Kenya: Quatre suspects inculpés pour l'attaque du Westgate
Quatre personnes ont été inculpées lundi de « soutien à un groupe terroriste » pour leur participation présumée à l'organisation de l'attaque islamiste contre le centre commercial Westgate de Nairobi, le 21 septembre, qui a fait au moins 67 morts.
Ces quatre suspects - présentés comme Mohammed Ahmed Abdi, Liban Abdullah, Adan Adan et Hussein Hassan - ont tous nié les charges retenues contre eux: soutien à un groupe terroriste, entrée illégale sur le territoire kényan et obtention frauduleuse de documents d'identité. La Cour a ordonné leur maintien en détention pour sept jours supplémentaires, le Parquet ayant demandé un délai pour de plus amples investigations. « Les accusés ont mené une attaque terroriste sur le centre commercial Westgate le 21 septembre en apportant leur soutien à un groupe terroriste », peut-on lire dans l'acte d'inculpation présenté devant le tribunal, qui ne détaille pas la nature ou les éléments dudit soutien.
En outre, selon le document, « les accusés sont entrés illégalement dans le pays et y ont séjourné illégalement » et ils « ont obtenu illégalement des documents d'identité ». L'accusation soutient que les quatre accusés sont Somaliens et ont obtenu illégalement des papiers kényans. Les quatre accusés, qui ont été présentés sans avocat devant la Cour, ont simplement plaidé « non-coupables », sans entrer dans les détails de leur défense.
Le samedi 21 septembre à la mi-journée, un commando islamiste avait attaqué le Westgate, tirant sans discernement sur les commerçants et les clients de ce centre commercial haut-de-gamme de la capitale kényane, avant de se retrancher à l'intérieur. L'attaque, qui a fait au moins 67 morts et une vingtaine de disparus, a été déclarée terminée après près de 80 heures de siège. Les membres du commando, estimé è quatre personnes seulement, sont présumés avoir tous péri durant l'attaque. Les autorités pensent avoir retrouvé leurs corps dans les ruines de la partie du centre commercial qui s'est effondrée après un violent incendie déclenché par les combats entre forces spéciales kényanes et les assaillants, mais l'identification des cadavres est toujours en cours.
L'attaque a été revendiquée par les islamistes somaliens shebab, liés à Al-Qaïda, qui l'ont présentée comme une opération de représailles à l'intervention militaire kényane en Somalie lancée en octobre 2011. Chassés de Mogadiscio en août 2011 par la Force de l'Union africaine (Amisom), les shebab ont depuis essuyé une série ininterrompue de défaites militaires face à l'Amisom et à un corps expéditionnaire éthiopien, entré en Somalie en novembre 2011. Contraints d'abandonner la totalité de leurs bastions du sud et centre somaliens, ils continuent d'occuper de larges zones rurales et restent une menace importante pour la sécurité en Somalie et plus largement dans l'ensemble de l'Afrique de l'Est, selon les analystes. Le contingent kényan, depuis intégré à l'Amisom, a pris en 2012 le contrôle du port de Kismayo, un des ultimes bastions shebab qui était crucial pour le financement des insurgés islamistes.
L'incapacité des autorités à prévenir l'attaque et la conduite des opérations par les forces de sécurité au Westgate ont fait l'objet de nombreuses critiques au Kenya. Circonstance aggravante, l'armée est notamment accusée de s'être livrée à un pillage généralisé des magasins du centre commercial durant le siège.
(Par AFP)
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