Lahcen Daoudi : “Le développement de l'université marocaine passe par le partenariat public-privé”
Le ministre a livré sa vision de l’enseignement supérieur de demain : plus de pôles technologiques, partenariats avec des écoles prestigieuses de niveau international et accréditations de l’Etat accordées aux écoles supérieures privées sous certaines conditions.
Invité du forum des adhérents de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres, Lahcen Daoudi a donné sa vision de la réforme de l’enseignement supérieur au Maroc.
De gros efforts sont à faire pour promouvoir la recherche scientifique, et de mettre l’université marocaine au niveau des exigences. C’est le principal souci du ministre Lahcen Daoudi. « Au lieu d’être un producteur, le Maroc est un pays consommateur de la recherche et de l’innovation » a déclaré le ministre au début de sa présentation, et d’ajouter : « notre réaction face aux exigences technologiques intervient toujours a posteriori, pour combler les besoins urgents. Il n’y a, à ce stade, aucun effort d’anticipation. »
Compte tenu de cette situation, le ministre a entrepris plusieurs démarches visant à créer des pôles technologiques, en regroupant plusieurs facultés.
« L’Université de Casablanca comprendra toutes les disciplines, et se placera parmi les universités les plus prestigieuses. Il en est de même pour l’Université euro-méditerranéen de Fès, qui accueillera des étudiants venant de tout le bassin méditerranéen N.ous allons redonner à la capitale de la culture son éclat d’il y a 1.000 ans ! » s’enthousiasme M. Daoudi.
Concrètement, le développement de la recherche scientifique passe par plusieurs partenariats avec des écoles prestigieuses, et des partenariats avec les entreprises internationales les plus influentes dans leurs domaines respectifs.
C’est ainsi que l’Université de Casablanca bénéficiera de l’expertise de l’Ecole Centrale de Paris, et l’Université de Tétouan profitera de l’assistance du groupe Alstom. D’autres partenariats sont signés avec des partenaires américains et asiatiques.
Cette mise à niveau est accompagnée par une volonté de doter les diplômes des écoles privées marocaines d’une accréditation étatique. Pour ce faire, il est nécessaire de remplir un certain nombre de conditions. Ces critères sont actuellement en train d’être discutés avant d’être publiés dans une circulaire ministérielle.
D’ores et déjà, on peut citer une première condition à remplir : « Il est nécessaire, pour prétendre à une accréditation des diplômes, que les écoles privées présentent un quitus fiscal » a déclaré le ministre. Il est à noter que certaines écoles privées recevront, d’office, une équivalence étatique. Il s’agit des instituts ayant signé une convention avec l’Etat, à l’instar de l’UIR, de l’Ecole Centrale ou de l’Université euro-méditerranéenne.
Toutefois, ce soutien apporté aux écoles privées fait planer le risque d’une déliquescence de la qualité d’enseignement au sein des établissements publics, et particulièrement des facultés marocaine.
Répondant à une question de Médias 24, M. Daoudi se montre rassurant : « l’enseignement supérieur privé de qualité poussera les établissements publics à améliorer leurs offres de formation. Le principal problème que rencontrent les facultés marocaines est celui du surpeuplement. Si nous faisons en sorte d’élargir les capacités d’accueil des facultés, nous arriverons à garantir une formation de qualité à tous les étudiants. C’est d’ailleurs le cas de l’université d’Agadir qui a vu cette année une augmentation des nombres de sièges de 76% » a déclaré le ministre.
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