Kia Maroc, la lente descente aux enfers jusqu’à l’arrestation du gérant
L’arrestation, samedi 19 avril, d’Amine Belkhouya, actionnaire majoritaire et gérant de Kia Motors Maroc a surpris ses créanciers. Et pourtant, la situation financière de l’importateur de la marque sud-coréenne n’augurait rien de bon, une descente aux enfers.
Accusé d’abus de confiance et de détournement de fonds par une plainte déposée par son associé Theora (35% du capital d’une valeur de 76,6MDH), Amine Belkhouya est poursuivi en état d’arrestation depuis deux jours. L’affaire porte sur quelque 30 millions de DH, la valeur d’un terrain hypothéqué en faveur de Theora mais que son propriétaire Amine Belkhoya a mis en vente, selon la presse nationale.
Mais comment cette entreprise, jadis citée comme success story, ayant eu un parcours exceptionnel qui pouvait faire pâlir de jalousie des pontes de l’automobile au Maroc en est-elle arrivée là? Son avenir ayant basculé du jour au lendemain, jusqu’au point d’entraîner une cessation de paiement.
>Politique de prestige. Certains parlent de mauvaise gestion, d’autres d’investissements mal ciblés ou encore d’une politique de sponsoring digne des plus grandes multinationales. Amine Belkhouya mettait le paquet, c’était un gros annonceur. Ses publicités s’étalaient dans tous les supports. Il voyait grand!
Dans le temps, KMM faisait les gros titres- élogieux- de la presse, investissait pour bâtir un réseau présent partout au Maroc, se targuait de son classement ascendant dans l’argus auto, jusqu’au jour où on découvre, courant 2013, que l’entreprise croule sous les dettes.
>Elle perd de sa superbeau fil des mois et fait l’objet de dizaine de saisies émanant aussi bien des banques que de la CNSS ou encore de certains concessionnaires et autres fournisseurs.
Au deuxième trimestre 2013, l’affaire a éclaté au grand jour. Certaines partenaires, dont des banques, ont fait le pas de saisir les biens de l’entreprise. Rien n’y a échappé, à commencer par les véhicules, en passant par le matériel informatique, et même le petit stock qui restaient dans les dépôts du service après vente.
Une vingtaine de saisiesau total émanant entre autres de la CNSS (4,6MDH), Total Maroc (1,49MDH), Belle Auto (3,55MDH), la BCP (178MDH), Gamma Motors (434,6MDH), Crédit Agricole du Maroc (76MDH), BMCI (21,6MDH), Maroc Leasing (27,2MDH), Maghrebail (28,8MDH)….
>Les concessionnaires, victimes. Dans la foulée, la défaillance de l’entreprise avait fini par pousser certains concessionnaires à se regrouper pour demander la «réparation du préjudice qu’ils ont subi, ayant payé une marchandise que leur fournisseur n’a jamais livrée».
Une situation due à un arrêt des importations de véhicules dès «mars 2012, date à laquelle le carte de représentation arriva à échéance», nous affirme une source proche du dossier. Et d’ajouter, «idem pour les pièces d’importations dont les dernières importations par la maison Kia datent d’un an et demi».
Elle finit par fermer boutique laissant sur le carreau des centaines d’employés qui croyaient jusqu’au dernier jour en une possible résurrection de leur entreprise. Amine Belkhouya multipliait les promesses, affirmant qu’il s’agit d’une simple traversée du désert, mais aucunement de la mort de l’entreprise. «Il y croyait lui aussi», d’après certains témoignages.
>Kia Motors Corporation: No comment.Contacté par Medias 24, le géant sud coréen Kia Motors Corporation n’a pas répondu à nos questions. Joint une première fois en novembre dernier, le responsable communication s’était contenté de nous déclarer que «Kia Motors Corporation étudie de nombreuses options à même d’aboutir à un retour à la normale de toutes les activités commerciales de la marque Kia au Maroc». Et d’ajouter laconiquement que «le moment n’était pas approprié pour commenter les détails concernant la situation actuelle de Kia Motors Maroc».
Aujourd’hui, ce sont plus de 40.000 clients de la marque qui ne savent plus à quel saint se vouer. La garantie -7 ans- qui avait fait les beaux jours de la marque n’est plus opérationnelle depuis bientôt deux ans, la valeur marchande des voitures ayant chuté à cause de la situation financière de l’importateur. Une responsabilité qui incombe aussi au constructeur sud-coréen qui a laissé traîner les choses, jusqu’au point de non retour.
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