img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
LE FIL

FagorBrandt, Tilly-Sabco: le fardeau social du gouvernement s'alourdit

Le fardeau social du gouvernement Ayrault vient de s'alourdir avec deux gros dossiers brûlants: la déconfiture du groupe Fagor (électroménager, 1.870 salariés en France) et le cri d'alarme de Tilly-Sabco (volaille, 1.000 emplois menacés) qui annonce la suspension de sa production.  

FagorBrandt, Tilly-Sabco: le fardeau social du gouvernement s'alourdit
Par
Le 1 novembre 2013 à 10h47 | Modifié 1 novembre 2013 à 10h47

Les deux dossiers s'ajoutent à une liste déjà bien longue: Gad SAS, Alcatel-Lucent, PSA, La Redoute, pour ne citer que les derniers développements. Chez FagorBrandt, la filiale française du groupe Fagor Electrodomesticos, qui produit les marques Vedette, Brandt, Sauter, De Dietrich, le couperet est tombé mercredi: en Espagne, la coopérative Mondragon a renoncé à sauver Fagor (5.700 emplois en Espagne, France, Pologne, Maroc et Chine). L'entité française a donc convoqué le 6 novembre un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire. Sur le site d'Orléans (environ 600 salariés), comme dans les autres usines de FagorBrandt, la production est à l'arrêt depuis deux semaines, mais les salariés espéraient jusqu'alors que leur usine serait sauvée car elle dispose d'atouts, dont un centre de recherche.

A la Roche-sur-Yon (360 salariés), « il y a des années qu'on dénonce la situation financière. Il y a deux ou trois ans que les résultats sont dans le rouge », estime Philippe Rabillier, délégué CGT travaillant sur le site vendéen. Lundi, les syndicats du fabricant d'électroménager, CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC et FO, seront reçus à Bercy. Vu l'urgence, les syndicats attendent que l'Etat s'implique directement dans le dossier. « Il faut que l'Etat refinance la dette pour faire redémarrer la production », a estimé Philippe Breger, délégué CGT du site de La-Roche-sur-Yon.

L'Etat appelé au secours

FagorBrandt emploie en France 1.870 personnes, dont environ 1.225 sur ses quatre sites industriels: Orléans, Vendôme (Loir-et-Cher), La Roche-sur-Yon et Aizenay (Vendée). Du côté des élus locaux, on s'en remet aussi au ministère du Redressement productif où une réunion devrait se tenir le 7 novembre. « Il faut réindustrialiser les sites. Fagor c'est terminé », a déclaré jeudi à l'AFP le président UMP du Conseil général de Vendée, Bruno Retailleau. Et Jacques Auxiette (PS), président de la région Pays de Loire, a rappelé dans un communiqué que « dès mi-octobre la région s'était dite prête à copiloter avec l'Etat les initiatives qui pourraient être prises collectivement (...) vis-à-vis d'éventuels repreneurs ». Côté direction, le discours se veut moins alarmiste. « Pour l'instant le dépôt de bilan n'est pas programmé. Les négociations au niveau espagnol se poursuivent pour trouver une solution de financement », a-t-on indiqué jeudi à l'AFP.

Dans un communiqué jeudi soir, la direction a précisé que Fagor recherche « de nouvelles solutions de financement au travers de ses discussions avec les pouvoirs publics espagnols ». La maison mère espagnole, en procédure de pré-dépôt de bilan depuis le 16 octobre, est asphyxiée par une dette de 800 millions d'euros.

De son côté, le volailler breton Tilly-Sabco a annoncé jeudi qu'il allait suspendre à partir de janvier sa production de poulets pour l'export, une activité qui menace, selon lui, un millier d'emplois « à très court terme ». Le 18 juillet, Bruxelles avait décidé de supprimer les aides à l'exportation pour les petits poulets congelés. Ces aides (« restitutions ») permettaient aux poulets bretons de concurrencer les volailles brésiliennes sur la scène internationale.

