Plus de la moitié des Marocaines ont subi des violences
Un collectif d’associations féminines vient de rendre public un rapport accablant sur les violences contre les femmes au Maroc.
Un collectif constitué de 38 associations féminines a présenté ce mardi à Rabat un rapport accablant sur les violences faites aux femmes dont les principales conclusions ont été relayées par notre confrère Hespress. Et entre autres conclusions, 62,8% des femmes marocaines ont déjà subi des violences de genre. Parmi elles, 55% ont subi ou subissent encore des violences conjugales.
Le rapport s’intéresse aussi à la question de la scolarisation de la jeune fille en milieu rural, laquelle est préoccupante à plus d’un titre. Et pour cause, il existe deux fois plus d’analphabètes parmi les jeunes filles que chez les jeunes hommes en milieu rural, soit 47,6% contre 25,3%, selon les chiffres de 2012 relayés par le collectif.
Par ailleurs, le rapport met en lumière la participation des femmes dans la vie économique, notamment pour ce qui est de l’accès des femmes à l’emploi et du chômage qui les affecte. Selon le document, l'accès des femmes au marché du travail a baissé de 25%, alors que le chômage touche 10,2% des femmes en milieu urbain contre 8,4% des hommes. Aussi, au sommet de l'Etat, très peu de postes sont à pourvoir pour les femmes, et les femmes ministres au sein du gouvernement actuel se comptent sur les doigts d’une main.
Pourtant, le Royaume a ratifié la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. De même, des réformes sont introduites par le Code du travail (2004) qui précisent les conditions de travail et les améliorations dans l’accès à l’égalité entre hommes et femmes.
La loi contre les violences faites aux femmes toujours dans les tiroirs
La conférence a aussi été l’occasion de dénoncer l’impunité qui règne encore vis-à-vis des violences de genre. Certes, un projet de loi 103-13 relatif à la lutte contre les violences faites aux femmes avait été élaboré par le ministère de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social. Mais près d’un an et demi son examen en conseil de gouvernement, le projet piétine encore.
Aujourd’hui, en l’absence d’une politique publique qui inclut des lois et des mesures adéquates pour lutter contre ce fléau, et malgré certaines avancées, la femme marocaine doit encore lutter pour arracher ses droits, et ce près d’une décennie après l’adoption de la Moudawana (Code du statut personnel marocain). Elle peut aussi s'appuyer sur la nouvelle constitution de 2011, qui consacre l'égalité des droits dans son article 19 et exhorte l'État à œuvrer pour la parité.
Petite lueur d’espoir : les défenseurs des droits des femmes ont obtenu un important succès avec l'amendement en janvier 2014 de l'article 475 du code pénal, qui donnait jusque-là la possibilité à un violeur d'échapper à des poursuites en épousant sa victime.
à lire aussi
Article : Le Honduras décide de suspendre sa reconnaissance de la “rasd”
Le Honduras a annoncé la suspension de sa reconnaissance de la pseudo “rasd”, une décision officielle notifiée à Rabat et aux Nations Unies.
Article : Engrais. Sous pression à cause du blocus d’Ormuz, l’Inde se tourne massivement vers le Maroc
Entre le blocus d'Ormuz qui paralyse la production indienne, les restrictions chinoises à l'export et la crise agricole américaine, le marché mondial des engrais phosphatés traverse une période de turbulences sans précédent. Dans ce contexte, l'Inde, plus exposée que jamais à la désorganisation des flux, consolide sa dépendance au Maroc.
Article : Hôtellerie : Marriott nomme Denis Laus à la tête du futur resort de Taghazout Bay
Prévu pour l’été 2026 aux portes d’Agadir, l’établissement comptera 250 chambres avec vue sur l’océan, plusieurs espaces de restauration et 600 m² dédiés aux réunions et événements.
Article : La réforme des Groupements sanitaires territoriaux cherche ses preuves sur le terrain
Cinq directeurs généraux nommés par le Roi, des indicateurs présentés comme probants dans une région pilote, mais des syndicats qui contestent et des décrets toujours manquants. La réorganisation du système de santé public marocain autour de groupements sanitaires territoriaux s'accélère. Le plus dur reste à faire.
Article : Casablanca : le Mégarama dément tout projet de démolition sur le front de mer
Le Mégarama de Casablanca ne fait l’objet d’aucun projet de destruction, a indiqué à Médias24 une source autorisée au sein de l’établissement, réagissant à des informations relayées en ligne sur une possible démolition de plusieurs installations du littoral.
Article : SIAM 2026 : Maroc Telecom dévoile ses solutions Agritech pour une agriculture intelligente
Partenaire officiel du SIAM, Maroc Telecom présente ses dernières innovations Agritech fondées sur l’IoT, l’intelligence artificielle et la 5G, afin d’accompagner la transformation digitale du secteur agricole.