img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

A quoi sert le ministre des Affaires générales au Maroc?

Chaque ramadan, il est sollicité pour veiller au bon approvisionnement en denrées alimentaires et s’assurer du respect des prix. Mais son rôle va bien au-delà de ces missions. Retour sur la création de ce ministère pas comme les autres et sur le profil de ceux qui l’ont occupé.  

A quoi sert le ministre des Affaires générales au Maroc?
Nabila Fathi
Le 30 juin 2014 à 16h28 | Modifié 30 juin 2014 à 16h28

Février 1998. Le Maroc ouvre une nouvelle page de son histoire politique. L’USFP, jusque-là parti de l’opposition, prend la direction du gouvernement.

Abderrahmane Youssoufi est nommé Premier ministre; il a la lourde tâche de former le gouvernement de l’alternance. Sans surprise, il fait appel à Ahmed Lahlimi. Grand ami et confident de Youssoufi, son rôle majeur dans la préparation de l’architecture du gouvernement est un secret de polichinelle. Il en est la cheville ouvrière.

Dans la liste des ministres, et pour le commun des mortels, Lahlimi est mis sur la touche ou presque. Ça ne casse pas trois pattes à un canard: Lahlimi n’hérite que d’un petit ministère, occupé en 1992 par feu Abderrahmane Sbaï dans le gouvernement Mohammed Karim Lamrani… puis mis en veille jusqu’à l’arrivée de Youssoufi.

Mais dans la réalité, ce commis de l’Etat doublé d’un fin politicien aura à faire ses preuves dans un département transversal, une sorte de «Finances bis». Avec lui, le département se voit assigner des missions claires donnant corps au ministère délégué des A.G. tel qu’on le connaît aujourd’hui. Il acquiert ses lettres de noblesse et se penche sur des dossiers concrets: concurrence, prix, compensation…

"C’est un super ministère technique. Le fait qu’il soit délégué n’enlève rien à son super-pouvoir. Il relève de la Primature qui le charge de gérer des dossiers ayant trait à la vie quotidienne des Marocains", lance d’emblée un proche de l’actuel Chef du gouvernement.

Et d’ajouter, "les grandes problématiques sont traitées par ses équipes. Allant de la compensation à la concurrence en passant par la structure des prix, le climat des affaires, la TPE…. Il gère des dossiers qui pèsent des milliards de DH. Rien  que la compensation, c‘est près de 40 milliards de DH".

Le remaniement Benkirane II lui a adjoint d’autres prérogatives. Assurer le suivi des rapportsémanant aussi bien d’institutions publiques que d’organismes internationaux au sujet de  l'environnement des affaires et instaurer les règles de gouvernance en font partie. Un poste qui renvoie aussi bien à la gouvernance au niveau des marchés publics qu’aux pratiques au sein des établissements publics.

Pour mesurer l’importance de ce ministère, il suffit de passer en revue la liste des profils qui l’ont occupé, pour leur majorité de gros calibres: Ahmed Lahlimi, feu Abderrazak El Mossadeq, Rachid Talbi Alami, Nizar Baraka, Najib Boulif et puis Mohammed El Ouafa.

"La Primature est un département de coordination. Il n’a pas beaucoup d’effectifs, une centaine maximum. Il repose sur les ressources humaines des départements délégués et sur leur expertise pour mener à bien des dossiers de grande importance", explique notre source. Et de poursuivre, "les Affaires générales est le département délégué le plus proche de la Primature. Pendant longtemps, le bureau du ministre des Affaires générales a été mitoyen à celui du Premier ministre".

Ce n’est qu’en 2012, au lendemain de la constitution de l’équipe Benkirane que ce bureau change de main. Et c’est Abdellah Baha, ministre d’Etat, homme de confiance et bras droit du chef du gouvernement qui le récupère. Tout un symbole.

 

Prochain article : à quoi sert le Secrétariat général du gouvernement?

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Tags : OMS
Nabila Fathi
Le 30 juin 2014 à 16h28

à lire aussi

Équipementier : pourquoi le Maroc peut réclamer beaucoup plus à Puma
Football

Article : Équipementier : pourquoi le Maroc peut réclamer beaucoup plus à Puma

Signé en 2019, le partenariat entre la FRMF et Puma ne correspond plus au nouveau poids des Lions de l’Atlas dans le football continental et mondial. Entre le parcours historique au Mondial 2022, la place du Maroc dans le Top 10 mondial, le sacre continental et la perspective de 2030, la sélection nationale a changé de dimension. Puma paie-t-il encore le Maroc à sa juste valeur ?

Réforme des prix des médicaments : les principales mesures de la version finale du décret
ECONOMIE

Article : Réforme des prix des médicaments : les principales mesures de la version finale du décret

Près d'un an après son annonce au Parlement par le ministre de la Santé, le décret réformant les prix des médicaments est enfin inscrit à l'ordre du jour du Conseil de gouvernement prévu ce jeudi 9 juillet. Voici les principales dispositions de sa version finale.

Mines : les projets de cuivre ouverts à l'investissement par l'ONHYM
Mines

Article : Mines : les projets de cuivre ouverts à l'investissement par l'ONHYM

Le cuivre n'a jamais valu aussi cher, et le Maroc entend en profiter. Autour du modèle de partenariat de l'ONHYM, projets d'exploration et unités industrielles dessinent une chaîne de valeur intégrée, de la mine à la cathode.

École privée, logement, viande rouge : pourquoi les aides publiques peuvent nourrir la hausse des prix
ECONOMIE

Article : École privée, logement, viande rouge : pourquoi les aides publiques peuvent nourrir la hausse des prix

Le crédit d’impôt pour les frais de scolarité proposé par le RNI relance une vieille question de politique économique. Une aide à la consommation améliore-t-elle réellement le pouvoir d’achat ou finit-elle par être absorbée par les prix ? Dans des marchés peu régulés, où l’offre est limitée et où la formation des prix reste opaque, la réponse n’est jamais automatique. L’argent public, censé soutenir les ménages, n’atteint pas toujours pleinement sa cible.

Bourse de Casablanca : le MASI recule de 0,93% le 8 juillet 2026
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca : le MASI recule de 0,93% le 8 juillet 2026

La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 8 juillet 2026 en baisse. Le MASI a cédé 0,93% à 18.055,63 points, dans un volume global de 2,67 MMDH.

Fonds des justiciables : la Cour des comptes contrôlera enfin les caisses des avocats
DROIT

Article : Fonds des justiciables : la Cour des comptes contrôlera enfin les caisses des avocats

Les caisses des avocats, qui gèrent les fonds déposés par les justiciables auprès des avocats, seront désormais soumis au contrôle de la Cour des comptes, une mesure adoptée après de longs débats au Parlement.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité