Les grandes écoles françaises pointées du doigt par le Financial Times
Une enseignante américaine de l’Edhec dénonce le fonctionnement des grandes écoles françaises, accusées de « produire » des diplômés manquant de flexibilité et de plus en plus en inadéquation avec le marché du travail.
Très prisées des élites marocaines, les grandes écoles françaises sont –presque- unanimement considérées comme une voie royale pour s’assurer un avenir professionnel radieux. Prestigieuses (et onéreuses), elles n’en restent pas moins démontées avec force arguments par l’enseignante américaine à l’Edhec, Monique Valcour.
La brillante jeune femme, dont les propos ont été relayés par le Figaro, signe une chronique incendiaire dans les colonnes du Financial Times pour signifier, selon elle, l’inadéquation de ces étudiants avec la réalité du marché du travail.
Bien qu’elle reconnaisse ouvertement des qualités indiscutables à l’enseignement dispensé et aux résultats des jeunes étudiants du système français en mathématiques et dans les disciplines d’ingénierie, elle soulève en revanche leurs lacunes criantes en matières « de communication et de flexibilité ». Monique Valcour précise qu’au sein des grandes écoles françaises – contrairement au système anglo-saxon -, les étudiants sont obnubilés par « la structure et la méthode », négligeant « la connaissance de soi ». Et d’ajouter, un brin déconcertée : « Quel est le rapport entre avoir de bons résultats à ses examens de mathématiques à 18 ans et être capable de gérer un business trente ans plus tard ?».
L’enseignante estime par ailleurs que « faire travailler ces étudiants de manière spontanée » se révèle particulièrement difficile. Or, «les entreprises n’ont pas forcément besoin de gens brillants, mais de personnes réactives et capables de s’adapter rapidement à des situations diverses. Lla méthode de plans structurés n’est pas faite pour répondre à des problèmes de tous les jours », souligne-t-elle.
Le système français accorde par ailleurs une importance prépondérante – voire capitale – au diplôme. Ce dernier « est extrêmement important, souvent plus que les performances au sein de l’entreprise, car l’apprentissage continu est méprisé alors que tout le monde connaît le classement des écoles » explique l’enseignante.
Dans cette chronique au vitriol, Monique Valcour s’attaque également aux écoles préparatoires, au sein desquelles – entre autres – les enseignements du professeur incarnent « l’unique source de savoirs » ; bien loin des méthodes de « co-création de connaissances et la discussion entre étudiants et professeurs » autrement plus fréquentes dans les classes des écoles anglo-saxonnes.
Si la chroniqueuse bât en brèche la réputation de ces écoles, elle n’omet pas en revanche d’indiquer des pistes de solutions. Elle en appelle ainsi à la poursuite « du processus de globalisation de l’enseignement, du recrutement de professeurs et étudiants étrangers et d’insister davantage sur l’enseignement de l’anglais ». L’enseignante enfonce le clou en soulignant qu’il faudrait désormais modifier l’état d’esprit des étudiants : « ils ne doivent pas croire qu’ils ont un parcours assuré dans un monde globalisé une fois qu’ils ont leur diplôme en poche. »
Malgré la critique assassine, partagée par certains diplômés, les solides réputations de ces écoles semblent encore les préserver d’un déclin.
à lire aussi
Article : Gouvernance de la CGEM : les sortants et les entrants du nouveau Conseil d'administration
La nouvelle gouvernance de la Confédération, installée lundi 22 juin, ne relève pas d’un simple jeu de chaises musicales, comme certains auraient pu le penser. Vingt commissions au lieu de dix-huit, un bureau renouvelé à plus de 80%, plusieurs figures historiques ont quitté l’organigramme et d'autres l'ont intégré... Lecture.
Article : Festival Gnaoua : la nouvelle génération de Maâlems prend sa place à Essaouira
Un an après l’appel des grands Maâlems à préparer la relève, la 27e édition du Festival Gnaoua met en lumière une nouvelle génération d’artistes qui s’impose progressivement sur les scènes d’Essaouira.
Article : Banques cotées : pourquoi le secteur garde un potentiel de redressement
Entre le recul des activités de marché et la baisse des valeurs bancaires en bourse, le secteur connaît un début d'année moins favorable. Les analystes estiment toutefois que cette évolution ne remet pas en cause les fondamentaux des banques cotées. Analyse.
Article : Épisode 9. Le silence de l’avion : pourquoi les supporters ne chantaient pas en route vers Santiago
Après avoir observé la manière dont les supporters marocains se sont progressivement constitués en communauté transnationale, puis comment cette mobilisation a été vécue comme une aventure collective par les joueurs eux-mêmes, une autre scène attire l’attention durant le voyage vers Santiago. Elle peut sembler anodine au premier regard, mais elle révèle probablement beaucoup de l’état d’esprit qui animait les passagers à quelques heures de la finale de la Coupe du monde U20.
Article : Interconnexion Maroc-Allemagne : Sila Atlantik accélère la cadence pour se rapprocher de sa décision finale d'investissement
Après l'épopée Xlinks, le projet d'interconnexion électrique Sila Atlantik s'offre un nouveau départ stratégique. Porté par un contexte européen favorable à la recherche de souveraineté énergétique, Sila Atlantik accélère la cadence en vue d’aboutir à sa décision finale d’investissement (FID) pour exporter l’énergie renouvelable du Maroc vers l’Allemagne à travers deux câbles sous-marins. Révélations.
Article : Prévisions météo pour le lundi 29 juin 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 29 juin, établies par la Direction générale de la météorologie.