img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Redaction

Comment Rabat déradicalise et gère le retour des Marocains du front syrien

C’est un rare éclairage de l’intérieur de la machine gouvernementale marocaine qu’un haut responsable du ministère de l’Intérieur apporte sur le choix des autorités de jouer la fermeté et la souplesse dans le même temps avec  les groupes radicaux religieux.

Comment Rabat déradicalise et gère le retour des Marocains du front syrien
Jamal Amiar
Le 25 mai 2014 à 7h54 | Modifié 25 mai 2014 à 7h54

Intervenant lors d’une conférence internationale sur le jihadisme et ses conséquences sur la sécurité en Méditerranée tenue vendredi 23 mai à Tanger, le haut responsable marocain familier des dossiers du contrôle frontalier et de la gestion territoriale a donné quelques indications sur la stratégie marocaine de «déradicalisation au niveau de la doctrine, de l’organisation et du comportement» des mouvements islamistes radicaux.

Dissuader les départs …

Parmi les approches tentées, figurent les appels argumentés et motivés contre les départs des jeunes vers la Syrie lancés par des leaders religieux. «Depuis 6 mois, indique le responsable de l’Intérieur qui préfère l’anonymat, la tendance est à la baisse» sans toutefois fournir d’indications plus précises sur la tendance. Le responsable jugeant par ailleurs que «seules, la prison ou la pression ne peuvent dissuader certains jeunes de partir ni constituer de sanction efficace à terme».

 Le nombre de jeunes Marocains combattant actuellement en Syrie ou se trouvant en transit sur le territoire turc est estimé entre 1.000 et 1.500 individus dont 200 à 300 dans la région d’Istanbul en attente de rentrer au Maroc. Depuis l’été 2013 et la multiplication des combats entre fractions islamistes rivales, de nombreux jeunes Marocains ont décidé de cesser la lutte armée. Le mouvement Harakat Sham al Islam regroupe la majorité des combattants d’origine marocaine. Son fondateur Brahim Benchekroun, ancien de Guantanamo, est mort au combat en Syrie.

Sur le terrain en Syrie et à la frontière turco-syrienne, le contingent de combattants marocains est considéré par les experts comme le plus important groupe national avec celui des Tunisiens sur un total de 35.000 combattants étrangers aux côtés de l’opposition religieuse et laïque ou aux côtés du régime de Damas (Hezbollah libanais, pasdarans iraniens, chiites irakiens).

Auparavant durant la séance, un officier de la gendarmerie royale à la retraite et un responsable de la justice avaient également vanté les mérites de la politique de  déradicalisation  citant le cas médiatisé du leader salafiste Mohamed Fizazi. Pour le responsable de la justice, «la justice pénale seule n’est pas suffisante d’autant plus que la loi au Maroc comme dans plus autres pays ne condamnent pas explicitement le fait de partir dans des zones de combat et d’y acquérir un entraînement au maniement des armes». «Sur ce plan-là, il reste des ajustements législatifs et légaux à opérer» a-t-il indiqué.

 Depuis l’été 2013, de nombreux leaders religieux marocains dont Omar Haddouchi ont multiplié les appels et les explications contre la participation des jeunes Marocains au Djihad syrien.

Cependant, le responsable marocain a tenu à souligner et à rappeler, que « la volonté de dissuader les jeunes Marocains d’aller combattre en Syrie ne doit pas occulter le fait que le Maroc est du côté du peuple syrien».

… et gérer les retours

Sur le point de la gestion des retours, le responsable de l’Intérieur l’a jugée possible sur «la base de la coopération solidaire et de la bonne foi des Etats» car juge-t-il, «le problème des faux-passeports est un vrai problème» et «les gens d’aspect européen peuvent plus facilement passer entre les filets».

 Au début de cette année, Rabat avait notamment dû imposer le visa aux ressortissants libyens pour des fuites d’usagede faux passeports libyens par des Marocains passés par le champ de bataille syrien et souhaitant rentrer au Maroc.

A Sebta et à Mélillia, le contrôle des passeports est désormais obligatoire pour tous les voyageurs, dont les résidents des villes frontalières qui étaient auparavant dispensés d’un contrôle systématique.

