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« Trésor nazi »: L'Allemagne joue sa crédibilité, selon le Congrès juif mondial

L'Allemagne joue sa crédibilité sur sa gestion du « trésor nazi » retrouvé chez un octogénaire à Munich, et doit s'efforcer de restituer vite ces centaines d’œuvres d'art à leurs légitimes propriétaires, a jugé le président du Congrès juif mondial dans un entretien avec l'AFP.  

« Trésor nazi »: L'Allemagne joue sa crédibilité, selon le Congrès juif mondial
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Le 20 novembre 2013 à 16h04 | Modifié 20 novembre 2013 à 16h04

Estimant que les quelque 1.400 peintures, dessins et gravures, dont des Matisse, Picasso ou Chagall, pourraient n'être que « la partie émergée de l'iceberg », le président du WJC Ronald Lauder a insisté sur la responsabilité morale de l'Allemagne pour que les particuliers ou les musées victimes des pillages nazis récupèrent leur bien. Il a demandé à Berlin de prendre deux mesures d'urgence: abolir la prescription de 30 ans au-delà de laquelle la propriété d'une œuvre d'art ne peut plus être contestée, et créer une commission pour travailler aux restitutions. « L'obstacle principal à la récupération chez des particuliers des œuvres d'art pillées pendant l'Holocauste est la prescription, car elle empêche toute enquête judiciaire », analysait-il lors d'une interview téléphonique depuis New York. « Le gouvernement allemand devrait s'attacher à résoudre ce problème, car l'Holocauste est un cas unique, la prescription n'a pas été conçue pour un pillage de guerre de grande ampleur perpétré pendant un génocide », a-t-il justifié.

L'Allemagne devrait également « disposer d'une commission qui examine toutes les demandes, qui ait toute la documentation et fasse le tri, décide quelle réclamation est fondée et laquelle est injustifiée », a expliqué M. Lauder. « Nous avons les moyens de fournir une aide substantielle », a-t-il assuré. « Nous sommes des experts en la matière ».

Concernant la collection retrouvée à Munich, M. Lauder a mis en garde contre d'éventuelles batailles juridiques longues et coûteuses pour ceux qui s'estiment légitimes propriétaires, sans aucune garantie de résultat. « Il y en a pour des années de procédures, et ce sera le bazar », a-t-il dit. « Il se peut que cela ne soit que la partie émergée de l'iceberg, il y a peut-être des centaines voire des milliers de tableaux en Allemagne dont nous ignorons tout, qui réapparaîtront peut-être un jour. Une telle commission pourrait apporter de l'aide », assure-t-il.

M. Lauder s'est montré déçu que l'Allemagne ne soit pas plus énergique pour identifier et restituer l'art volé. « L'Allemagne a tant fait pour être juste » depuis la Seconde Guerre mondiale, s'est-il étonné. Ces restitutions sont « la chose la plus facile que nous ayons à faire, car nous avons des documents... Il ne s'agit pas de morts, il s'agit d'art (...) Pourquoi s'arrêtent-ils devant quelque chose d'aussi simple ? J'ai beau me gratter la tête, je ne comprends pas ». Il a critiqué le fait qu'il ait fallu attendre les récentes révélations du magazine Focus pour que les autorités confirment la découverte de ce « trésor », faite en février 2012. « Au début ils en ont parlé simplement comme d'une affaire de fraude fiscale, et pas pour ce que c'est réellement, c'est à dire quelqu'un qui a volé des œuvres d'art pendant l'Holocauste et qui dit au gouvernement allemand "Ha ha, pas touche" », selon M. Lauder.

Pour certaines œuvres, il s'agit « d'une pièce qui appartient, soit à un musée, soit à un particulier qui l'avait accrochée au mur, et qui fut embarquée par les nazis. (...) Il n'y a sans doute pas que des Picasso et des Matisse, mais (chacune de ces œuvres) est importante pour quelqu'un », a-t-il expliqué. Cornelius Gurlitt, fils d'un grand marchand d'art que les nazis avaient chargé de revendre des pièces volées à des juifs ou décrochées des musées car « dégénérées », a accordé une interview cette semaine au magazine Der Spiegel dans laquelle il assure ne pas vouloir se séparer volontairement de « ses » œuvres.

Le Congrès juif mondial représente une centaine de communautés juives hors d'Israël. Le milliardaire américain Ronald Lauder, fils d'Estée Lauder, grand nom de la cosmétique, en est le président depuis 2007. Ce collectionneur d'art est aussi à la tête d'une fondation qui travaille depuis 1987 à la renaissance des communautés juives dévastées par l'Holocauste en Europe centrale et de l'Est.

(Avec AFP) 

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Le 20 novembre 2013 à 16h04

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