Relations commerciales Maroc-Europe, le diagnostic de l’UE
Les relations entre l’Union Européenne et le Maroc sont étroites. L’UE est le principal partenaire commercial du Maroc et le Maroc est le partenaire stratégique prioritaire de l'UE pour le développement de la démocratie et de la prospérité dans la région méditerranéenne.
C’est pourquoi le Maroc est le premier pays de la région avec lequel l’UE a entamé des négociations pour la conclusion d’un accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA). Dans ce cadre, l’avis du Comité Economique, Social et Environnemental de l’UE (CESE-UE) a été requis pour identifier les mécanismes à mettre en place pour le développement d’un «partenariat pour la prospérité partagée» afin d’éclairer les négociations en cours.
Garantir la cohérence entre les accords commerciaux et le développement durable
Sur le plan économique, la libéralisation des échanges entre l’UE et le Maroc s’est traduite ces dernières années par un accroissement du déficit commercial et une plus grande dépendance du Maroc vis-à-vis de ses importations.
C’est pourquoi le CESE-UE insiste sur la nécessité d’encourager la diversification des productions. Dans ce contexte, il est important pour le Maroc de continuer à réformer sa législation pour atteindre la sécurité juridique nécessaire à l’accroissement des investissements directs étrangers (IDE).
Sur le plan social, «l'un des points traditionnellement faibles de la relation commerciale UE-Maroc a été l'insuffisante création d'emplois», selon le CESE. L’UE et le Maroc doivent donc investir dans la formation pour que les nouvelles opportunités profitent à tous et surtout aux plus vulnérables (jeunes, femmes, etc.). La promotion de l’égalité des sexes est également une priorité selon le CESE-UE.
Sur le plan environnemental, le suivi détaillé de l’impact environnemental des accords commerciaux entre l’UE et le Maroc a jusqu’ici été marginalisé. Il est indispensable, selon la CESE-UE, de doter les sociétés civiles européenne et marocaine des outils nécessaires à ce suivi pour veiller à ce que le développement des échanges ne se fasse pas au détriment de l’environnement.
Conscient du scepticisme de la population marocaine vis-à-vis de la libéralisation des échanges, le CESE-UE recommande de veiller à ce que la nouvelle stratégie commerciale permette de créer des emplois décents et qualifiés, d'encourager le tissu associatif, de consolider les droits des travailleurs et de garantir le respect de l'environnement.
La place du secteur agricole dans les accords commerciaux
L’agriculture a souvent été au cœur des débats entre l’UE et le Maroc. Mais la libéralisation quasi-totale du secteur et les nouvelles opportunités qu’offre le marché européen à l’agriculture marocaine ne doivent pas se traduire par une dépendance du Maroc aux importations de matières premières, nuire à la biodiversité ni faire disparaître l'agriculture familiale. Le Maroc et l'UE doivent coopérer pour garantir la sécurité alimentaire.
Renforcer l’implication de la société civile dans la négociation des accords
Le CESE-UE demande que les acteurs économiques et sociaux du Maroc et de l'UE participent plus activement à la conception, au suivi et à la mise en œuvre des accords commerciaux.
Le CESE-UE recommande également une coopération étroite entre les CESE européen et marocain via la création d’un comité consultatif mixte afin de permettre à la société civile organisée de suivre l'incidence de tous les accords entre l'UE et le Maroc. C’est aux CESE (marocain et européen) que devrait incomber le suivi du volet développement durable de l’ALECA, selon le CESE-UE. Plus largement, le CESE-UE recommande de renforcer les relations directes entre des organisations similaires du Maroc et de l'UE, notamment pour un renforcement du dialogue social.
La société civile a également un grand rôle à jouer dans l’amélioration de la gestion des flux migratoires et de la libre circulation des personnes.
Le CESE en appelle enfin à une coopération étroite et suivie assortie de délais réalistes sur les grands thèmes qui feront l’objet des négociations dans le cadre de l’ALECA, dont la propriété intellectuelle ou les normes.
Le document intégral est consultable sur le site du CESE-UE.
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