Procter & Gamble Maroc cède l’usine de Mohammedia et va réduire ses effectifs
La production d’eau de Javel est cédée à l’italien Fater et la fabrication de couches est transférée à l’étranger. Les discussions concernant les départs des salariés ont déjà commencé. Le site emploie 130 personnes.
C’est un coup dur pour le secteur industriel au Maroc, déjà marqué ces derniers temps par plusieurs fermetures de sites de production.
Procter & Gamble ne déroge donc pas à la règle et a décidé de restructurer son site de production de Mohammedia, où 130 salariés travaillent, comme l’a indiqué la filiale marocaine de P&G à Médias 24.
Le site produit d’une part de l’eau de Javel commercialisée sous la marque Ace, et d’autre part des couches vendues sous la marque Pampers.
Cette décision s’inscrit dans le cadre de la stratégie mondiale de P&G qui se sépare des activités qu’elle considère comme non stratégiques. C’est le cas de l’eau de Javel, cédée à l’italien Fater, qui reprend en même temps tous les sites de production d’eau de Javel de Procter dans vingt pays de la zone Europe centrale, Europe de l’Est, Moyen-Orient et Afrique, dont le Maroc. Fater rachète en même temps la marque Ace
Pour les couches, P&G va démonter la ligne de production (200 millions de pièces par an en moyenne sur les trois dernières années) et la transférer à l’étranger, sans plus de précisions. P&G privilégie désormais au niveau mondial des usines capables de produire des volumes très importants, et plus compétitives. Les lignes de couches Pampers, dont la technologie de pointe est une exclusivité P&G, ne sont jamais cédées à la concurrence.
Au niveau mondial, le PDG de P&G Alan George Lafley a annoncé jeudi 20 février que le groupe va réduire le nombre de ses usines (130 actuellement) et celui de ses salariés : après d’être délesté de 7.000 emplois en 2 ans, P&G va encore supprimer 4.000 postes d’ici juin 2016.
Que va-t-il se passer pour les salariés de Mohammedia ?
La restructuration de l’usine de Mohammedia va se traduire par une réduction des effectifs du site qui emploie aujourd’hui 130 salariés.
Pour l’eau de Javel, P&G indique que « Fater a confirmé son intention de continuer son activité au Maroc avec l’équipe actuelle. » La négociation avec le repreneur a été menée de manière à ce que ce dernier prenne le maximum de salariés, souligne P&G. Il ne devrait donc pas y avoir de changements importants à court terme pour cette activité.
En revanche, la suppression de la production de couches va avoir des conséquences sociales.
« Le nombre et les conditions de séparations seront communiqués après les consultations avec les partenaires sociaux et la finalisation des accords. Notre objectif est de s'assurer que la transition se passe de la meilleure manière possible mais aussi d'aider les employés à trouver un autre emploi très rapidement » indique P&G. « Nous n'avons pas l'intention de nous limiter aux obligations légales » précise-t-on à la direction de l’entreprise.
En clair, P&G souhaite donner la priorité aux départs volontaires indemnisés et au reclassement dans d’autres entités de l’entreprise comme par exemple la distribution, en évitant des licenciements secs.
Ces négociations, qui ont déjà commencé, vont se poursuivre dans les prochaines semaines.
Plus généralement, P&G ne stoppe pas toute production au Maroc, ni ne quitte le pays. Son autre site de production dans le royaume, l’usine d’Aïn Sebaâ, n’est pas concerné par les suppressions d’emploi ou par une réduction de sa production. Le site emploi emploie actuellement une centaine de salariés.
L'usine, dédiée à la production de détergents en poudre Tide et Ariel, témoigne même de résultats jugés très satisfaisants par P&G. Elle a permis à l’entreprise de retrouver sa place de leader au Maroc sur le segment des poudres lavantes.
Pour ce qui est des couches, la marque vedette de P&G Pampers va toujours être disponible au Maroc, avec des produits importés d’autres sites de production.
Afin de marquer sa volonté de développement au Maroc, la filiale de P&G a annoncé le 21 février une injection de capital de 127,5 millions DH « afin d’asseoir encore davantage sa solidité financière dans le royaume. »
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