En 2013, le chômage a continué sa progression au Maroc
Avec 9,2% de chômeurs, le marché de l’emploi marocain s’est dégradé l’année dernière. Le nombre de demandeurs d’emploi a encore progressé de 43.000 personnes. En ville, le taux atteint 14%.
Le bilan de l’année passée, dressé par le Haut commissariat au Plan, fait état d’une nouvelle progression du nombre de chômeurs en 2013. Le taux global est ainsi passé de 9% à 9,2% en une année.
Selon le HCP, « entre les années 2012 et 2013, 114.000 postes d’emploi ont été créés, 26.000 en milieu urbain et 88.000 en milieu rural. Ces nouveaux emplois ont profité aux secteurs des services avec 101.000 postes, de l’agriculture, forêt et pêche avec 58.000 et de l’industrie y compris l'artisanat avec 5.000. Le secteur des BTP a, quant à lui, perdu 50.000 postes d’emploi. »
Dans ces conditions, le volume global du chômage a augmenté de 43.000 personnes au niveau national, résultat d’une hausse de 47.000 chômeurs en milieu urbain et d’une baisse de 4.000 en milieu rural. Le taux de chômage est passé de 13,4% à 14% en milieu urbain et a baissé de 4% à 3,8% en milieu rural. Au niveau national, il a connu une légère hausse de 0,2 point, passant de 9% à 9,2%.
Le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans est passé de 18,6% à 19,3% et celui des sans diplôme de 4% à 4,6%. Par ailleurs, le taux de sous-emploi s’est maintenu à 9,2% au niveau national ; il a baissé de 8,6% à 8,4% en milieu urbain et progressé de 9,8% à 10,1% en milieu rural.
En outre, l’analyse des principales caractéristiques de la population active en chômage révèle que :
-quatre chômeurs sur cinq (80,6%) sont citadins ;
-près de deux sur trois (64%) sont âgés de 15 à 29 ans ;
-un sur quatre (26,0%) est diplômé de niveau supérieur ;
-un sur deux (50,4%) est primo-demandeur d’emploi ;
-près de deux sur trois (64%) chôment depuis plus d’une année.
Légère baisse des taux d’activité et d’emploi
Entre les années 2012 et 2013, la population active âgée de 15 ans et plus est passée de 11.549.000 à 11.706.000 personnes, ce qui correspond à une hausse de 1,4%. Cet accroissement reste en deçà de la hausse enregistrée par la population en âge d’activité (population âgée de 15 ans et plus), estimée à 1,6%. En conséquence, le taux d’activité a connu une baisse de 0,1 point au niveau national, passant de 48,4% en 2012 à 48,3% en 2013.
En matière d’emploi, 90.000 postes d’emplois rémunérés ont été créés au cours de cette période, résultat d’une création de 23.000 postes en milieu urbain et de 67.000 en milieu rural. L’emploi non rémunéré a, également, enregistré une hausse de 21.000 postes en zones rurales et de 3.000 postes en zones urbaines, soit, au total, 24.000 postes créés. Les nouveaux emplois non rémunérés ont concerné principalement le secteur de l’"agriculture, forêt et pêche" (+26.000 postes contre un recul de 2.000 au niveau des autres secteurs) et bénéficié exclusivement aux femmes et ce, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural.
En conséquence, le volume global de l’emploi est passé de 10.511.000 en 2012 à 10.625.000 en 2013, soit une création nette de 114.000 postes d’emploi, résultat d’une création de 26.000 postes en zones urbaines et de 88.000 en zones rurales. Le taux d’emploi est passé, au cours de la même période, de 44,1% à 43,8%. Il a baissé de 0,6 point en milieu urbain (de 37% à 36,4%) et s’est accru de 0,5 point en milieu rural (de 54,7% à 55,2%).
Au niveau sectoriel, le secteur des BTP qui était l’un des principaux secteurs créateurs d’emplois au cours des dernières années (+55.000 emplois comme moyenne annuelle durant la période 2008-2011), a, depuis 2012, entamé une période de récession qui s’est traduite par une perte de 21.000 emplois en 2012 et de 50.000 en 2013. Les pertes d’emploi enregistrées en 2013 correspondent à une baisse de 4,8% du volume d'emploi dans ce secteur. En revanche, tous les autres secteurs ont vu leur volume d’emploi augmenter.
Les jeunes diplômés durement frappés
Le chômage demeure élevé chez certaines catégories de la population, notamment les diplômés et les jeunes âgés de 15 à 24 ans.
Selon le diplôme, si le taux de chômage des non diplômés n’excède généralement pas les 5%, il reste élevé parmi les diplômés:
-de niveau supérieur avec 18,8%, particulirement les diplômés de facultés (22,1%) et les techniciens supérieurs (25,1%) ;
-de niveau moyen avec 15,1%, notamment ceux de la qualification professionnelle (21,4%) et les diplômés de spécialisation professionnelle (22,1%).
Parmi les jeunes citadins âgés de 15 à 24 ans, il est de 33,2% pour les hommes et de 44,9% pour les femmes.
(Avec communiqué)
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