Or, le poulet à l'export représente 90% du chiffre d'affaires de Tilly-Sabco et occupe la quasi-totalité de ses employés (300 sur 340 salariés). La survie de l'entreprise est donc en jeu. Au delà de l'entreprise finistérienne, en amont, les couvoirs, les fournisseurs d'aliments, les éleveurs, l'abattoir et les partenaires logistiques et de transport, sont menacés. En annonçant la suspension de sa production, Tilly-Sabco, qui ne parle toutefois pas de licenciements, lance donc un appel du pied à l'Etat: « En l'absence de soutiens financiers des pouvoirs publics, la filière ne peut supporter à elle seule (...) la mise à zéro des restitutions, l'effondrement des prix à l'export et le niveau très élevé de l'euro ».

Face à cela, le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, a assuré jeudi soir à l'AFP que le gouvernement travaillait « activement à trouver des solutions pour maintenir l'activité de l'entreprise ». « Les 15 millions d'euros du plan Bretagne sont notamment destinés à soutenir la filière avicole et les abattoirs », a-t-il rappelé.

(Avec AFP)

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 1 novembre 2013 à 10h47

à lire aussi

T1 2026 : le chômage à 10,8% selon la définition stricte, mais 22,5% quand on mesure la sous-utilisation réelle du travail
ECONOMIE

Article : T1 2026 : le chômage à 10,8% selon la définition stricte, mais 22,5% quand on mesure la sous-utilisation réelle du travail

La situation du marché du travail au T1 2026 publiée par le HCP ne ressemble pas aux notes précédentes. Elle marque une rupture de forme et de fond avec l’Enquête nationale sur l’emploi. Le nouveau dispositif, baptisé Enquête sur la main-d’œuvre (EMO2026), s’aligne sur les normes internationales récentes et redéfinit plusieurs concepts du marché du travail.

Avenue Royale. Ce que les documents officiels révèlent sur le chantier le plus sensible de Casablanca
SOCIETE

Article : Avenue Royale. Ce que les documents officiels révèlent sur le chantier le plus sensible de Casablanca

À Casablanca, le projet de l’avenue Royale franchit une nouvelle étape, marquée par l’accélération des démolitions dans l’ancienne médina. Si les opérations avancent sur le terrain, le projet reste entouré d’un flou persistant, notamment sur sa configuration finale et son calendrier. Consultés par Médias24, les marchés publics permettent toutefois d’en éclairer plusieurs volets. Le point sur l’avancement du projet.

Bourse. Le pourquoi de la décision de Sothema de diviser ses actions par cinq, l'intérêt pour les investisseurs
Actus

Article : Bourse. Le pourquoi de la décision de Sothema de diviser ses actions par cinq, l'intérêt pour les investisseurs

À compter du 5 mai 2026, le titre Sothema changera de format à la Bourse de Casablanca. Derrière cette opération technique, des enjeux de liquidité, d’accessibilité du titre et d’attractivité auprès des investisseurs particuliers. Décryptage.

African Lion 2026 : à Cap Drâa, les drones FPV s'invitent sur le théâtre d’exercice
Defense

Article : African Lion 2026 : à Cap Drâa, les drones FPV s'invitent sur le théâtre d’exercice

Une précision chirurgicale pour quelques centaines de dollars : le drone FPV a brisé les codes de la guerre conventionnelle. Face à ce prédateur qui impose un stress permanent aux troupes au sol, les Forces armées royales ripostent.

Du jamais vu. Flambée de la viande ovine qui frôle les 200 DH/kg
ECONOMIE

Article : Du jamais vu. Flambée de la viande ovine qui frôle les 200 DH/kg

À l’approche de Aïd al-Adha, la viande ovine atteint jusqu’à 170 DH le kilo chez le boucher. Pour les morceaux les plus demandés, les prix grimpent à 190, voire 200 DH le kilo. Ces niveaux sont inédits au Maroc par leur ampleur, mais aussi par la rapidité avec laquelle ils se sont imposés.

“Rabat ne sera pas une ville-musée”. La transformation de l'offre culturelle de la capitale expliquée par Mehdi Bensaïd
CULTURE

Article : “Rabat ne sera pas une ville-musée”. La transformation de l'offre culturelle de la capitale expliquée par Mehdi Bensaïd

ENTRETIEN. Dans un contexte de transformation accélérée des infrastructures de la capitale, le ministre de la Culture évoque pour Médias24 les leviers qui doivent faire de Rabat un pôle culturel majeur à l’international. Entre modernisation, développement de la formation et démocratisation de l’accès à la culture, Mehdi Bensaid défend une vision globale à long terme.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité