Partenariat Orange-Amazon: Brahim Sbaï nous dit tout sur cette alliance stratégique
Le directeur B2B Orange Maroc répond aux questions du M24 Live Studio lors du Gitex Africa 2024 sur le partenariat stratégique avec le leader mondial des services de Cloud Computing, Amazon Web Services (AWS). Cette collaboration inédite avec ce géant mondial constitue une première au Maroc et en Afrique du Nord. A travers cette alliance, Orange Maroc s’inscrit dans la volonté du Maroc de devenir un Hub technologique de référence en Afrique. Le détail.
- M24 Brand Studio: quels sont les objectifs du partenariat que vous avez signé avec Amazon Web Services, lors de la première journée du Gitex Africa 2024?
- Brahim Sbaï: Il s'agit tout d'abord de la rencontre de deux grandes entreprises, Orange et Amazon. Amazon apportera toute la puissance du cloud dont elle dispose dans les autres pays du monde, notamment les Etats-Unis, ainsi que la puissance de son écosystème et de ses services.
Cette infrastructure sera basée ici au Maroc dans notre Data Center. Et toutes les entreprises marocaines vont pouvoir en bénéficier, qu'elles soient privées ou publiques, petites ou grandes.
Ce n'est pas un MOU ou une intention, c'est un contrat effectif. On commencera à vendre les services à partir du mois d'août 2024.
>> LIRE AUSSI: Orange introduit les services AWS au sein de ses datacenters au Maroc
- Comment ce partenariat devrait-il améliorer la compétitivité des entreprises en actant cette inclusion digitale ?
- C'est une très bonne question. Amazon Web Services dispose d'à peu près 220 services. C'est énorme et c'est quelque chose de nouveau pour nos entreprises au Maroc ainsi que pour les établissements publics.
C'est pour cela que lorsqu'on parle de Cloud, très souvent, on parle d'écosystème. C'est-à-dire qu'il y a à la fois un opérateur télécom, Orange, et Amazon qui apportera son infrastructure. Chez Orange aussi, nous avons cet atout de "Services". Je pense que les services sont très importants avec leurs parties audit, Advanced Services et Professional Services. Ce sont tous ces services-là que nous allons pouvoir, de manière très programmatique, proposer aux clients (Banques, administrations, etc.)
- Concrètement, comment allez-vous approcher ces clients ?
- On peut le faire de deux manières. La première, qui est un peu traditionnelle, est d'aller voir l'entreprise et de l'écouter. Exemple: une administration publique peut exprimer un besoin sur la partie de la e-health, comme l'identification unique des malades. Notre travail serait alors d'essayer de traduire cette problématique business en une solution technique et technologique, pour accompagner cette entité-là à travers un certain nombre de services. L'étape suivante sera alors d'implémenter ce service pour qu'il puisse être consommé par les différents acteurs du marché.
La deuxième méthode, qui n'est pas traditionnelle, et c'est ce qui se fait dans le cloud, est une série de forums. Si vous prenez, par exemple, le vertical agriculture, les IoT (Internet of Things) sont très importants. Par exemple, on va faire un forum avec Amazon et tout l'écosystème (la fabrication, l'implémentation, le déploiement, le support et la maintenance) et on expliquera le fonctionnement, l'intégration, le coût, la complexité, etc. Cela amènera le client à dire :" Je veux utiliser moi aussi les IoT". Ce qui bénéficiera à un pan de l'agriculture.
Voilà, les deux approches possibles.
Il faut savoir que ce n'est pas quelque chose qui se fait du jour au lendemain. Cela prend du temps, des mois. Et c'est pour cela que ce type de services ne peut se faire que par de grandes entreprises qui ont une histoire technique et technologique pour pouvoir faire partie d'un écosystème. Ce qui est le cas d'Orange et d'Amazon.
C'est d'ailleurs pour cela qu'on est extrêmement confiants de pouvoir amener cette complexité pour qu'elle soit consommée par l'utilisateur final.
- Les entreprises marocaines ont-elles suffisamment de maturité pour pouvoir consommer ces différentes technologies de pointe ? Quelles seraient les étapes de sensibilisation de ces entreprises ?
- Je pense que la maturité commence avec la volonté de se digitaliser. Et le Maroc a déjà prouvé cette volonté de le faire. On a une roadmap, une stratégie et une ambition extrêmement claire et identifiée pour se digitaliser. C'est important.
Le Maroc a beaucoup travaillé là-dessus. Il y a une vision jusqu'à 2030 qui a été bien partagée. D'ailleurs, c'est cette vision-là qui nous a donné confiance pour « ramener » Amazon avec Orange et l'installer au Maroc. Parce qu'on sait qu'il y a un besoin et qu'on va pouvoir accompagner ces entreprises.
- Était-il facile de ramener Amazon ?
- Non, ce n'était pas facile de ramener Amazon. Amazon est extrêmement courtisé. De par l'explosion de l'intelligence artificielle, ils n'ont pratiquement plus de puissance de calcul pour aller ouvrir une autre région comme ce qu'ils viennent de faire ici au Maroc. C'est-à-dire qu'ils ont tellement de demandes sur l'intelligence artificielle, qu'ils peuvent être occupés pour les prochaines années. Je pense que nous avons réussi à les convaincre avec le gouvernement grâce à notre volonté et la feuille de route dans ce domaine.
L'accompagnement se fera dans le temps, avec méthodologie. Encore une fois, la e-Health n'est pas l'agriculture, ni l'administration publique ou encore la banque ou une société logistique. Chaque entreprise a sa spécificité. Et c'est justement là qu'intervient Orange avec sa branche de services et de personnes spécialisées dans le "vertical". Nous avons des gens spécialistes par secteur qui connaissent très bien les problématiques de ces métiers, comme l'agriculture par exemple, qu'ils ont implémentés dans d'autres pays. Ils pourront donc nous accompagner pour qu'on puisse bénéficier de l'expérience qu'ils ont eue, ramener les Best Practices et ne pas avoir à "réinventer la roue".
- Enfin, pour une entreprise ou une administration qui souhaite être accompagnée par ce service, qu'est-ce qu'elle doit faire et par quoi devrait-elle commencer ?
- Une entreprise doit savoir où elle est aujourd'hui et ce qu'elle doit être demain.
- Les accompagnez-vous dans ce diagnostic ?
- Oui, absolument. On peut ainsi accompagner une administration publique qui veut servir tous les Marocains et qui nous expose ses problématiques techniques, de sécurité, de localisation des données, de volume, d'équipement, de qualité de données rassemblées, etc. À travers l'expérience qu'on a, on les fait rentrer dans un programme de consulting et d'audit et on finit par transcrire le tout dans une sorte de cahier des charges que le client reconnaît et affirme : " je comprends où je suis, je comprends où je veux partir et je comprends le chemin à mener".
Après, il peut, par exemple, faire un appel d'offres et dire : "aujourd'hui, j'ai envie de cloudifier". Et on l'accompagne éventuellement dans cette partie-là aussi.
à lire aussi

