Bd Mohammed V, qui a été joliment mis en valeur à l’occasion de l’inauguration du tramway, en 2012, avant de retomber dans le risque de délabrement.
De cela, il conclut que “lorsque le niveau de l’aménagement s’élève, le niveau de l’entretien doit s’élever aussi“. Il réfléchit tout haut: “Peut-être faut-il des structures dédiées pour l’entretien“. “Et aussi pour l’animation“, ajoute-t-il en pensant au Théâtre et à tout ce qui peut être programmé à l’intérieur et sur l’esplanade…
Ci-dessus, le diaporama fait le point, un par un, sur l’état d’avancement des 16 projets structurants de Casablanca. Nous ajouterons au diaporama que la fontaine, place Mohammed V, en face du Grand Théâtre, sera nouvelle, elle aura plus de jets, dont certains circulaires, le jet central montera bien plus haut que l'actuel et l'éclairage sera en LED.
la trémie du Bd des Almohades sera la plus longue du Maroc, avec 2,2 km de longueur en 2x2 voies. Elle reliera la marina près de la mosquée Hassan II à l'avenue des FAR du côté du siège de l'UMT.
Le quartier art déco qui correspond au centre historique de Casablanca, sera prioritaire en matière de rénovation des voiries, de sorte à être fin prêt à l'inauguration du Grand Théâtre.
En 2017, le centre-ville va peut-être renaître.
À découvrir
à lire aussi
Article : Avenue Royale. Ce que les documents officiels révèlent sur le chantier le plus sensible de Casablanca
À Casablanca, le projet de l’avenue Royale franchit une nouvelle étape, marquée par l’accélération des démolitions dans l’ancienne médina. Si les opérations avancent sur le terrain, le projet reste entouré d’un flou persistant, notamment sur sa configuration finale et son calendrier. Consultés par Médias24, les marchés publics permettent toutefois d’en éclairer plusieurs volets. Le point sur l’avancement du projet.
Article : Bourse. Le pourquoi de la décision de Sothema de diviser ses actions par cinq, l'intérêt pour les investisseurs
À compter du 5 mai 2026, le titre Sothema changera de format à la Bourse de Casablanca. Derrière cette opération technique, des enjeux de liquidité, d’accessibilité du titre et d’attractivité auprès des investisseurs particuliers. Décryptage.
Article : Bonnes feuilles. Et si on faisait renaître le Conseil national du commerce extérieur ?
Ancienne conseillère auprès de plusieurs Premiers ministres, Nezha Lahrichi revient, dans "Le Pouvoir entre réalisme et illusion", sur une trajectoire passée au plus près de la décision publique. Le livre tient à la fois du témoignage, du portrait politique et de l’essai sur les dérives contemporaines du pouvoir. Médias24 en publie ici des bonnes feuilles consacrées au Conseil national du commerce extérieur, institution dont l’histoire contrariée résonne avec une question très actuelle : comment penser, organiser et anticiper le commerce extérieur marocain ?
Article : African Lion 2026 : à Cap Drâa, les drones FPV s'invitent sur le théâtre d’exercice
Une précision chirurgicale pour quelques centaines de dollars : le drone FPV a brisé les codes de la guerre conventionnelle. Face à ce prédateur qui impose un stress permanent aux troupes au sol, les Forces armées royales ripostent.
Article : Du jamais vu. Flambée de la viande ovine qui frôle les 200 DH/kg
À l’approche de Aïd al-Adha, la viande ovine atteint jusqu’à 170 DH le kilo chez le boucher. Pour les morceaux les plus demandés, les prix grimpent à 190, voire 200 DH le kilo. Ces niveaux sont inédits au Maroc par leur ampleur, mais aussi par la rapidité avec laquelle ils se sont imposés.
Article : “Rabat ne sera pas une ville-musée”. La transformation de l'offre culturelle de la capitale expliquée par Mehdi Bensaïd
ENTRETIEN. Dans un contexte de transformation accélérée des infrastructures de la capitale, le ministre de la Culture évoque pour Médias24 les leviers qui doivent faire de Rabat un pôle culturel majeur à l’international. Entre modernisation, développement de la formation et démocratisation de l’accès à la culture, Mehdi Bensaid défend une vision globale à long terme.
