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POLITIQUE

Législatives 2026 : le rapport de forces est en train de se recomposer

À deux mois du scrutin du 23 septembre 2026, la principale évolution est nette : la perspective d’une victoire relativement facile de l’Istiqlal s’est éloignée. La compétition paraît désormais beaucoup plus ouverte entre les trois partis de la majorité (RNI, PAM et Istiqlal).

Législatives 2026 : le rapport de forces est en train de se recomposer
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Le 23 juillet 2026 à 16h28 | Modifié 23 juillet 2026 à 17h18

1.⁠ ⁠Le PAM : le parti qui a le plus fortement changé de dynamique

Le Parti authenticité et modernité (PAM) est probablement la formation qui a enregistré la progression politique la plus visible au cours des dernières semaines.

Le parti :

  • multiplie les réunions régionales ;
  • renouvelle une partie importante de ses candidatures ;
  • ⁠assume ouvertement son ambition d’arriver en tête et de diriger le prochain gouvernement ;
  • ⁠attire des élus disposant d’un véritable poids territorial.

Le ralliement le plus significatif est celui de Yanja El Khattat, président de la région Dakhla-Oued Eddahab. Ce recrutement ne constitue pas seulement un changement d’étiquette, il modifie potentiellement le rapport de force électoral dans une région où les réseaux familiaux, tribaux et institutionnels jouent un rôle considérable.

Le PAM réunit son Conseil national le samedi 25 juillet à Salé, avec deux enjeux :

  • présenter ou préciser son programme électoral ;
  • mettre en scène sa nouvelle puissance de recrutement.

Le cas Fouzi Lekjaa :

À ce stade, il faut rester prudent. Les spéculations sur son adhésion au PAM se sont intensifiées, mais Fouzi Lekjaa avait affirmé à Médias24, le 9 juin, qu’il n’était membre d’aucun parti et qu’il annoncerait lui-même toute décision éventuelle.

Tout indique toutefois qu’une annonce va intervenir, officialisant son ralliement au cours des prochaines quarante-huit heures. Ce ralliement aurait une portée nationale considérable :

  • forte notoriété ;
  • implantation à Berkane et dans l’Oriental ;
  • ⁠image de gestionnaire et de grand commis de l’État.

2.⁠ ⁠Le RNI : Chaouki préside, mais Akhannouch reste au centre du dispositif

Mohamed Chaouki dirige officiellement le Rassemblement national des indépendants (RNI) depuis le congrès extraordinaire du 7 février. Cette succession avait été soigneusement organisée et présentée comme une transition sans rupture.

Mais l’université de la jeunesse du parti, organisée les 26 et 27 juin à Agadir, a montré que Aziz Akhannouch était de retour sur le plan opérationnel et demeurait la figure dominante du RNI. Les principaux temps forts se sont ordonnés autour de lui, au point de donner l’impression qu’il avait "passé le témoin, mais gardé la main".

La lecture politique :

•⁠ ⁠Chaouki assure la direction institutionnelle et la communication du parti ;
•⁠ ⁠Akhannouch conserve vraisemblablement une influence décisive sur les réseaux, les moyens financiers, les arbitrages et la préparation électorale ;
•⁠ ⁠Le RNI paraît avoir surmonté la période d’incertitude qui avait suivi l’annonce du départ d’Akhannouch.

Le parti commence également à déployer son offre électorale.

3.⁠ ⁠L’Istiqlal : toujours puissant, mais désormais sous pression

Après le départ d’Akhannouch de la présidence du RNI, l’Istiqlal pouvait apparaître comme le bénéficiaire naturel de la recomposition : un parti ancien, structuré, disposant de réseaux territoriaux et dirigé par un candidat crédible à la primature.

Cette "autoroute" n’existe plus.

Le parti de Nizar Baraka essaie maintenant de déplacer la compétition du terrain des personnes et des ralliements vers celui du programme. Il a organisé une série de rencontres autour de cinq engagements, notamment :

  • ⁠la souveraineté stratégique ;
  • le pouvoir d’achat ;
  • ⁠les services publics ;
  • ⁠la famille et les valeurs nationales ;
  • ⁠la lutte contre la corruption et les conflits d’intérêts.

