AWB minimise son exposition aux grands risques
Au cours de la présentation des résultats semestriels de la première banque marocaine, le top management a fait valoir la prudence adoptée par le groupe dans la gestion de différents dossiers: SAMIR, Alliances, développement à l’international, etc.
Pour cette rentrée, les banques sont attendues au tournant. L’exposition du système bancaire aux créances douteuses d’Alliances et Samir inquiète les investisseurs.
Lundi 14 septembre, M. El Kettani, PDG d’Attijariwafa Bank s’est montré rassurant au cours de la présentation des résultats semestriels d’AWB: la première banque du pays en termes de total bilan ne sera pas impactée par une restructuration financière de l’un ou de l’autre.
Au menu de cette présentation, il y avait également l’activité du groupe à l’international, le développement de la banque participative, la stratégie pour les TPME.
Samir, Alliances: pas d’impact sur le bilan d’AWB
Les créances de l’immobilière et du raffineur ont été provisionnées au 30 juin 2015 a annoncé M. El Kettani au cours de la présentation. «Le marché n’a aucune inquiétude à se faire par rapport aux comptes consolidés d’AWB, car le risque a été totalement anticipé». Le PDG a d’ailleurs dévoilé que la banque était en négociation avec la Samir depuis plusieurs années sur une restructuration financière de sa dette.
Sans dévoiler de chiffres sur le montant de ses créances, l’équipe exécutive a assuré que la banque était loin d’être la première banque sur l’exposition aux risques Samir et Alliances, comme pour tous les gros dossiers qui connaissent des difficultés, faisant valoir la prudence du groupe sur son exposition au risque. «Nous sommes loin de nos parts de marché naturelles sur les créances risquées».
Tenue par la confidentialité du protocole de restructuration d’Alliances, la banque n’a pu qu’affirmer qu’elle n’était absolument pas engagée sur la dette privée du groupe.
De grandes attentes sur la TPME et la finance islamique
Le groupe a affirmé avoir opéré un saut qualitatif important pour s’adresser à la TPME en particulier la TPE.
Alors qu’elle lance son nouveau dispositif d’accompagnement des TPE «ana maak», la banque a affirmé vouloir se réapproprier ce segment avec un changement d’approche plus industriel. Cela passe par une adaptation du réseau d’agences - avec la mise en place de centres TPE spécialisé dans les grands centres urbains - et une offre de produits (épargne, assurance, monétique) et d’accompagnements adaptés.
«On analyse et suit les mutations de l’entreprenariat, qui incluent l’entreprenariat des jeunes et des femmes», a déclaré le directeur en charge de la TPME.
En 2015, AWB s’est engagée auprès de Bank Al Maghrib sur un encours PME de 12 MMDH, et TPE de 5 MMDH. Elle s’est engagée également à traiter 20.000 dossiers de financement de TPE.
En 2014, la banque avait légèrement surpassé son engagement envers les PME (de 10 MMDH) mais n’avait pas atteint celui en faveur des TPE (4 MMDH d’encours contre un objectf de 5 MMDH).
L’autre chantier qui attend la banque est celui de la finance islamique. Dar Safaa, l’établissement financier spécialisé dans la finance participative, est en cours de mutation pour devenir un établissement bancaire au sens de la nouvelle loi bancaire. Le comité exécutif a dit sa volonté que Dar Safaa, devienne la banque de référence dans ce secteur.
Activités à l’international
La banque est revenue sur les grands évènements du groupe à l’international:
-Prise de participation de SIB: AWB est monté au capital de la Société Ivoirienne de Banque de 51% à 90% cet été. Cette opération de rachat des actions de l’Etat ivoirien s’est faite avec l’engagement de la banque de recéder 3% aux salariés et 12% en introduction en bourse dans un délai de 2 ans.
Interrogé sur les conditions de cet accord, l’exécutif n’a pas tenu à dévoiler les conditions de prix et de valorisation d’actifs de ces futures opérations. La SIB représente 2,6% du RNPG du groupe à fin juin 2015, en augmentation de 55% par rapport à la période précédente.
-Activités de la CBAO: la filiale qui agit depuis le Sénégal a connu une progression équivalente des crédits et dépôts de la banque marocaine, à savoir une progression plus forte des dépôts que des crédits.
La croissance des marges et des taux a permis le développement du PIB malgré un important effort de provisionnement entre 2014 et 2015. La SIB représente 2% du RNPG du groupe à fin juin 2015. La succursale béninoise devrait bientôt être opérationnelle dès que les autorités de marché auront donné leur feu vert.
-La banque est en litige avec l’Etat camerounais. Sa filiale camerounaise - SCB-Cameroun - a en effet été condamnée cet été par le régulateur boursier à payer une lourde amende à l’Etat camerounais dans le cadre d’une opération de levée d’obligations étatiques.
AWB rejette la condamnation, et a ouvert une procédure judiciaire contre l’Etat. M. El Kettani a affirmé qu’une première ordonnance de justice avait donné raison à la banque.
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