De hauts responsables accusés d’avoir bénéficié de terrains d’Al Omrane
Ce sont de lourdes accusations celles portées dans le journal Akhbar Al Yaoum. Le quotidien publie une liste de responsables dont un ex-ministre et des directeurs à Al Omrane qui selon lui ont bénéficié de lots de terrain dans la ville de Harhoura près de Rabat à prix réduits.
C’est le rapport 2013 de la Cour des comptes qui a révélé l’affaire. Ce rapport établit que «la SAR (Société Al Omrane Rabat, ndlr) a cédé, au profit de l’association «W.CH.I» constituée de neuf responsables d’Al Omrane, en date du 30/12/2009, deux terrains situés à la plage Sidi El Abed à Al Harhoura», il précise également «la cession de ces terrains […] par une commission composée, notamment, du président et deux membres de la dite association». Le rapport ne va pas plus loin, et ne cite pas le nom des responsables concernés.
Le journal Akhbar Al Yaoum a donc remonté les fils et affirme détenir les noms des responsables d’Al Omrane qui ont trempé dans cette affaire. Rappelons la présomption d’innocence de toutes les personnes citées. C’est la Justice qui détermine la culpabilité et pour le moment, elle n’est pas saisie.
L’histoire commence donc en 2006 avec la création de l’amicale “Achourouk lil iskane“ par 9 responsables de la section régionale nord-est de l’ERAC, ancêtre de Al Omrane. Selon Akhbar Al Yaoum, il s’agit de Abdellah Yamoul, président de l’amicale, alors directeur des études à l’ERAC, Montassir Benhammou, trésorier de l’amicale et directeur financier à l’ERAC, Mohamed El Goud secrétaire général de l’amicale, alors directeur commercial à l’ERAC.
Les autres membres sont Abdewahed Sabour alors président du département financier, Kamal Benrabia, président du département informatique, Ilyasse Amekrane directeur technique, Ali El Mernissi alors cadre au département technique, Abdelhamid Bentahar alors président du département du foncier, Abdelkarim Mouraji ancien directeur RH actuellement retraité. Des fondateurs qui vont être rejoint ensuite par plusieurs autres membres qui vont bénéficier de lot de terrain.
Ensuite, le 13 juin Abdellah Yamoul, président de l’amical, a envoyé un courriel au DG de l’ERAC pour la région de Rabat Houssine Chlieh. Dans ce courriel, Yamoul demande que l’amical bénéficie d’un premier lot de terrain. Il obtient un accord de principe le 28 juin 2006, soit seulement 15 jours après l’envoi. Toujours selon la publication, le 3 juillet 2006, Yamoul redemande au même interlocuteur un deuxième lot de terrain. Ces deux lots de terrain constituent une superficie de 16 194 mètres carrés.
En octobre 2006, le DG de l’ERAC va ensuite contacter le ministre de l’Habitat de l’époque, Ahmed Toufiq Hjira. Selon la même source, l’intervention du ministre va permettre de transformer ce lot de terrain, initialement prévu pour un projet touristique, en un lot pour loger les cadres de l’ERAC. Suite à l’intervention du ministre, le statut de ces lots de terrain a été changé par l’agence urbaine afin de permettre aux membres de l’Amicale de construire des villas.
Après ce travail, il reste quelques éléments techniques: la signature d’une convention entre l’ERAC qui est devenue entre temps Al Omrane et fixer un prix pour les lots de terrain. Pour ce faire, un comité composé de 9 personnes a été formé par les cadres de l’établissement, dont 3 de l’amicale Achourouk lil iskane.
Ces 3 membres ne sont autres que Abdellah Yamoul président de l’amicale, Mohamed El Goud son secrétaire général et Abdelhamid Bentahar membre du bureau. Ces membres auquel il faut ajouter Houssine Chlieh le DG de l’ERAC qui va devenir plus tard membre de l’amicale et bénéficier de l’opération.
Selon les sources du journal, ce sont ces 4 membres qui étaient influents à l’intérieur de ce comité, le reste des membres été présent juste pour donner une légitimité à son travail. Le travail du comité a fini par obtenir la cessions des lots de terrain au prix de 193 DH le mètre carré!
Selon les investigations du journal, les quatre membres se sont retrouvés juges et parties dans cette affaire. D’un côté bénéficiaires par le biais de l’amicale qu’ils ont fondé, et d’autre part en fixant eux mêmes les prix des lots de terrains qu’ils vont acheter. Une situation de conflit d’intérêt punie par la loi. Mais il y a d’autres bénéficiaires de cette opération dont les plus connus sont : Mohamed Amer, l’ex ministre des MRE, Najib Elaraychi, l’ex PDG d’Al Omrane et son bras droit Mohamed Najib Lahlou.
Contacté par le journal, Abdellah Yamou , président de l’amicale, s’est refusé à tout commentaire. Il s’est contenté de répéter «tout s’est passé d’une façon légale» et « je ne peux pas vous répondre actuellement, c’est à l’assemblée général d’étudier vos questions».
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