Le film “Noah” sera-t-il projeté au Maroc?
Al Azhar a déclaré que la nouvelle production américaine sur la vie du prophète Noé, personnifié par Russel Crow, était contraire à la morale islamique et souhaite faire interdire sa projection, prévue pour le 26 mars en Égypte et à compter du 9 avril au Maroc.
Une nouvelle fois, la personnification des prophètes passe mal du côté des hautes autorités islamiques.
Il s’agit cette fois d’une nouvelle production américaine réalisée par Darren Aronofsky à qui on doit notamment Black Swan et Requiem For A Dream qui ont connu de francs succès. Le film “Noah“, produit par Parmount Pictures, se base sur le récit biblique du prophète Noé, personnifié par Russel Crow.
Trois pays musulmans ont cependant déjà refusé de l’accueillir dans leurs salles. Il s’agit du Qatar, des Emirats Arabes Unis et du Bahrein. Au Maroc, la projection du film le 9 avril au cinéma Mégarama de Casablanca est pour le moment maintenue.
Du côté des conservateurs religieux américains, quelques critiques ont été émises lors des premiers sceen-test du film en octobre dernier. La mise en scène trop hollywoodienne du récit biblique a été notamment pointée du doigt mais aucune réaction du coté du Vatican n’a été rendue publique à ce jour.
L’acteur principal a même invité le Pape à le voir à travers un tweet qui dit «Cher Pape, voudriez-vous voir le film Noé ? Je suis sûr que vous le trouverez fascinant.»
La fatwa d’Al Azhar ne fait cependant pas l’unanimité du côté des oulémas. Pour le Cheikh Essam Talima, invité au micro d’Al Jazeera, aucune étude religieuse n’est à la base des interdictions sur la personnification des prophètes. Pour lui, ce sont des interdictions d’ordre politique et non religieux.
La première interdiction de ce genre a eu lieu au début du siècle dernier à Damas concernant une pièce de théâtre dans laquelle le prophète Youssef était personnifié.
Par la suite, les instances religieuses ont, semble-t-il, pris le réflexe de condamner toutes les personnifications des prophètes … voir même des quatre califes puisque la série “Omar Al Farouq“, retraçant la vie du calife Omar Ibn Al Khattab et coproduite par Qatar Télévision et MBC, a aussi fait l’objet d’une fatwa l’interdisant et affirmant le caractère illicite des représentations.
Le Front de la Créativité Egyptienne fondée en 2012 et qui rassemble de nombreux artistes, cinéastes et penseurs égyptiens, a publié un communiqué déplorant l’appel à l’interdiction de ce film par Al Azhar.
Ce communiqué rappelle qu’aucun texte coranique ni aucun hadith ne peut servir de base à une telle interdiction. Cyniquement, il constate aussi qu’aujourd’hui et grâce notamment à internet, il est impossible d’empêcher qui que ce soit de visionner un film.
Généralement, ce genre de décrets religieux interdisant une œuvre cinématographique, constituent, paradoxalement, une excellente publicité pour les films qu’ils dénoncent. Ce fut déjà le cas dans le passé pour les films controversés par l’église comme La Passion du Christ ou Le Da Vinci Code. Au final, ces films ont beaucoup plus fait parler d’eux que des œuvres bien plus importantes de l’histoire du cinéma.
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