Education : le Maroc, pire que le Pakistan et la Mauritanie
Un rapport de l’Unesco, publié le 30 janvier, dresse un bilan noir pour le Maroc, classé parmi les 21 plus mauvais systèmes éducatifs dans le monde. Le pays ne consacre pas assez de fonds à l’éducation.
Triste bilan que celui dont vient de nous gratifier l’Unesco dans son rapport intitulé : "Enseigner et apprendre : atteindre la qualité pour tous". Sur un classement de plus de 150 pays, le royaume fait figure de cancre parmi le club des 21 pires systèmes éducatifs du monde – le classement comprend 85 pays -, aux côtés du Pakistan et de la Mauritanie.
De l’enseignement préscolaire aux salaires des enseignants, en passant par les inégalités devant l’éducation, l’institution internationale passe au peigne fin les principaux indicateurs du secteur.
Le rapport, rendu public le 30 janvier, dresse un diagnostic pour le moins alarmant. Seuls 30% de nos élèves qui ont atteint la quatrième année de primaire acquièrent les éléments fondamentaux et la norme minimale d’apprentissage en lecture. Ainsi, la majeure partie de nos élèves sont « encore incapables de lire une phrase en totalité ou en partie ».
« L’amélioration de la qualité et de l’apprentissage occupera probablement une place plus centrale dans le cadre mondial du développement de l’après-2015. Cette réorientation est vitale si nous voulons offrir des chances d’éducation aux quelque 250 millions d’enfants qui ne savent ni lire ni écrire et qui ne possèdent pas non plus les connaissances élémentaires en mathématiques alors même que 130 millions d’entre eux vont à l’école », tonne le rapport.
C’est d’autant plus inquiétant que les acquis scolaires sont tributaires de la zone où l’on habite (urbaine ou rurale), du sexe, du milieu. « Les disparités flagrantes entre les pays montrent que le lieu de naissance des enfants détermine leur possibilité d’apprendre. » Disparités dont souffrent davantage les filles, particulièrement défavorisées dans nombre de contrées, dont la nôtre.

Quid de notre enseignement secondaire ? Aucun reproche ! Non qu’il soit irréprochable, mais, nous indique le rapport, le royaume a été exclu en raison de « données insuffisantes ». Bingo ! En revanche, l’alphabétisation des adultes n’a pas échappé à l’œil rigoureux de Irina Bokova, la Secrétaire générale de l’Unesco: le Maroc, avec un taux de moins de 80 %, est loin derrière l’Algérie, la Namibie, la Palestine ou encore… Trinité-et-Tobago.
« La qualité de l’éducation reçue pendant l’enfance a une forte incidence sur l’alphabétisation des jeunes », explique-t-on, ce qui nous donne, une lueur d’espoir. La probabilité pour les pays d’atteindre l’objectif d’alphabétisation des adultes est d’au moins 95 % d’ici à 2015.
Encore faut-il que le gouvernement place l’enseignement à la tête de ses priorités. Ce qui est loin d’être le cas. L’éducation en part du PNB n’est en effet que de 5,4 % au Maroc, loin derrière le Viet Nam (6,6 %) ou encore les Iles Salomon (plus de 7 %). Et pendant que les dépenses allouées à l’éducation augmentent dans presque la plupart du pays à revenu faible, le Maroc voit son budget – 25 % des dépenses publiques - stagner à moins de 6 % du PIB (il n’a pas bougé d’un iota depuis 1999).
Les aides accordées au pays sont par ailleurs loin de profiter à la catégorie ciblée. « Le financement total sous la forme des coûts imputés des étudiants et des bourses d’études reçu annuellement par l’Algérie, la Chine, le Maroc, la Tunisie et la Turquie équivalait en moyenne au montant total de l’aide directe à l’éducation de base accordée aux 36 pays à revenu faible en 2010-2011 », révèle-t-on.

« Si les gouvernements veulent atteindre une cible de dépenses de 6 % du PNB pour l’éducation, ils doivent non seulement lever suffisamment de recettes fiscales en part du revenu national, mais aussi en affecter une part suffisante aux dépenses nationales d’éducation », suggère le rapport.
S’il est clair que nos enseignants – largement mieux rémunérés, nous apprend le rapport, que dan la quasi-totalité des pays africains – sont responsables, du moins en partie, de cette situation, il n’en reste pas moins que le gouvernement continue de son côté de faire du secteur le parent pauvre du budget.


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