Article : Sebta et Melilia : un rapport militaire espagnol alerte sur la montée en puissance du Nord marocain
Dans son "Cahier de stratégie" n° 234, le ministère espagnol de la Défense analyse les effets de Tanger Med, de Nador West Med et des nouvelles infrastructures marocaines sur l’équilibre stratégique du détroit. Derrière les considérations portuaires, le document révèle surtout les inquiétudes de Madrid autour du devenir de Sebta et Melilia dans un environnement régional en pleine recomposition.

Article : Engrais : pourquoi le nouveau plan européen ne menace pas le Maroc
Pour réduire sa dépendance aux importations et sécuriser sa souveraineté alimentaire, la Commission européenne a adopté, le 19 mai 2026, un plan d'action sur les engrais misant sur les fertilisants biosourcés et bas carbone à la place des engrais chimiques. Voici ce qu’il faut savoir sur cette mise à jour et sur ses implications pour notre pays.

Article : Condamnation à 3 ans de prison pour un Émirati ayant incité au mariage de mineures au Maroc
L’homme ayant diffusé sur les réseaux sociaux des contenus incitant au mariage de mineures au Maroc a été condamné à trois ans de prison et à une amende de cinq millions de dirhams.

Article : Stationnement à Casablanca. Les détails du grand coup de balai que prépare la ville
Le stationnement continue de souffrir d’une gestion jugée anarchique à Casablanca. Pour améliorer ce service, la commune avance progressivement vers une délégation du secteur à un opérateur spécialisé. Ce que l'on sait.

Article : UM6P Hospitals : un pôle médical de haute technologie prend forme à Benguérir
Formation médicale immersive, hôpital de haute technologie, recherche biomédicale et incubateur de start-up santé… À Benguérir, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) déploie un écosystème hospitalo-universitaire intégré, articulé autour des soins, de l’innovation et de l’entrepreneuriat.

Article : Rabat : la DGSN prolonge les Journées portes ouvertes jusqu’au 24 mai
La DGSN a prolongé ses Journées portes ouvertes à Rabat jusqu’aux 23 et 24 mai 2026, en raison de l’engouement du public, afin de permettre aux visiteurs de découvrir ses missions, équipements et actions dans le cadre de sa stratégie de proximité avec les citoyens.