Un second grand musée pour Rabat
Le concours d’architecture pour la construction du musée d’archéologie et des sciences de la terre vient d’être lancé.
Après avoir inauguré son premier musée dédié à l’art moderne et contemporain, le Maroc va donc accueillir un important musée d’archéologie et des sciences de la terre. Le concours d’architecture vient concrétiser un projet attendu depuis de nombreuses années. En effet, l’Agence pour l’aménagement de la vallée du Bouregreg vient de lancer l’appel d’offres pour le concours d’architecture du Musée national d’archéologie et des sciences de la terre. Le musée sera situé à proximité du Grand théâtre de Rabat, au cœur de la Vallée du Bouregreg, dans la continuité de la Tour Hassan et du Mausolée Mohammed V, et non sur le site de l’ancienne résidence du maréchal Lyautey, comme annoncé initialement.
D’une superficie de 35.000 m2 dont près de 17.000 m2 couverts, le musée couvrira les sciences de la terre, le patrimoine archéologique du Maroc et les civilisations qui se sont succédées sur son sol jusqu’à ce jour. «Il permettra au public de connaître toutes les civilisations du Maroc et d’apprécier ce précieux héritage», annonce l’Agence pour l’aménagement de la vallée du Bouregreg, maître d’ouvrage du projet. La gestion sera assurée par la Fondation des musées, qui gère à ce jour 14 musées marocains.
Côté budget, le musée mobilisera une enveloppe de 260 millions de DH, contre 180 millions de DH pour le musée Mohammed VI d'art moderne et contemporain, autre projet d’envergure de la capitale inauguré en octobre 2014. Pour l’heure, la date de démarrage des travaux n’a pas été avancée.
Des pièces rares et exceptionnelles
«Nous disposons d’une richesse archéologique exceptionnelle, et d’une des meilleures collections de bronzes romains au monde», nous indique Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées. Des portraits de bronze d'une rare qualité d'exécution ont auparavant été découverts sur le site archéologique romain de Volubilis, classé au Patrimoine mondial de l'Unesco.
Ces pièces à l’esthétisme gréco-romain provenant de ce site archéologique de la région de Meknès, ont récemment été exposées au Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM) à Marseille.
Pour Myriame Morel, conservatrice du patrimoine au MuCEM, «les collections de bronzes du musée de Rabat figurent parmi les plus exceptionnelles du monde antique méditerranéen».
Preuve de l’importance accordée au Musée, l’établissement sera le premier dépositaire du patrimoine culturel mobilier (scientifique et archéologique). Il aura à sa disposition les collections conservées dans les universités, les sites de fouilles et les musées relevant du ministère de la Culture. Des milliers de pièces seront sélectionnées par des spécialistes nationaux.
Le futur musée sera également un musée laboratoire et une institution de recherche et de formation pratique dans le domaine muséologique (conservation, restauration, expertise) et assurera la formation pratique des cadres pour d'autres institutions.
Pour mémoire, le Musée des sciences de la terre, le seul de son genre au Maroc, a fermé ses portes en 2007. Reste le musée archéologique de Rabat, créé dans les années 20 et abritant les trouvailles archéologique mises au jour dans les différents sites fouillés à l'époque, notamment ceux de Volubilis, Banassa, Thamusida...
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