ONG et sport: le PJD fait du terrain à Tanger
Plus de 11 millions de DH de subventions iront au sport en 2016 à Tanger et 180 ONG s’activent sur l’arrondissement de Béni Makada, qui compte … 380.000 habitants.
Le conseil communal de Tanger a voté le 31 mars dernier plus de 11 MDH de subventions aux clubs de la ville, dont 3 MDH pour l’Ittihad de Tanger, qui joue en Botola, se classe parmi les cinq premières équipes du pays et dispose de milliers de fans.
L’Ittihad de Tanger section football n’est pas la seule équipe à bénéficier des largesses de la commune de Tanger, héritage politique d’élus locaux souvent dirigeants du club. Il y a aussi la Renaissance, le Wydad, l’Ajax de Tanger et des équipes des quartiers de Dradeb, Bendibane et Souani. Près de 25 au total, qui bénéficient d’une enveloppe de 1,6 MDH, de quoi payer la location des terrains et de s’équiper en tenues.
"Prendre et redonner à la ville"
Autres subventions importantes: celles de l’équipe de basket de l’IRT, pour un montant de 1,2 MDH et celle de l'équipe de volley pour 1,4 MDH. A elles seules, les sections sportives de l’IRT et de la RST, la Renaissance sportive de Tanger s'accaparent 7 MDH. Au total, moins de 3% du budget de la ville vont au sport, mais l’impact sur la vie des quartiers, ainsi que les bénéfices électoraux, peuvent être décisifs. En 2016, le budget de la commune atteint les 700 MDH.
Le maire de la ville, Bachir Abdellaoui, a indiqué au terme du vote –à l’unanimité- du budget du sport, que "les équipes qui reçoivent donnent quelque chose à la ville". Il a déploré que "l’IRT ait peu de contacts avec des équipes étrangères, européennes ou arabes" et préconisé que "les autres équipes échangent avec des équipes du sud de l’Espagne par exemple", promettant plus de moyens aux équipes qui "contribuent au rayonnement de Tanger".
Pour cela, Abdellaoui compte sur de meilleures rentrées fiscales communales en 2016 et il l’a signifié aux responsables de son administration financière. L’exécution de décisions de justice défavorables à la ville pour des dossiers d’expropriation risque toutefois de déséquilibrer les finances de la ville d’ici fin 2016.
Cependant, alors que la commune votait 11 MDH pour les associations sportives, des voix font remarquer que des dizaines de ménages pourraient être expropriées sans "juste indemnisation", dans le cadre du nouveau plan d’aménagement.
Un forum des ONG pour proposer, suivre, évaluer
Du côté des ONG à Béni Makada, le maire de l’arrondissement et élu à la Chambre des représentants Mohamed Khiyi (PJD), a mis la touche finale à la réorganisation des relations de son administration avec la société civile, le week-end dernier.
Béni Makada est avec Tanger-Madina, Souani et Charf-Moghogha, l’un des quatre arrondissements de la commune de Tanger. Sa population atteint les 380.000 habitants, selon des sources communales. Réputé "turbulent", Béni Makada s’est fait remarquer par des initiatives citoyennes positives ces derniers mois. Dans plusieurs quartiers, des habitants ont nettoyé, peint, fleuri et décoré leur rue ou bloc d’habitations.
Dimanche 3 avril, le maire d’arrondissement et son équipe ont réuni 180 ONG dans l’amphithéâtre de l’Institut supérieur international du tourisme. Objectif: créer un conseil de la société civile, "une ONG des ONG". Pour M. Khiyi, il s’agit de "créer une structure d’échanges efficace entre la population et les élus de Béni Makada. C’est une première expérience nationale, en matière de démocratie participative".
Khiyi évoque la Constitution, qui parle de démocratie participative, mais laisse aux citoyens la détermination du cadre et des structures de travail. "Les ONG présentes dimanche ont voté une plateforme, une charte, désigné leur conseil administratif et leurs coordinateurs", indique-t-il.
Pour Khiyi, "Nous comptons sur le forum pour l’animation culturelle, sociale et sportive et pour développer la citoyenneté. Son rôle sera de proposer, de faire du suivi, d’évaluer et de contrôler les actions dans ces domaines".
Interrogé sur les élections législatives du 7 octobre prochain, Khiyi n’esquive pas la question: "Mais nous sommes en campagne électorale depuis le 5 septembre dernier!" revendique-t-il avec le sourire.
Un parti politique qui fait du travail de proximité peut, certes, ne pas gagner aux élections; mais un parti politique qui ne fait pas de travail de terrain a pour sa part peu de chances de gagner, dans le Maroc de 2016.
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