Marocains de Libye, c’est l’attentisme
Malgré la mise en place de la cellule de crise, les Marocains installés en Libye restent encore dans l’attentisme. Un flou d’autant plus embarrassant que le département des Affaires étrangères, à travers son ambassade à Tripoli, ne leur a adressé aucune consigne claire.
«Beaucoup de Marocains, n’ayant pas été appelés à rentrer, attendent que la vague passe, mais la situation ne fait qu’empirer», nous confie cette Marocaine qui, pour des raisons professionnelles, se déplaçait régulièrement vers la Libye. Son dernier voyage remonte à trois semaines et elle est restée en contact avec des Marocains et des Libyens.
Sacrifier biens et travail ou attendre l’hypothétique retour au calme, tel le dilemme cornélien qui agite la communauté marocaine expatriée, estimée selon nos sources à quelque 50 000 personnes. «Face à l’escalade des violences, certains ont dû abandonner maison et travail pour rentrer au bercail», poursuit notre source. Un sacrifice qu’ils ne sont pas tous prêts à consentir, bien que l’ambassade du royaume à Tripoli ait promis de leur apporter «toute l’aide logistique nécessaire». Laquelle aide logistique n’a pas encore dévoilée. Fait étrange: sur les huit numéros publiés par la cellule crise, à Rabat et Tripoli, que nous avons tenté de joindre à plusieurs reprises de joindre, sept sont restés injoignables.
Contactée par Médias 24, une source autorisée au sein de l’ambassade à Tripoli n’a apporté aucune réponse à nos interrogations. Un mutisme qui traduit bien l’embarras du ministère des affaires étrangères. «J’avais essayé de me renseigner auprès de l’ambassade sur la possibilité de mon retour, mais elle est, comme nous, dans le flou», nous dit une marocaine qui est rentrée depuis un mois au Maroc.
Comment seront-ils être pris en charge? Par quels moyens seront-ils rapatriés Ceux qui auront décidé de rester en Libye maintiendront-ils le contact avec l’ambassade? Autant de questions qui restent sans réponses.
Autre mystère: bien que l’aéroport international de Tripoli ait été fermé, le service de réservation de Royal Air Maroc propose encore des vols vers la capitale libyenne. Mystère que nous n’avons pas réussi à élucider auprès de la compagnie nationale, que nous n’avons pas réussi à joindre.
Sur le terrain, les combats entre milices rivales se poursuivent dans plusieurs régions du pays, dont Tripoli. L’aéroport de la capitale est inutilisable. Les députés nouvellement élus lors du scrutin du 25 juin, se sont réunis ce lundi à Tobrouk, à l’extrême est du pays.
L’Egypte est en train d’évacuer par voie terrestre (via la frontière tunisienne) plusieurs milliers de ses ressortissants, environ 13.000 selon les autorités tunisiennes, à travers un pont aérien Djerba-Le Caire.
Le Maroc reste circonspect. La position officielle est de ne pas appeler les Marocains à rentrer mais d’aider ceux qui le souhaitent à effectuer le voyage.
Mais les autorités ont clairement péché par deux lacunes:
-l’absence de cellules ou de numéros de téléphone d’accueil, au moins pour recueillir les infos ou rassurer ; manifestement, il n’y a eu aucun scénario de crise.
-le nombre de lignes mises en place paraît insuffisant au regard des besoins.
Sur Facebook, on constate que les Marocains de Libye se sentent abandonnés à leur sort.
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