L'opposition syrienne réunie à Ryad pour serrer les rangs
Des représentants de factions politiques et de groupes armés de l'opposition syrienne ont entamé des discussions, mercredi 9 décembre à Ryad, pour tenter d'unifier leurs positions en vue d'éventuelles négociations avec le régime de Damas.
"Le large rassemblement de l'opposition syrienne a commencé", a annoncé l'agence officielle SPA d'Arabie saoudite, pays arabe qui joue un rôle de facilitateur dans le processus.
Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel Al-Jubeir a accueilli les quelque 100 délégués en exprimant l'espoir que la réunion soit fructueuse.
Le rassemblement, présidé par Abdulaziz Sager, un Saoudien qui dirige le Gulf research centre à Genève, se tient à huis clos jusqu'à jeudi, dans un grand hôtel de Ryad, placé sous haute surveillance.
Cette réunion est sans précédent depuis le début en 2011 du conflit, qui a fait plus de 250.000 morts et poussé à l'exode des millions de personnes.
Elle rassemble des représentants politiques, mais aussi militaires de l'opposition, dans le cadre d'un processus international relancé fin octobre à Vienne par 17 pays et trois organisations internationales.
Les chefs des grandes diplomaties mondiales, dont les Etats-Unis, la Russie, l'Arabie saoudite, l'Iran et les puissances européennes, ont fixé un calendrier, qui prévoit une rencontre à compter du 1er janvier 2016 entre représentants de l'opposition syrienne et du régime de Damas, avant un cessez-le-feu, la formation d'un gouvernement de transition dans les six mois et l'organisation d'élections d'ici 18 mois.
La prochaine réunion internationale sous le format de Vienne devrait se tenir le 18 décembre à New York.
Jusqu'ici, l'opposition syrienne est apparue fragmentée et divisée.
La réunion de Ryad se déroule avec "une large participation de groupes d'opposition de l'intérieur et de l'extérieur de la Syrie", a indiqué l'agence SPA. En sont exclues les organisations qualifiées de "terroristes" comme les jihadistes rivaux du groupe Da'ech et du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.
Les groupes kurdes n'ont pas été invités et organisent en Syrie, avec d'autres groupes de l'opposition, une réunion parallèle sur l'avenir politique du pays.
Départ d'Assad
Le groupe Ahrar Al-Sham, allié à Al-Nosra et dont l'invitation a entraîné le retrait d'autres groupes, a confirmé sa participation dans une déclaration mercredi.
Il a déclaré avoir accepté l'invitation saoudienne, en dépit de "l'absence de représentants de factions jihadistes à la hauteur" de leur rôle sur le terrain.
Ce même groupe a toutefois averti: "nous n'accepterons pas les résultats de cette conférence" s'ils n'incluent pas "le nettoyage des territoires syriens de l'occupation des Iraniens, des Russes et des milices confessionnelles qui les soutiennent".
Ahrar al-Sham, considéré comme le groupe le plus puissant après Al-Nosra et Da'ech, a affirmé que la conférence de Ryad devrait insister sur la nécessité d'un renversement du régime syrien, d'un démantèlement des services militaires et de sécurité, de la préservation de l'unité du pays et du rejet du confessionnalisme.
Environ 20 membres de la Coalition nationale syrienne, la principale composante politique de l'opposition basée à Istanbul, participent aux discussions, qui coïncident avec le sommet annuel des monarchies du Golfe, prévu à partir de mercredi après-midi, également à Ryad.
Selon des sources de l'opposition syrienne, le prince héritier Mohamed ben Nayef d'Arabie saoudite a rencontré mardi soir des représentants des groupes armés participant à la conférence.
Il a affirmé, selon ces sources, que Ryad "n'abandonnera en aucune circonstance le peuple syrien", ajoutant que l'Arabie se tenait aux côtés des Syriens dans "le refus de la présence de Bachar (al-Assad) dans une quelconque forme de solution intérimaire ou permanente".
Les débats devraient être axés sur l'approche d'un règlement politique, le mécanisme et le calendrier des négociations, la transition et le rôle de l'ONU dans l'avenir de la Syrie, selon un ordre du jour de la réunion.
(Avec AFP)
À découvrir
à lire aussi
Article : Somia : les dirigeants du groupe Crespo de nouveau visés par une procédure judiciaire
Après une première tentative déclarée irrecevable fin décembre 2025, le syndic chargé de la liquidation de Somia revient à la charge avec une nouvelle demande d'extension visant le patrimoine des dirigeants.
Article : Capital-risque : CDG autorisée à investir dans le fonds “Middle East Venture Fund IV”
La CDG, via sa filiale CDG Invest, obtient l'autorisation pour investir 1,5 million de dollars dans "Middle East Venture Fund IV", un fonds de capital-risque régional dédié aux startups technologiques en MENA, marquant un pas supplémentaire dans l’intégration du Maroc aux circuits du venture capital international.
Article : Immobilier. La flambée des coûts de construction risque de se répercuter sur les prix
La guerre au Moyen-Orient se répercute sur le BTP au Maroc. Déjà fragilisé, le secteur fait face à la hausse des intrants, à l’envolée du gasoil, aux tensions sur certains matériaux et à une pénurie de main-d’œuvre qui complique davantage l’activité.
Article : Vanadium : à Tissaf, des teneurs jusqu’à cinq fois la moyenne mondiale de ce métal stratégique
La société canadienne Elcora Advanced Materials Corp. a annoncé des résultats prometteurs issus de son programme d’échantillonnage de surface sur la propriété de Tissaf (province de Tinghir), révélant une minéralisation à haute teneur en plomb mais aussi en vanadium, un métal stratégique utilisé principalement pour renforcer l’acier dans la construction et dans les batteries de stockage d’électricité liées aux énergies renouvelables.
Article : Chakib Alj : “Quand il faut défendre l'entreprise, on va jusqu'au bout”
À quelques semaines de l'assemblée générale élective du 14 mai, le président sortant de la CGEM tire le bilan de ses deux mandats. Délais de paiement, code du travail, formation professionnelle, innovation, énergie : Chakib Alj revient dans le 12/13 de Médias24 sur les avancées, les chantiers inachevés et les défis qui attendent son successeur.
Article : City Club : le tribunal temporise avant de viser Jonathan Harroch, dirigeant du groupe
Le tribunal de commerce de Casablanca veut bétonner sa future décision : une expertise a été ordonnée avant de statuer sur la demande d'extension du redressement judiciaire des City Club au patrimoine personnel de Jonathan Harroch.