Un projet pour transformer l’EMI en université polytechnique
L’Association des ingénieurs de l’école de Mohammedia lance un projet de développement et de restructuration de l’EMI pour qu’elle devienne une université polytechnique. La formation de qualité est actuellement menacée par les difficultés financières.
Fidèles à leur école, les anciens élèves de l’Ecole Mohammadia d’ingénieurs (EMI), réunis sous l’égide de l’Association des ingénieurs de l’école de Mohammadia (AIEM), proposent un projet de refonte du concept de gouvernance de l’école pour devenir une université polytechnique autonome. Baptisé «EMI du futur», le projet est le fruit de benchmarks et d’études menés par une cellule spécialement dédiée.
L’objectif est de «donner plus d’autonomie et de moyens à une école de plus d’un demi siècle d’existence, qui a formé plus de 7.500 ingénieurs et lui permettre de continuer à assurer son rôle de locomotive pour un enseignement public d’excellence au Maroc», explique à Médias 24 Abdelouahed Jambari, secrétaire général de l’Association.
En plus de l’apparition de groupements technologiques, la création d’universités d’excellence et l’émergence de nouveaux besoins exigés par le tissu socio-économique national, l’ EMI est confrontée aujourd’hui à de nouveaux défis… structurels et internes.
Sous l’égide de l’université Mohammed V-Agdal, l’Emi fait face à des problèmes d’ordre financier, technique et de ressources humaines : «en comparaison avec d’autres écoles du même niveau, l’ EMI n’a pas suffisamment de moyens financiers et a de plus en plus de difficultés à assurer la formation des futurs ingénieurs. Les laboratoires, notamment en matériel de recherche, sont sous équipés. Sans parler des moyens financiers limités et du manque d’enseignants, dont une grande part est partie à la retraite… et qui n’ont pas été remplacés», ajoute M. Jambari.
En effet, l’école n’arrive plus à attirer les ingénieurs vers les métiers de recherche et de l’enseignement. Ce qui prive la recherche scientifique nationale de profils de haut niveau et par la même occasion empêche l’école de constituer la relève de son cadre enseignant actuel, issu majoritairement des 1ères promotions de l’EMI.
Pour revenir au problème financier, le budget alloué ne tient compte ni des spécificités requises pour la formation d’ingénieurs de qualité ni du nombre des étudiants qui est passé de 600 en 2000 à 1.500 en 2011.
Par ailleurs, le projet de l’AIEM vient rectifier un projet de loi portant sur le regroupement des écoles d’ingénieurs en université, déposé officiellement au Parlement. Un projet qui serait irréalisable, selon l’AIEM. «Le regroupement des écoles proposé par le ministère de l’Enseignement supérieur est difficile à réaliser à court terme, car ces écoles ne relèvent toujours pas du même département. Certaines écoles sont sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur tandis que d’autres relèvent des Mines», déclare M. Jambari. Et d’ajouter, «ainsi nous estimons que notre projet d’université polytechnique est la meilleure solution pour résoudre les problèmes que connaissent l’ EMI et la formation».
Dans le scénario d’AIEM, l’université polytechnique de Mohammadia va transformer ses 8 départements actuels en 8 écoles supérieures : génie électrique, génie informatique et modélisation, génie minéral, génie des procédés, génie industriel, génie mécanique et génie civil.
Mais le plus grand défi est la promulgation d’une loi sur la restructuration de l’Ecole Mohammadia d’ingénieurs en l’Université polytechnique de Mohammadia. Pour cela, l’association déploie ses efforts auprès du ministère de tutelle, du gouvernement et des professionnels de la formation et de l’ingénierie au Maroc. Une conférence sera organisée ce 26 octobre à Rabat pour émettre des recommandations qui donneraient naissance à la nouvelle université.
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