“Le Sahel est une aubaine pour le Maroc, le Maroc est une aubaine pour le Sahel”
L’avenir économique du Sahel était au menu de la Semaine de la recherche de l’EGE, tenue du 14 au 16 mai. L'ancien directeur de l’Agence française de développement soutient que le développement du Sahel passe par l’offensive diplomatique économique du Maroc.
Jean Michel Severino s’est livré à un exercice d’imagination scientifique captivant en se livrant à de la prospective économique du continent africain en général et du Sahel en particulier, dans le cadre du lancement de la chaire africaine de l'EGE (Ecole de gouvernance et d'économie). Ce praticien du développement a une vision très optimiste sur ce qu’il nomme le nouvel Eldorado de la planète qui fait de ce continent une issue de rattrapage pour le reste de la planète qui peine à rebondir. D’après cet ancien de la Banque mondiale, cette dynamique va faire à l’avenir de cette région, le continent du siècle par la multiplication de nombreux investisseurs mondiaux où le Maroc occupera une place stratégique grâce à un positionnement pionnier.
Le Maroc en pôle position au Sahel
Le Royaume semble avoir pris conscience du vent de changement car de tous les acteurs de l’Afrique du nord, il est celui qui a clairement pris cette voie. M. Severino en veut pour preuve les investissements (OCP, RAM, BCP, AWB, Alliances, Addoha, …) qu’a effectués le Royaume dans les secteurs bancaire, financier, industriel et des services dans nombre de pays du Sahel.
M. Severino assure que le potentiel est très important parce que le Maroc sait trouver des partenaires de tailles diverses dont nombre de PME avec qui il est amené à occuper des parts de marché extrêmement significatives. Il met aussi en avant le fait qu’il y a une capacité marocaine à travailler avec d’autres africains qui est flagrante grâce à la mise en place d’un tissu bancaire qui a su créer une infrastructure aidant les exportateurs et les investisseurs.
Il pense que l’on est au tout début de ce phénomène et que c’est une chose excellente pour les deux parties qui récolteront les fruits communs de ce nouvel Eldorado. Pour expliquer l’apport win-win du Maroc, il avance que son atout principal est sa réactivité et qu’il a su au bon moment noué des relations et des partenariats pionniers avec le tissu industriel et financier de ces pays.
L’Algérie n’est pas en mesure d’occuper la même place car elle n’a pas le tissu économique capable de le faire. Malgré sa volonté affichée de garder le Sahel sous sa coupe, elle se disqualifie par son jeu non collectif du à une mentalité d’Etat rentier et hégémonique.
Jean Michel Severino conclut sur le Maroc en affirmant qu’à l’avenir, lorsqu’on aura besoin de faire du business au Sahel, on fera appel en priorité aux Marocains qui ont été les premiers africains à sentir la transformation économique en cours.
Il faut dire que le regard des investisseurs de tout horizon sur l’Afrique a changé, ainsi les IDE mondiaux (22%) se concentrent désormais sur le seul Sahel qui a multiplié depuis 2000 ses IDE par 6 pour atteindre 42 milliards de dollars en 2013.
Sahel, sous les pavés le sable
Depuis l’an 2000, cette région du monde n’a pas enregistré de taux de croissance inférieur à 5% ce qui aiguise bien des appétits. Si le continent africain est encore derrière l’Asie du Sud-est, il connaît un bouleversement des rythmes d’investissements où la France a quadruplé ses investissements en moins de 5 ans. Chaque année, le volume de ces investissements augmente de près de 50% et en moyenne on note 8 milliards de dollars annuels investis depuis 2000.
Les échanges commerciaux mondiaux vont subir une transformation radicale par un développement africain en constante accélération qui en fait une source d’opportunités pour le reste du monde. L’Afrique sahélienne sera en 2050 équivalente de la Chine d’aujourd’hui même si son développement sera toujours aussi hétérogène.
C’est donc un nouveau pôle économique, social et culturel qui va s’affirmer chaque année au Sahel en polarisant les intérêts du reste de la planète et où le Maroc est déjà en pôle position.
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