Capital-risque : CDG autorisée à investir dans le fonds “Middle East Venture Fund IV”
La CDG, via sa filiale CDG Invest, obtient l'autorisation pour investir 1,5 million de dollars dans "Middle East Venture Fund IV", un fonds de capital-risque régional dédié aux startups technologiques dans la région MENA, marquant un pas supplémentaire dans l’intégration du Maroc aux circuits du venture capital international.
Le gouvernement a donné son feu vert à la société CDG Invest pour entrer au capital du fonds "Middle East Venture Fund IV" (MEVF IV), à hauteur de 1,5 million de dollars. Cette autorisation a été accordée par le décret n° 2.26.181, publié au Bulletin officiel du 6 avril 2026.
Lancé en 2023, MEVF IV est un fonds de capital-risque régional géré par la société Middle East Venture Partners (MEVP), un acteur de référence du venture capital dans la région MENA. Basé à Dubaï, le fonds vise une taille cible de 150 millions de dollars et compte parmi ses principaux investisseurs la Banque européenne d’investissement (BEI), aux côtés d’acteurs institutionnels et privés tels que Saudi Venture Capital, Dubai Future District Fund ou encore Edmond de Rothschild.
Positionné sur les startups technologiques à fort potentiel, le fonds intervient sur un spectre large, allant du seed au growth (jusqu’aux séries B), avec des tickets d’investissement significatifs, généralement compris entre 3 et 5 millions de dollars. Les secteurs ciblés englobent notamment la fintech, le SaaS, la healthtech, l’e-commerce, la logistique, les marketplaces ou encore les services digitaux et le Web3.
MEVF IV couvre l’ensemble de la région MENA, incluant les pays du Golfe, le Levant et l’Afrique du Nord, avec pour ambition de faire émerger des champions technologiques régionaux, voire globaux. Le positionnement du fonds répond à un constat partagé par les investisseurs : malgré une croissance rapide de l’écosystème tech dans la région, les besoins en financement, notamment dans les phases d’accélération, restent insuffisamment couverts.
Dans ce contexte, l’entrée de la CDG dans le capital du fonds dépasse la simple logique de placement financier. Elle s’inscrit dans une stratégie visant à connecter l’écosystème marocain aux flux régionaux et internationaux du capital-risque, et à faciliter l’accès des startups nationales à des financements plus structurés et de plus grande envergure.
Le fonds prévoit par ailleurs une présence et un ancrage au Maroc, avec des engagements en matière d’investissements dans des startups locales ou en lien avec l’économie nationale, ainsi que la mobilisation de compétences sur le terrain. L’objectif est de générer des retombées économiques concrètes et de renforcer la dynamique de l’innovation.
Cette opération s’inscrit également dans le cadre de l’accord signé en avril 2024 entre le ministère de la Transition numérique, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, la CDG et le ministère chargé du Budget, visant à déployer de nouveaux mécanismes de financement au profit des startups.
Au-delà de cette prise de participation, le mouvement traduit un repositionnement stratégique. Le Maroc cherche à s’insérer davantage dans l’écosystème du venture capital MENA, historiquement dominé par les pays du Golfe, et à capter une part des flux d’investissement destinés aux startups à forte croissance.
L’enjeu est aussi une question d’échelle. À travers des véhicules comme MEVF IV, le financement quitte progressivement le cadre du seed local pour s’inscrire dans des logiques de scaling régional, avec des montants plus élevés, des exigences accrues et une exposition internationale.
En filigrane, se joue une compétition entre plusieurs hubs régionaux – notamment les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite – pour attirer startups, capitaux et talents. Dans ce paysage, l’entrée de la CDG dans MEVF IV donne le signal d’un Maroc qui cherche à se positionner dans le jeu des grands fonds de capital-risque régionaux.
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