Chine: sécurité renforcée et appels à durcir la lutte antiterroriste
La sécurité a été renforcée jeudi en Chine où la presse appelait à durcir la lutte contre le terrorisme après l'attentat perpétré, selon la police, par des extrémistes musulmans sur la place Tiananmen de Pékin.
« Le terrorisme cherche à frapper le cœur même de la nation », a souligné dans un éditorial le quotidien China Daily, en affirmant que les auteurs de l'attentat s'inscriront dans l'Histoire « comme des meurtriers et non des héros ». Lundi, selon la police, trois Ouïghours d'une même famille de la région à dominante musulmane du Xinjiang ont précipité leur voiture chargée de bidons d'essence contre l'entrée de la Cité interdite, dans une attaque-suicide qui a fait également deux morts et 40 blessés.
Des forces spéciales de la police et de la police militaire étaient positionnées jeudi sur Tiananmen, l'un des sites les plus surveillés de Chine en temps normal, théâtre de la sanglante répression en juin 1989 du mouvement pour la démocratie. Dénonçant une « agression contre l'humanité et la société », Mme Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a prévenu jeudi qu'il serait « profondément erroné » de lier l'attentat à la politique du gouvernement au Xinjiang, région rétive à la tutelle de Pékin.
Les Ouïghours, musulmans turcophones et première ethnie au Xinjiang, se disent victimes d'une politique répressive à l'encontre de leur religion, leur langue et leur culture. La place Tiananmen a été le théâtre d'une « violente attaque terroriste, soigneusement planifiée, organisée et préméditée », a affirmé mercredi la police, annonçant l'interpellation de cinq suspects avec du matériel prouvant qu'ils se préparaient au « djihad ». « Les terroristes du Xinjiang étendent le spectre de leurs activités », a commenté jeudi le journal Global Times dans un éditorial.
« Notre détermination doit être plus ferme que la leur ».
Le quotidien a prévenu que la lutte affecterait inévitablement la vie des habitants du Xinjiang, une vaste région aux confins occidentaux de la Chine. « Les terroristes violents sont les ennemis communs de toute la Chine. Les habitants du Xinjiang, en particulier les Ouïghours, en seront les premières victimes », a assuré le Global Times. Le Xinjiang est régulièrement secoué par des troubles en raison des fortes tensions entre Han et Ouïghours.
Interrogés jeudi, des Ouïghours à Pékin ont rejeté les accusations de terrorisme, en affirmant que ce qui s'est produit à Tiananmen servait de « prétexte » à Pékin pour renforcer « la répression au Xinjiang ». « Je ne pense pas qu'il existe une seule organisation terroriste ouïghoure, mais la Chine nous colle l'étiquette de terroristes », a déclaré à l'AFP un Ouïghour, qui a demandé l'anonymat, sur un campus universitaire de Pékin. « L'affirmation de la Chine est sous bien des aspects difficile à croire et sous d'autres scandaleuse », a de son côté assuré depuis les Etats-Unis Alim Seytoff, un porte-parole du Congrès mondial ouïghour, organisation exilée de défense des Ouïghours.
Il a vu des incohérences dans la version des autorités sur les faits survenus à Tiananmen. Selon la police, les trois occupants de la voiture faisaient partie d'une même famille: le conducteur, Ousmane Hassan, était accompagné de sa mère et de son épouse. « Pourquoi aurait-il emmené sa mère et sa femme (dans un attentat-suicide)? », s'est interrogé M. Seytoff, s'étonnant aussi que la police ait pu retrouver une banderole avec des inscriptions religieuses fondamentalistes dans une voiture ayant été la proie des flammes.
Les dernières violences graves au Xinjiang remontent à fin juin dans la ville de Lukqun, proche de Turpan et distante de plus 3.000 km à l'ouest de Pékin. Joints au téléphone depuis Pékin, des résidents de Turpan ont assuré que les mesures de sécurité avaient été renforcées. Un restaurateur du nom de Wang a déclaré que la police avait demandé de « se préparer en vue d'une attaque ».
(Par AFP)
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