Logement social, l’essoufflement se confirme
Les volumes de mises en chantier de logements sociaux au Maroc, ont reculé de 75% en 2013. Un indicateur qui va de pair avec une baisse des ventes, notamment hors Casablanca et Rabat. La frilosité des banquiers n’arrange pas les choses.
Alors que les promoteurs immobiliers avaient poussé un cri d’alarme en 2012, les chiffres arrêtés à fin novembre 2013 attestent d’une aggravation de la situation. Les statistiques du ministère de l’Habitat ainsi que les déclarations des promoteurs immobiliers vont donc dans le même sens: le logement social (250.000 DH) va de mal en pis.
Quelques indicateurs : en 2013, seuls 59 projets ont été mis en chantier pour la réalisation de quelque 32.259 logements. L’année dernière, 164 projets, l’équivalent de 130.361 logements, ont été mis en chantier. Le nombre de conventions signées est lui aussi en baisse: 124 en 2013 contre 145 l’année dernière.
«Si la demande est toujours aussi importante à Casablanca, Rabat, ailleurs, la tendance est à la baisse. La demande s’y est sensiblement tassée», commente Youssef Iben Mansour, président de la FNPI (Fédération nationale des promoteurs immobiliers). Et d’ajouter, « l’extrême frilosité dont font preuve les banquiers n’arrange pas les choses. Cela impacte les niveaux de ventes qui reculent à vue d’œil».
Outre la crise économique, la quasi-faillite du Fogarim et l’inadéquation entre l’offre et la demande, les termes des conventions d’investissements posent eux aussi un réel problème.
Le constat ne date pas d’aujourd’hui. Le ministère de l’Habitat avait lancé en 2012 une étude d’évaluation du logement social, y compris celui à 140.000 DH. En cours de réalisation, «ses premiers résultats seront prêts début 2014», précise Nabila Merini, directrice de la promotion immobilière.
Cette enquête qui aidera à savoir si le logement social dans son actuelle formule arrive à remplir sa mission, permettra de jeter la lumière sur les dysfonctionnements qui entachent certaines étapes de réalisation des programmes sociaux. La nature et les valeurs des privilèges fiscaux, elles aussi, passeront au crible fin des experts du ministère.
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