Sur ce dernier point, Médias 24 a pu apprendre que si les services marocains et français collaboraient sur le terrain en Turquie et à la frontière syro-turque pour localiser les ressortissants des deux pays, la même coopération existe entre les services français et algériens. «En revanche, aucune coopération n’existe entre services marocains et algériens» souligne notre expert.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Tags : coronavirus
Jamal Amiar
Le 25 mai 2014 à 7h54

à lire aussi

Mondial 2026. Comment le Maroc a rivalisé avec le Brésil
Mondial2026

Article : Mondial 2026. Comment le Maroc a rivalisé avec le Brésil

ANALYSE. Après une première demi-heure très aboutie, l’équipe nationale a payé le prix de ses ambitions avant de se rendre à la raison face au Brésil, samedi 13 juin, lors de la première journée du groupe C. Si Ayyoub Bouaddi et Achraf Hakimi ont survolé la rencontre, le capitaine de l’EN n’est pas exempt de tout reproche sur le but égalisateur. Mais il n’est pas le seul.

Fouzi Lekjaa : “Le Maroc ne doit son influence qu’à ses résultats”
Football

Article : Fouzi Lekjaa : “Le Maroc ne doit son influence qu’à ses résultats”

Rumeurs d’influence, projet sportif marocain, CAF, FIFA, binationaux… Dans un entretien accordé à Al Jazeera, Fouzi Lekjaa défend une vision globale du football national et un modèle structuré, fondé sur la formation, la performance et l’impact social. Il écarte toute idée d’influence occulte ou de “pouvoir caché”.

Made in EU : Renault et Stellantis plaident pour l’Europe, mais gardent une porte ouverte au Maroc
ECONOMIE

Article : Made in EU : Renault et Stellantis plaident pour l’Europe, mais gardent une porte ouverte au Maroc

Dans une position commune adressée aux députés européens, Renault, Stellantis et Volkswagen soutiennent le principe d’un contenu européen de 70% pour les véhicules électriques. Les trois groupes demandent que seules les activités réalisées dans l’Union européenne et l’Espace économique européen soient comptabilisées comme européennes. Le Maroc resterait donc en dehors de ce calcul, mais pourrait continuer à jouer un rôle dans les chaînes de production grâce à la marge de 30% prévue pour les pays tiers.

Qui sont ces Marocains qui traversent la planète pour leur équipe nationale ?
Contributions

Article : Qui sont ces Marocains qui traversent la planète pour leur équipe nationale ?

À la suite de la qualification historique des Lionceaux de l’Atlas pour la finale de la Coupe du monde U20 au Chili, près de 600 Marocains ont réussi à rejoindre Santiago en moins de quarante-huit heures. Derrière cette mobilisation exceptionnelle émerge une autre question : qui étaient ces femmes et ces hommes prêts à parcourir plus de 10.000 kilomètres pour assister à une finale mondiale de jeunes ? L’enquête révèle une réalité bien plus complexe et plus riche que l’image traditionnelle du supporter de football.

Fiat prépare le lancement de deux nouveaux modèles : Fastback et Grizzly
Actualités

Article : Fiat prépare le lancement de deux nouveaux modèles : Fastback et Grizzly

Fiat élargit sa gamme avec deux nouveaux modèles destinés au segment C : les Fiat Fastback et Fiat Grizzly, dont le lancement est prévu en Afrique & Moyen-Orient au second semestre 2026.

Gaz naturel : après le repli d’avril, les importations du Maroc repartent à la hausse
Energie

Article : Gaz naturel : après le repli d’avril, les importations du Maroc repartent à la hausse

Les importations marocaines de gaz naturel via le gazoduc Maghreb-Europe (GME) retrouvent une dynamique haussière, après un creux en mars et avril qui avait alimenté les craintes d’une crise d’approvisionnement. En cause, non pas les tensions au Moyen-Orient, mais une demande électrique saisonnière plus faible, accentuée cette année par une production hydroélectrique exceptionnelle. Explications.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité