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Désintermédiation bancaire: l’Afrique en retard, le Maroc progresse

Un rapport sur la "désintermédiation du financement des entreprises en Afrique" a été présenté ce 23 Octobre à Casablanca. Ce rapport est le produit d’une collaboration entre Casablanca Finance City Authority (CFCA) et Paris Europlace. 

Désintermédiation bancaire: l’Afrique en retard, le Maroc progresse
Sara El Hanafi
Le 23 octobre 2015 à 16h39 | Modifié 23 octobre 2015 à 16h39

Il revient sur l’état des lieux du financement des entreprises en Afrique, caractérisé par un essor de l’intermédiation bancaire face à un faible financement de marché.

Les grandes lignes de ce rapport démontrent la prépondérance de l’intermédiation bancaire dans le financement des entreprises en Afrique, avec une structure de financement où la part des crédits bancaires s’élève à 85% contre seulement 15% de financement de marché.

Une part qui demeure très faible par rapport à la structure de financement des entreprises américaines (80% en financement de marché et 20% en crédits) et à celle des entreprises européennes (60% en financement de marché et 40% en crédits).

De plus, seulement 22% des entreprises en Afrique ont pu obtenir un financement bancaire ou une ligne de crédit. Car dans un tissu économique constitué majoritairement de PME, la probabilité d’obtention d’un crédit bancaire est trois fois plus faible que pour une grande entreprise. En outre, la base des investisseurs institutionnels demeure minime en Afrique.

Les intervenants qui ont présenté ce rapport ont dressé un panorama du processus de désintermédiation en Afrique, à la lumière des nouvelles tendances de financement des grandes places financières mondiales.

Ces tendances incluent les nouveaux apports réglementaires, la révolution digitale, et l'essor des investisseurs dans le financement direct des entreprises accompagné par une mutation graduelle de la demande de financement des entreprises.

La désintermédiation des entreprises marocaines "ne doit pas brûler les étapes"

 

Jean-Jacques Santini, directeur des relations institutionnelles du groupe BNP Paribas, confie à Médias24: "Il faut être réaliste. L’intermédiation restera le principal canal de financement des entreprises. Mais nous avons vu aujourd’hui un excellent exemple du passage d’un financement 100% en intermédiation à un financement majoritairement de marché." L’exemple cité par M. Santini est celui de Label Vie, qui affiche aujourd’hui une structure de financement à 30% en crédit et à 70% en désintermédiation.

M. Santini continue: "Mais pour passer à une telle structure de financement, il faut bien évidemment certaines conditions: l’entreprise en question doit avoir franchi certaines étapes. Elle doit notamment avoir changé sa façon de faire et sa gouvernance. La notation est également importante, de même que la transparence vis-à-vis des investisseurs, etc. Ces conditions sont à respecter; il ne faut surtout pas brûler les étapes."

Fatine Layt, directrice générale d’ACG Group, insiste également sur le rôle de la transparence dans le développement des marchés financiers au Maroc: "Le Maroc fournit énormément d’efforts, notamment avec Casablanca Finance City ou la bourse des valeurs de Casablanca, afin de développer les marchés financiers." 

"Il faut non seulement attirer l’épargne locale sur ces marchés, mais également attirer des investisseurs internationaux. Et pour cela il faut gagner leur confiance, en instaurant des outils juridiques et fiscaux pour assurer plus de transparence. Je pense que le Maroc a bien compris cela et il est en train de les mettre en place", a-t-elle déclaré à Médias24.

Le Maroc, "élève modèle de la région"

 

Fatine Layt se montre confiante quant à la capacité du Maroc à devenir un excellent hub financier: "Je pense que le Maroc est un peu l’élève modèle de la région; c’est l’élève avec un excellent esprit d’initiative et c’est celui qui a fourni le plus d’efforts concrets en matière de gouvernance et en matière d’élaboration d’un bon cadre juridique, ce qui est crucial pour rassurer l’investisseur et pour pouvoir passer des investisseurs institutionnels locaux à des investisseurs institutionnels étrangers."

M. Santini approuve ce constat: "Le Maroc a su construire un vrai développement de ses marchés financiers en évitant des excès qui auraient pu le mettre à mal." "Je pense que par la présence de banques marocaines à l’international, le Maroc affiche une vocation de fédérer le développement de divers marchés financiers. Cela passera bien sûr par une profonde coopération, par le rôle que joueront les acteurs bancaires et les acteurs d’assurance sur ces marchés, et par un progrès dans le développement des techniques financières."

M. Santini a ajouté que son groupe affiche de grandes ambitions relatives à sa filiale marocaine BMCI et à ses autres filiales africaines: "Nos filiales continuent à se développer, à financer l’économie et à offrir des solutions innovantes dans la banque classique comme dans la banque 'désintermédiée'. Nous continuerons à développer les marchés financiers à travers nos filiales spécialisées dans la gestion ou dans la bourse, et à leur apporter notre savoir-faire."

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Sara El Hanafi
Le 23 octobre 2015 à 16h39

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