Saïd Ahmidouch: “Il faut doter la CNSS d'une législation adéquate pour ses missions de contrôle”
Le directeur général de la CNSS a donné des explications sur les contrôles que la caisse effectue. Les 140 agents contrôleurs ont réalisé moins de 10.000 missions en 3 ans.
Le directeur général de la CNSS Saïd Ahmidouch était l’invité mardi 11 novembre de la commission emploi et relations sociales de la CGEM. Le DG a dévoilé les chiffres et les détails sur la réorganisation des missions de contrôle effectuées auprès des employeurs. L’occasion également de donner quelques détails sur le projet de couverture sociale des indépendants.
Moins d’un travailleur sur deux est couvert
Actuellement, plus de la moitié des travailleurs ne peut bénéficier d’une couverture sociale. En effet, selon les chiffres révélés par le Haut commissariat au Plan, 55% des actifs sont des travailleurs non salariés, et ne peuvent prétendre aux prestations de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
« Il est vrai que le statut de la CNSS est particulier, dans le sens où c’est un établissement public, mais dont les ressources proviennent exclusivement du secteur privé » a déclaré le DG de la caisse, et dont « les prestations concernent exclusivement les salariés des entreprises privées. »
Les indépendants seront couverts graduellement
En revanche, la CNSS est partie prenante dans les commissions techniques en charge de l’élaboration d’une nouvelle caisse pour les indépendants. « Nous avons, de notre côté, émis quelques propositions » souligne M. Ahmidouch.
Une chose est sûre : l’extension de la couverture sociale aux travailleurs non salariés se fera de manière graduelle « en commençant par les professions réglementées, pour s’étendre ensuite aux autres corps de métiers.»
Moins de missions, plus d’efficacité
Concernant les salariés du secteur privé, estimés au total à 3,68 millions de travailleurs, 77% d’entre eux (soit un peu plus de 2,8 millions) sont déclarés. Cet écart a conduit la CNSS à procéder à l’amélioration de ses missions de contrôle auprès des employeurs, tout en réduisant leur nombre et leur fréquence.
« Nous étions, avant 2007, à une moyenne de 40.000 missions de contrôle par an. Mais nous nous sommes rendus compte qu’il n y’avait pas d’amélioration notable dans la qualité des déclarations. Nous avons donc revu notre système de contrôle afin de le rendre plus efficace, bien que nous n’ayons réalisé, entre 2010 et 2013, que 9.197 missions de contrôle » a déclaré M. Ahmidouch.
Et d’expliquer : « avant 2007, les agents choisissaient eux-mêmes les entreprises à contrôler, ce qui constituait une certaine forme d’incompatibilité. Depuis, nous avons mis en place des commissions qui choisissent les entreprises à contrôler sur la base d’indicateurs chiffrés. Une fois sélectionnées, ces entreprises font l’objet d’un contrôle de la part d’un autre agent. Une documentation est produite durant toutes les phases du processus collégial de contrôle. Ce mécanisme est beaucoup plus transparent et efficace que celui qui était initialement en vigueur. »
Seulement 140 contrôleurs pour tout le Maroc
Pourtant, le nombre d’agents chargés du contrôle reste très insuffisant par rapport à l’ensemble des petites, moyennes et grandes entreprises. « Sur les 4.400 agents de la CNSS, seuls 140 sont chargés de la mission de contrôle. Ce nombre est dérisoire quand on sait que 6.500 entreprises marocaines emploient plus de 50 salariés » rapporte le DG de la CNSS.
Saïd Ahmidouch n’a pas manqué d’attirer l’attention sur le manque de fermeté des textes en relation avec la fraude sociale. « La législation doit permettre de dissuader les mauvais employeurs, en émettant des obligations assorties de sanctions. En l’absence du caractère répréhensif, il est impossible de contraindre les employeurs à se conformer à la loi. »
L’expérience internationale démontre qu’il existe une forte corrélation entre les niveaux de compétitivité et de productivité d’une part, et la qualité de la couverture sociale de l’autre, d’où l’intérêt de doter la CNSS de tous les moyens techniques et juridiques possibles afin d’arriver à couvrir l’ensemble des travailleurs salariés du secteur privé, en attendant l’extension de la couverture aux travailleurs non-salariés.
À découvrir
à lire aussi
Article : À Rabat, Bryan Adams écrit la première page musicale du Théâtre royal
Les "happy few" qui étaient présents ce 5 mai 2026 au Théâtre royal n'oublieront pas cette soirée de sitôt. Dans un élan de nostalgie et de pureté acoustique, l’icône du rock canadien Bryan Adams a inauguré la scène du majestueux édifice de Rabat, offrant un baptême du feu mémorable à ce nouvel écrin architectural.
Article : Où en sont les grands chantiers publics ? Le ministère de l’Équipement lance un observatoire pour le suivi en temps réel
Pour la première fois au Maroc, un ministère ouvre intégralement au public le suivi de ses chantiers. L'Observatoire de l'Équipement et de l'Eau, mis en ligne ce mercredi 6 mai 2026, fonctionne comme une banque de projets actualisée en continu, donnant accès aux 6.243 projets du département à travers une plateforme web et une application mobile. L’observatoire se veut un instrument de transparence et de reddition des comptes envers le citoyen.
Article : Dakhla : l’ambassadeur américain met en avant les opportunités économiques du Sahara marocain
Lors de sa première visite dans la région, Duke Buchan a été reçu par le wali de Dakhla-Oued Eddahab, Ali Khalil, et a souligné l’intérêt des États-Unis pour les perspectives ouvertes par le port en eau profonde en construction.
Article : WAC. Chronique d’une crise sans fin
En difficulté depuis plusieurs semaines, les Rouges et Blancs s’enfoncent dans une spirale négative sur le plan sportif, incapables de retrouver de la constance dans les résultats comme dans le contenu. À cette situation déjà préoccupante s’ajoute désormais une nouvelle crise en coulisses, symbole d’un climat de tension devenu récurrent au sein du club.
Article : Marchés de gros de Casablanca : la tomate poursuit sa baisse, la viande rouge repart à la hausse
DATA. Les données de la SDL Casa Prestations au 6 mai 2026 font ressortir des tendances contrastées sur les marchés de gros de Casablanca.
Article : La vague de démolitions au Maroc : ce qui se passe vraiment
À travers le Maroc, les démolitions se multiplient et alimentent un sentiment de désordre généralisé. Pourtant, derrière ces images virales, se dessine une stratégie structurée portée par plusieurs politiques publiques. Entre aménagement urbain, récupération du littoral et lutte contre l’habitat insalubre, ces opérations répondent à des logiques bien distinctes. Détails.