Frémissement et amélioration du climat des affaires dans l'industrie selon Bank Al-Maghrib
Finalement, l’année démarre mieux que prévu. Ou moins mal. Coup sur coup, les résultats des enquêtes de conjoncture industrielle de Bank Al-Maghrib qui viennent d’être rendues publiques, aboutissent toutes deux à cette conclusion.
Il s’agit bien entendu d’enquêtes, basées sur des sondages et des déclarations. Et lorsqu’on dit que l’année démarre mieux que prévu, nous parlons de moyennes, car il existe, selon les secteurs, des disparités parfois très importantes.
>L’enquête mensuelle sur la conjoncture industrielle relative au mois de mars montre une hausse de l’activité industrielle, après la baisse enregistrée le mois précédent, et une amélioration du taux d’utilisation des capacités.
La hausse de la production s’est reflétée au niveau de toutes les branches à l’exception des industries textile et cuir où 31% des entreprises déclarent une baisse de la production et 53% une stagnation.
Dans ces conditions, le taux d’utilisation des capacités (TUC) a augmenté, passant d’un taux de 68% à un taux de 72%. Cette amélioration est attribuable principalement à l’augmentation dans les industries chimiques et para-chimiques de 65% à 72%.
Ces évolutions se sont accompagnées par une hausse des ventes dans les industries agroalimentaires, chimiques et para-chimiques et électriques et électroniques.
S’agissant des branches textile etcuir et celles mécaniques et métallurgiques, les ventesont été en baisse par rapport à février, selon les déclarations des industriels interrogés.
Pour ce qui est des commandes reçues en mars, elles sont en légère amélioration dans toutes les branches d’activité à l’exception des industries mécaniques et métallurgiques où elles sont en recul par rapport au mois précédent.
Pour les trois prochains mois, les entreprises s’attendent à une hausse de la production et des ventes dans toutes les branches industrielles, à l’exception de la branche «chimie et para-chimie» où les industriels s’attendent plutôt à une baisse.
>Climat des affaires moyen à bon (82%).
La même évolution positive se retrouve au niveau de la perception du climat des affaires. En effet, sur l’ensemble du 1er trimestre 2014, 52% des industriels interrogés par Bank Al-Maghrib qualifient le climat général des affaires de «moyen» et 30% de «bon».
Au 4ème trimestre 2013, seuls 18% qualifiaient ce climat de «bon» et 72% de «moyen».
Par branche, le climat a été jugé «moyen» par 45% des entreprises des industries chimiques et para-chimiques et «bon» par 33% alors que dans les branches «agro-alimentaire» et «textile et cuir», il aurait été «moyen» selon respectivement 75% et 65% des chefs d’entreprises. Pour leur part, 52% des industriels de la branche « électrique et électronique» ont qualifié le climat de « bon » et 46% de « moyen » contre respectivement 41% et 33% dans les industries mécaniques et métallurgiques.
Pour le prochain trimestre, 60% des industriels anticipent un climat des affaires « moyen » et 28% « bon ».
>Une trésorerie moins tendue
Au T1-2014, la situation de la trésorerie a été jugée normale selon 68% des industriels et inférieure à la normale selon 28%.
Le trimestre précédent, seuls 55% la considéraient comme normale tandis que 44% la considéraient comme inférieure à la normale.
Parmi les raisons conduisant à des difficultés de trésorerie, les personnes interrogées ont évoqué la baisse des ventes, l’augmentation des difficultés de recouvrement et la hausse des impôts et des charges non financières.
Par branche, la majorité des industriels des branches «agro-alimentaire» et «électrique et électronique» ont qualifié leur situation de trésorerie de normale, tandis que ceux des branches «chimie et para-chimie» et «textile et cuir» sont restés partagés entre une situation normale et inférieure à la normale. Concernant les industries mécaniques et métallurgiques, leur situation de trésorerie aurait été normale selon 63% et inférieure à la normale selon 27%.
(Avec Bank Al-Maghrib)
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