Sahara: Ross constate l'impasse et annonce une visite de Ban Ki Moon dans la région
Christopher Ross a été reçu le 8 décembre dans le cadre d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU. Il a présenté un rapport sur l’évolution de sa mission.
L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU a fait un constat: le processus onusien est dans “l’impasse“.
Il ne présente aucune idée nouvelle. Le seul point qui mérite réellement d’être signalé, c'est qu'il insiste sur la dynamique dangereuse qui menace toute la région sur le plan sécuritaire. Cette “dynamique dangereuse“ est alimentée selon lui par la situation sécuritaire dans le Sahel et toute l’Afrique du Nord, mais également par le désespoir des jeunes dans les camps de Tindouf, ce qui peut conduire à leur embrigadement et leur enrôlement dans les activités violentes et extrémistes, comprenez Da’ech et Aqmi.
Dans la région, seule la Mauritanie semble prendre conscience de ce danger.
Risque sécuritaire
“Même si la situation dans les régions du Moyen-Orient-Afrique du Nord-Sahel présente de réels dangers, les événements ont eu peu ou pas d'impact sur les positions des différents acteurs. Les peuples du Maghreb pour leur part, continuent de souffrir de l'absence de l'intégration régionale et de la coopération. Cela a des conséquences bien au-delà en Afrique du Nord, notamment en raison de l'absence d'une action conjointe sur les questions de sécurité“, écrit M. Ross.
Il rappelle que “le Secrétaire général a accordé une attention accrue à cette question“ et qu’il estime que, “si on laisse les problèmes en suspens, cette situation peut constituer une bombe à retardement, dont les effets pourraient créer une spirale bien au-delà de la capacité de tout acteur unique à la contrôler“.
Christopher Ross a annonce que M. Ban Ki Moon lui a demandé “d'intensifier“ ses efforts et qu’il a “l'intention de visiter la région“ dès janvier 2016.
Un compte rendu succint des différentes rencontres
“En juin, le Secrétaire général a envoyé des lettres à la fois au Roi Mohammed VI et au secrétaire général Abdelaziz, réaffirmant son engagement personnel à promouvoir le progrès dans le processus de négociation, en particulier à la lumière des développements inquiétants dans la région. Il a souligné que la situation en Afrique du Nord se détériore en raison des menaces posées par les extrémistes et les terroristes et de la croissance des frustrations dans les camps de réfugiés.
Parmi les jeunes dans les camps, l'absence de progrès et de l'absence d'emplois en font des cibles pour le recrutement par des groupes extrémistes. En outre, l'évolution de la Libye et du Mali, dont les frontières sont à seulement quelques centaines de kilomètres du camp de réfugiés le plus proche, pourraient avoir un impact au Sahara occidental et au Maroc, comme l'attaque à In Amenas en Algérie,“ écrit Christopher Ross dans son rapport.
M. Ross a rappelé qu’il s’est rendu dans la région en septembre, octobre et novembre. Selon lui, le “Front Polisario“ a confirmé son “accord pour reprendre les discussions directes, même en l’absence de nouvelles idées“, alors que le Maroc n’est pas prêt à le faire sans préparation par une navette diplomatique.
Selon nos informations, recueillies de sources marocaines informées, le Royaume est lassé de voir l’ONU tourner en rond et veut aller vers l’efficacité. Le projet marocain d’autonomie a été présenté en 2007, il est conforme au droit international qui le considère comme une proposition d’autodétermination, et malgré cela, il n’a jamais fait l’objet de négociations sérieuses quant à ses modalités de mise en œuvre.
Dans ses réunions avec Christopher Ross, le Maroc a réitéré la position exprimée par le Roi à l’occasion de sa visite à Laâyoune le 6 novembre dernier et dans le discours de la Marche Verte et qui est une position de fermeté: le Maroc a atteint le plafond de ce qu’il peut donner et n’ira pas plus loin.
Le Royaume a donc décidé de ne plus attendre l’ONU: c’est pourquoi il a lancé la nouvelle stratégie de développement dans les TROIS régions du Sahara, Dakhla, Laâyoune et Guelmim.
Concernant la menace sécuritaire et l’inquiétude affichée par l’ONU au sujet de la “dynamique dangereuse que connaît la région“, Christopher Ross écrit que de “l'avis du Maroc, la situation reste sous contrôle et l'accent devrait rester sur un processus de négociation sans hâte et "serein".
Nulle part dans son rapport, Christopher Ross ne fait mention de la nécessité de recenser et d’identifier les habitants des camps de Tindouf.
Par contre, il demande avec insistance le soutien du Conseil de sécurité concernant sa “liberté de mouvement“, qui consiste à pouvoir se rendre dans tous les territoires concernés, allusion ici à la déclaration de M. Mezouar sur le fait que si M. Ross veut discuter, c’est à Rabat qu’il doit le faire.
Dans sa conclusion, M. Ross rappelle la définition du processus actuel, tel qu’elle a été selon lui réitérée par le secrétaire général de l’ONU le 4 novembre dernier: il s’agit de “parvenir à un accord sur le statut définitif du Sahara occidental (…) par des négociations sans conditions préalables et de bonne foi, pour parvenir à une solution politique mutuellement acceptable, qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara occidental“. Cela pourrait être la définition exacte du plan marocain d’autonomie.
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