Ilyas Omari revient sur les tensions entre PAM et PJD
Passage médiatique remarqué de l’homme fort du PAM. Le PJD était, entre autres, au menu. Une forme de polarisation dans le champ politique?
Quelques mois avant les élections communales et régionales, le PJD et le PAM se distinguent du moule politique comme les deux pôles que tout sépare. En attestent les échanges de critiques de plus en plus réguliers - de plus en plus virulents - entre les représentants des deux partis.
Invité de l’émission «90 pour convaincre» diffusée sur Médi 1 TV, Ilyas Omari, vice-secrétaire général et homme fort du PAM, est revenu sur les raisons de ces antagonismes.
Ainsi, et sans écarter une possible coexistence, Omari explique que du point de vue politique, les différences entre les deux institutions sont considérables. Les idéologies, elles, sont antinomiques.
«Tous les pays qui aspirent à la démocratie ou qui connaissent une situation de transition vivent sur deux rythmes: le statut quo ou le renouveau» dit Ilyas Omari et d’ajouter que tout ce qui est nouveau, par essence, a tendance à gêner les personnes qui ont intérêt à asseoir le statut quo.
Concernant la guerre des déclarations qui l’oppose à Abdelilah Benkirane, Ilyas Omari s’explique: «Je ne l’ai jamais attaqué. Abdelilah Benkirane est aujourd’hui le chef du gouvernement des Marocains. Je suis Marocain, il est donc mon chef de gouvernement».
Mais d’ajouter, néanmoins, à propos des déclarations deAbdelilah Benkirane à son encontre, «que dans de nombreux pays, l’expérience ne cesse de montrer que la violence verbale précède toujours la violence physique».
Violence verbale sur laquelle il rebondit pour parler des invectives que lui avait adressées Hamid Chabat, deux ans auparavant: «Nous avons, à ce propos, contacté le ministre de la justice pour que celui-ci ouvre une enquête. Demande restée lettre morte. Sans doute parce que, à l’époque, Hamid Chabat était dans la majorité», explique Ilyas Omari faisant allusion à une certaine sélectivité de Mustapha Ramid.
Sélectivité que le PAM avait plusieurs fois fustigée, surtout pour ce qui est de la lutte anti- corruption. Pour lui, l’action qu’entreprend le gouvernement actuel contre la corruption s’inscrit dans la continuité de ce que les gouvernements précédents avaient entamé. «A cette différence près, que l’actuel gouvernement tient à médiatiser ses actions», ajoute-t-il, faisant référence à la sur-médiatisation de cas impliquant des figures de l’opposition.
Par ailleurs, à propos des futures élections, Ilyas Omari annonce la stratégie de son parti. Désormais, l’on lorgnera, du côté du PAM, sur de jeunes candidats, des femmes et surtout, sur les compétences.
Enfin, revenant sur les sondages qui dévoilent une perte de confiance des Marocains en son parti, Ilyas Omari affirme que ces sondages sont à relativiser car leur majeure partie ne repose sur aucune assise juridique.
A ce sujet, il déclare: «le gouvernement prépare actuellement une institution à laquelle nous pouvons nous référencer. Mais cela n’empêche pas que les sondages, pour relatifs qu’ils soient, n’en reste pas moins importants. Et nous, comme acteurs politiques, nous les consultons.»
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