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La Smart TV ne séduit pas les Marocains

Relier la télévision à la puissance d’Internet semble peu intéresser les Marocains. La raison : une stratégie marketing peu agressive, un produit peu adapté au profil des acheteurs et des contenus pas toujours à la hauteur.

La Smart TV ne séduit pas les Marocains
H.M
Le 24 décembre 2013 à 15h50 | Modifié 24 décembre 2013 à 15h50

A l’instar des terminaux mobiles, le petit écran se métamorphose. Les principaux fabricants de télévision s’adaptent aux nouvelles tendances du marché et lancent la télévision intelligente. L’enjeu est de taille : redorer le blason de la télévision qui semble se faire dépasser par les smartphones et les tablettes, tout en profitant des retombées d’un nouveau marché qui présente des perspectives économiques prometteuses. Pourtant, les ventes ont du mal à décoller au Maroc.

« L’engouement pour ce genre d’appareil est minime », nous explique un revendeur. « La plupart du temps, nos clients optent pour une télé classique, et rares sont ceux qui franchissent le pas ». Il s’agit d’un achat reflexe dans le jargon marketing.

Dans un autre magasin spécialisé, un commercial visiblement averti nous fournit une explication peu académique mais toutefois révélatrice de la cible la plus réceptrice à ce genre de produit.  « En général, la clientèle pour les produits innovants est jeune. Alors que la décision d’achat pour un téléviseur revient souvent aux parents, généralement peu connectés aux nouvelles technologies. »

Du coup, si la génération Y semble adopter la télé connectée, du moins une partie d’entre elle, la situation est toute autre pour les générations précédentes qui optent pour des services simple et qui ne demandent aucun apprentissage. Du coup, l’ergonomie et les technologies intuitives de la Smart TV intéresseraient avant tout les générations actuelles, en dépit du fait que les seniors soient généralement de grands consommateurs du petit écran.   

« Il faudra attendre la banalisation de ce produit pour qu’il y est un vrai engouement des consommateurs », estime Ismail, fin connaisseur des nouvelles technologies. 

Un concept novateur mais pas au point

En réunissant sur un téléviseur les services proposés sur Internet, les frontières entre télévision et Web s’estompent. La smart TV permet en fait de visionner des films en streaming, de se connecter sur Facebook ou YouTube, d’appeler sur Skype ou de consulter ses e-mails comme sur un vrai ordinateur.

Son usage marque la fin d’une communication unilatérale, puisqu’elle offre au téléspectateur la possibilité d’interagir avec le contenu, à l’instar des plateformes web comme Youtube, et à l’opposé du modèle de contenu imposé par une TV classique. Un marché prometteur donc, que les plus grands du web ont déjà investi : Apple TV, google TV, Sony, Samsung…

En France, selon les données de l’atelier BNP Paribas, 50% des TV vendues dans le monde seront des Smart TV à partir de 2015 et 31% des foyers de la planète en seront équipés en 2017.

Toutefois, une autre étude vient remettre en question l’intérêt réel que portent les consommateurs pour ce terminal. Le cabinet Analysys Mason a en effet réalisé une enquête auprès de 6.600 consommateurs dans 5 pays d’Europe (France, Allemagne, Pologne, Espagne, et Royaume-Uni) et aux Etats-Unis, et les résultats sont pour le moins éloquents. Près de la moitié des personnes interrogées et qui possèdent une Smart TV affirment qu’ils n’ont jamais connecté leur Smart TV à internet.

Inquiétude des chaînes de télé

La TV intelligente offre de nouvelles opportunités aux annonceurs au point d’inquiéter les chaînes de télévision qui craignent de voir les téléspectateurs se désintéresser de leurs contenus, et forcément de leurs publicités.

Le 8 juillet 2013, des chaînes privées japonaises ont catégoriquement refusé une publicité vantant les mérites d’un téléviseur du géant nippon Panasonic permettant de surfer sur le web aussi facilement qu'avec une tablette numérique.

Une offre de service limitée

Aujourd’hui, les offres changent d’un fournisseur à un autre, ce qui complique la tâche aux consommateurs et aux développeurs.

 En effet, chaque fournisseur propose son propre écosystème, en raison de l’absence de standard, ce qui fait que les développeurs d’applications doivent réécrire leurs appli pour chaque plateforme sur le marché. Forcément, les consommateurs s’y perdent.

« La vidéo sur demande ne fonctionnera pas au Maroc tant que le téléchargement de films à moindres frais et la vente de DVD pirates sont possibles. Or, les Smart TV auront pour finalité de mettre en place un système de vidéo sur demande payant, ce qui me laisse septique », analyse un consommateur averti.  

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Tags : coronavirus
H.M
Le 24 décembre 2013 à 15h50

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