Grandes et petites vérités de Driss Lachgar
Le premier secrétaire de l'USFP Driss Lachgar a accordé une grande interview à Al Ahdath al-Maghribya du mardi 12 mai. L'occasion de revenir sur l'interruption houleuse de la séance de questions orales du 28 avril, des demandes de plus en plus récurrentes de l'opposition, voulant la démission du Chef du gouvernement, et de leurs reproches quant au discours de ce dernier. Verbatim.
Les rapports tendus entre le Chef du gouvernement et l'institution parlementaire. "Ce qui s'est passé durant la séance de questions orales prouve que l'homme (Abdelilah Benkirane, NDLR) est irresponsable. Taxer une institution de niaiserie et, pire, oeuvrer pour qu'une séance parlementaire soit bloquée (...) est quelque chose d'inacceptable", s'indigne Driss Lachgar, qui se désolé du "détournement" de la tâche du parlement.
"Le but de la séance de questions orales n'est pas, comme le prétendent certains constitutionnalistes, de conscientiser le peuple, ou de promouvoir les programmes gouvernementaux, mais bien au contraire: c'est que l'opposition questionne et interpelle le gouvernement, comme dans tous les parlements du monde".
Pour le premier secrétaire de l'USFP, "le Chef du gouvernement a transformé le parlement en plate-forme de son discours, alors qu'il s'agit d'une institution avec des buts autres, à savoir questionner le gouvernement sur sa politique sociale, la dette publique, les affaires étrangères, etc."
Les élections anticipées. Pour Driss Lachgar, Benkirane, qui "ment et diffame (...) ne nous a laissés aucune autre solution que de demander sa démission. Puisqu'il est si sûr de jouir d'un appui populaire, et des résultats des sondages qui confortent sa popularité, il ne devrait pas voir de problème dans le fait de présenter sa démission et d'organiser des élections anticipées".
Vers une motion de censure ? "Demain ou après-demain, s'il y a des membres de la majorité qui sont prêts à l'adopter, nous serons prêts à présenter une motion de censure, mais aujourd'hui, nous nous contentons de signaler que la situation a atteint un point critique, et qu'il est impossible de continuer ainsi, car nous frôlons la crise institutionnelle".
Le discours du Chef du gouvernement. "Ce gouvernement a accès à la météorologie, aux recherches sur le climat, et malgré tout, le Chef du gouvernement laisse tout cela et responsabilise le destin, et mêle Dieu à la gestion de l'Etat, comme si Dieu était de son côté seul, et le diable auprès des autres".
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