Le Bon Lait tourne au vinaigre
La coopérative marrakchie qui naguère pouvait se targuer de concurrencer la Centrale Laitière n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ses salariés, en sit-in depuis la mi-octobre, crient au scandale et dénoncent une gestion calamiteuse.
Depuis la mi-octobre, le spectacle est devenu habituel dans cette ruelle du quartier industriel Hay Hassani à Marrakech.
Samedi 16 novembre, ils étaient encore plus d’une centaine de manifestants à se rassembler devant les locaux de Best Milk, anciennement coopérative Le Bon Lait, continuant la série de sit-in menés depuis un mois devant la wilaya et le tribunal de 1ère instance de Marrakech.
Arborant des slogans virulents, les employés accusent les anciens dirigeants de la coopérative d’abus et de gestion douteuse, laquelle, selon eux, aurait mené à la faillite de la compagnie tandis qu'un millier d’employés ne sont plus payés à cause de la suspension de l'activité.
«Mille familles se retrouvent sans ressources, et certaines se sont retrouvées forcées à la mendicité, du jour au lendemain», affirme un ancien employé du département comptabilité. «Sans compter les dommages infligés à près de 35.000 agriculteurs fournisseurs de la coopérative,» accuse-t-il.
A noter que depuis juillet 2013, les paiements des salaires ont été bloqués. Et depuis, «aucun responsable n'est présent. Ils ont laissé la machine tourner toute seule», déclarent des manifestants à Médias 24. Et d’ajouter, «officiellement, la coopérative n’est pas en faillite. La direction fuit ses responsabilités. Elle se contente de nous déclarer qu’elle ne peut rien faire tant qu’elle n’a pas trouvé un investisseur prêt à éponger les 540 millions de DH de dettes».
Ce crédit bancaire visait à renouveler l’équipement, selon un responsable financier. Or, d'après les employés interviewés par Médias 24, il a été utilisé ailleurs, au vu de l'état des machines et de l'usine elle-même. Accusation non confirmée de source indépendante.
Avec un chiffre d’affaires de plus de 500 millions de DH, la coopérative agricole Le bon lait s’était imposée comme le principal concurrent de la Centrale Laitière, fournissant les produits laitiers à l’ensemble du territoire marocain. Sa part de marché au début des années 2000 était de près de 30%, contre seulement 5% selon les dernières statistiques (120 tonnes produites en 2012).
Des représentants syndicaux ont tenu plusieurs réunions avec le wali de Marrakech. Il leur a promis récemment de porter l’affaire devant les ministres de l’Intérieur et de l’Agriculture, selon leurs déclarations. Objectif : ouvrir un dossier social pour dédommager les employés et proposer éventuellement des aides gouvernementales pour encourager les investisseurs. En attendant, les salariés de la coopérative continuent de faire le pied de grue.
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