Cette stratégie lui donne une cohérence doctrinale supérieure à celle de plusieurs concurrents. Mais elle comporte un risque. Pendant que l’Istiqlal organise des colloques, le PAM recrute des électeurs à travers les notables qu’il attire.

La tension PAM-Istiqlal s’est d’ailleurs transformée en affrontement de plus en plus ouvert, alimenté par les transferts d’élus et par leur rivalité pour la première place.

4.⁠ ⁠Le Sahara est devenu le principal laboratoire de la bataille électorale

La bataille la plus intense se déroule actuellement dans les provinces du Sud. L’Istiqlal, historiquement puissant dans ces territoires, est directement challengé par le PAM et le RNI.

Dans ces circonscriptions, la transhumance a une valeur particulière. Le transfert d’un grand élu peut entraîner :

  • ⁠un réseau familial ;
  • des élus communaux ;
  • ⁠des présidents de commune ;
  • ⁠des intermédiaires locaux ;
  • parfois une partie substantielle du corps électoral mobilisé.

Le Sahara sera donc un excellent indicateur avancé du scrutin national. Il permettra de mesurer :

  • la capacité de résistance de l’Istiqlal ;
  • ⁠la réalité de la poussée du PAM ;
  • l’efficacité de la remobilisation du RNI.

De plus, les futurs élus seront bien placés pour parler au nom des populations et devenir des acteurs de la mise en place du plan d’autonomie.

5.⁠ ⁠La transhumance n’est pas un phénomène secondaire, elle constitue le cœur du système de sélection

La transhumance s’est accélérée depuis le début de 2026. Des candidats et des élus cherchent l’investiture du parti qui leur paraît offrir les meilleures chances, tandis que les partis privilégient souvent la capacité électorale immédiate à la fidélité idéologique.

Il faut distinguer trois catégories :

  • La transhumance de survie : un sortant quitte son parti parce qu’il pense ne pas obtenir l’investiture.
  • La transhumance de puissance : un parti recrute un notable capable de déplacer plusieurs milliers de voix ou de faire basculer une circonscription.
  • La transhumance de signal : le recrutement d’une personnalité très connue sert moins à gagner un siège qu’à installer l’idée qu’un parti attire les élites et se trouve dans une dynamique ascendante.

Le PAM utilise actuellement les deuxième et troisième catégories. L’Istiqlal tente davantage de protéger ses positions. Le RNI semble agir de manière plus discrète, en s’appuyant sur ses réseaux existants.

6.⁠ ⁠L’Intérieur entre désormais dans la phase opérationnelle

La préparation administrative du scrutin s’accélère. Après les rencontres avec les partis sur les inscriptions, les candidatures et l’organisation des bureaux de vote, la Commission centrale de suivi des élections a été activée le 20 juillet.

Cela signifie que la période des grandes discussions sur les règles s’achève progressivement. La bataille va maintenant porter sur :

  • ⁠la validation des candidatures ;
  • les recours et les radiations ;
  • ⁠le financement des campagnes ;
  • ⁠la neutralité de l’administration ;
  • ⁠l’usage de l’argent ;
  • ⁠la communication audiovisuelle et numérique ;
  • ⁠la lutte contre les fausses informations.

7. En résumé

Le PAM a actuellement une bonne dynamique. Il recrute, occupe le terrain et réussit à installer l’idée qu’il peut gagner.

Le RNI demeure probablement la machine la plus puissante. Le retour visible d’Akhannouch réduit le risque d’une campagne sans véritable chef.

L’Istiqlal reste un candidat sérieux à la première place, mais il n’est plus le favori évident qu’il semblait être au lendemain du retrait d’Akhannouch.

La bataille réelle pourrait donc se résumer ainsi : le RNI dispose de la machine, le PAM de la dynamique et l’Istiqlal de l’implantation historique, mais tout peut changer.

La grande inconnue reste la traduction de ces trois avantages en voix, dans un scrutin où la réputation nationale des dirigeants compte certes, mais où la qualité des candidats présentés dans chacune des circonscriptions joue souvent un rôle décisif.

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Le 23 juillet 2026 à 16h28

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