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Précarité, responsabilités, solidarité, autorités, les premiers mots des inondations

Les hélicos de la gendarmerie royale ont commencé à larguer des vivres dimanche à la mi-journée, sur les douars et les villages isolés.  La solidarité s’organise, les Marocains découvrent l’état de précarité et de pauvreté des régions touchées.

Précarité, responsabilités, solidarité, autorités, les premiers mots des inondations
N. E.
Le 1 décembre 2014 à 15h42 | Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Après la baisse du niveau des eaux, entamée samedi en milieu de journée et qui s’est poursuivie dans la nuit, les habitants sous le choc découvrent l’étendue des dégâts, dans les douars, villages et villes découvrent touchés, dont Guelmim et Sidi Ifni.

A Guelmim, en fin de matinée, de nombreux habitants se sont regroupés pour protester contre la situation de dénuement dans laquelle ils se sont retrouvés et pour exprimer leur inquiétude concernant l’avenir. Ils demandent une prise en charge de l’Etat, pour réparer les dégâts aux habitations et aux commerces.

En fait, la province de Guelmim a été déclarée zone sinistrée dès samedi, ce qui signifie que l’Etat va prendre en charge la totalité des dégâts. Il restera bien entendu à voir quels mécanismes seront mis en place pour les remboursements.

Un mouvement de solidarité est visible sur les réseaux sociaux. Un hashtag spécial “Aidez Guelmim“ a été lancé #انقذوا_كلميم

Tous les témoignages sont unanimes: les autorités concernées, protection civile, gendarmerie, police, santé publique, armée, agences hydrauliques ont eu un comportement remarquable pendant les inondations et jusqu’à aujourd’hui.

Mais l’on constate une étonnante faiblesse sur le plan de la communication et au niveau de la présence sur le terrain.

Côté gouvernemental, seul le ministère de l’Intérieur, chargé par le Roi Mohammed VI de la coordination et de la supervision, est présent. Les autres ministères ne sont là qu’à l’échelon des directions. La décision du Roi avait pour objectif de motiver les troupes et aussi de mettre cette tragédie nationale à l’abri des surenchères politiciennes des partis politiques.

Mais le Roi n’a pas interdit de communiquer, de rassurer les populations, d’informer l’opinion heure par heure.

Sur les réseaux sociaux, on s’étonne de la relative absence des médias publics alors que notre pays a vécu une catastrophe naturelle majeure. Cet étonnement est d’autant plus légitime que les autorités ont réellement fait sur le terrain, un travail remarquable.

Or, c’est comme cela que doit fonctionner la démocratie: informer, rassurer, rendre des comptes à l’opinion. Sinon, l’absence de communication provoque des inquiétudes et donne naissance à des rumeurs.

Un exemple: samedi en milieu de journée, les eaux commençaient à baisser, c’était la décrue et pourtant cette bonne nouvelle n’a pas trouvé la voie aux médias publics. Il y a eu d'excellents reportages sur la chaîne 2M mais la situation aurait exigé ds plateaux et des directs. Bref, davantage de réactivité et de journalisme, et moins d'institutionnel.

Le Maroc est pourtant en avance sur les pays de la région en matière de prévention et d’anticipation des catastrophes. Le dispositif d’alerte mis en place à l’Ourika après les inondations de 2012 a été efficace.  Le pays a depuis plusieurs années une politique évolutive de prévention et de gestion des catastrophes naturelles, ainsi qu’un Fonds d’indemnisation doté de 2,5 milliards de DH. Tout cela méritait d’être porté à la connaissance de l’opinion.

La gestion d’une catastrophe naturelle, c’est aussi une bonne communication.

Les inondations ont mis à nu des faiblesses au niveau de l’infrastructure, il appartiendra à une éventuelle commission d’enquête de déterminer les responsabilités s’il y a lieu. A la Chambre des Représentants, au moins deux groupes ont demandé la constitution d’une commission d’enquête parlementaire.

Elles ont également mis à nu la situation de pauvreté et de précarité dans laquelle vit une partie de la population marocaine.  Cette tragédie nécessité un grand sursaut national et suscite un profond questionnement.

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N. E.
Le 1 décembre 2014 à 15h42

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