Pénuries de médicaments: retour probable à la normale le 9 juin
Le cafouillage logistique qui perturbe l’approvisionnement des pharmacies est corroboré par l’ancien patron des pharmaciens marocains. Anouar Fennich confirme la pénurie actuelle qui provoque l’inquiétude des patients confrontés aux ruptures de stock à répétition.
L’ancien président de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc (FNSPM) se refuse à dramatiser mais regrette que cette situation provoque une certaine panique chez de nombreux malades.
Réfutant le terme de pénurie, il préfère évoquer une perturbation généralisée de l’offre médicamenteuse. Il l’attribue au manque de statistiques sur la consommation des médicaments au Maroc qui entraîne une méconnaissance des priorités pharmaceutiques par les professionnels du secteur. Il avance que les grossistes comme les pharmaciens ne voulant pas s’embarrasser de contingences logistiques ont simplement omis de constituer des stocks d’urgence.
Anouar Fennich déplore l’improvisation dans les préparatifs du changement des étiquettes et assure que la mauvaise gestion des stocks qui en découle est aussi due à la mise à jour tardive du système informatique répertoriant les nouveaux prix et la nouvelle appellation Prix public de vente (PPV).
En tant que pharmacien, il confirme que les médicaments pour des maladies chroniques comme le diabète, l’hypertension et les allergies manquent de plus en plus dans les pharmacies ce qui entraîne une panique chez certains patients.
Il explique cette raréfaction par les difficultés des détaillants à s’approvisionner auprès de grossistes devant eux-mêmes se faire livrer par les laboratoires. Ces derniers seraient trop occupés à tenir les délais impartis de ré-étiquetage de 60 millions de boîtes de médicaments importées ou fabriquées localement. Une tâche gigantesque qui concerne les produits pharmaceutiques qui connaîtront une baisse de prix mais aussi ceux qui ne verront pas leur tarif changer.
L’ancien président du syndicat des pharmaciens d’officine de Casablanca, Redouane El Menjra confirme lui aussi ce qu’il appelle une pénurie logique au regard du manque de temps de préparation.
A la date du 9 juin prochain, l’ensemble des médicaments devra afficher une nouvelle étiquette portant la mention Prix public de vente (PPV) en lieu et place de l’actuel Prix public Maroc (PPM).
Le changement des étiquettes PPM en PPV concerne les stocks des laboratoires, seuls autorisés à procéder à cette valse programmée des étiquettes, mais aussi ceux des grossistes et des officines qui devront retourner leurs stocks d’invendus pour être actualisé.
Les grossistes ayant déjà épuisé leur stock actuel PPM préfèrent attendre d’être livrés le 9 juin prochain. Ils refusent de se retrouver avec des invendus aux étiquettes dépassées le jour J même si les marchandises non écoulées dans le délai requis sont autorisés à être ré-étiqueté PPV hors délai.
Au niveau des pharmaciens, on note le même phénomène car ces derniers préfèrent acheter des petites quantités pour éviter d’avoir sur les bras des marchandises nécessitant un ré-étiquetage.
Nos deux interlocuteurs se veulent cependant rassurants en appelant à ne pas céder à la panique et à prendre son mal en patience jusqu’au 9 juin prochain qui devrait assurer un retour à la normale.
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