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Le Nobel de la paix récompense l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques

Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) qui joue un rôle central dans le démantèlement de ces armes dans le conflit syrien, a annoncé le comité Nobel norvégien.  

Le Nobel de la paix récompense l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques

Le 11 octobre 2013 à 10h12

Modifié le 11 octobre 2013 à 10h12

Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) qui joue un rôle central dans le démantèlement de ces armes dans le conflit syrien, a annoncé le comité Nobel norvégien.  

Cette organisation fondée en 1997 et basée à La Haye a été primée «pour son travail considérable en vue d’éliminer les armes chimiques», a déclaré le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland.

En effet, cette organisation méconnue travaille depuis des années à l’anéantissement de ce type d’armes à travers le monde, un travail dangereux qui s’effectue habituellement loin des projecteurs.

Chargée de superviser la destruction de l’arsenal syrien suite à une résolution historique des Nations unies, votée afin de prévenir toute intervention militaire dans le pays ravagé par un conflit sanglant depuis deux ans et demi, l’OIAC se retrouve depuis quelques mois au coeur de l’actualité et des enjeux diplomatiques mondiaux.

Cela n’a pas toujours été le cas : entrée en fonction en 1997, l’OIAC a longtemps travaillé dans l’ombre, détruisant 57 000 tonnes d’armements chimiques, en Irak, Libye, Russie, aux Etats-Unis... Le travail de l’OIAC «a été le sujet d’années et d’années de patiente diplomatie», avait récemment assuré à l’AFP son porte-parole, Michael Luhan. «Notre persistance, sans fanfare : c’est un travail de destruction lent qui, espérons nous, sera plus apprécié avec le temps», avait-il ajouté.

L’OIAC a été récemment projetée sous l’oeil des caméras du monde entier quand le Conseil de sécurité des Nations unies a voté la résolution 2118, sur la base d’un accord conclu entre ces deux pays, après une attaque chimique meurtrière survenue le 21 août dans la banlieue de Bagdad.

Inspecteur, un métier à risques

L’OIAC, dont le bâtiment et les laboratoires sont situés dans des banlieues chics de La Haye, supervise en fait la mise en application de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC), signée le 13 janvier 1993 à Paris et entrée en vigueur le 29 avril 1997.

Premier accord de désarmement négocié dans un cadre multilatéral prévoyant l’éradication d’une catégorie d’armes de destruction massive, cette Convention a pour objectif l’interdiction complète des armes chimiques et la destruction des arsenaux existants dans le monde.

S’appuyant sur le Protocole de Genève de 1925, l’accord interdit la recherche, la fabrication, le stockage et l’utilisation d’armes chimiques et interdit aux signataires d’aider un pays tiers à s’engager dans la fabrication ou l’utilisation de ces armements. L’OIAC fournit également une assistance et une protection à tout État partie faisant l’objet de menaces ou d’attaques à l’arme chimique.

Hommes et femmes, les inspecteurs de l’OIAC travaillent quotidiennement avec des produits dangereux : le simple contact de gaz sarin avec le peau bloque la transmission de l’influx nerveux et entraîne la mort par arrêt cardio-respiratoire.

Ils effectuent donc leurs missions dans des combinaisons de protection et pour la première fois, en Syrie, dans un pays en conflit et y sont donc également équipés de gilets pare-balles et de casques. A ce jour, l’OIAC compte 189 pays membres représentant plus de 98% de la population mondiale.

Quatre Etats-la Corée du Nord, l’Angola, l’Egypte, le Sud-Soudan- n’ont ni signé ni ratifié la Convention. Israël et la Birmanie l’ont signée en 1993 mais ne l’ont toujours pas ratifiée, selon le site internet de l’organisation. La Convention devrait entrer en force dès lundi pour la Syrie.

Les pays membres de l’OIAC peuvent faire l’objet d’inspections de sites douteux avec un rapide préavis. Le directeur de l’organisation est un diplomate turc, Ahmet Uzumcu, en poste depuis 2010. Entre 1997 et 2013, l’OIAC a supervisé la destruction de 81% des stocks mondiaux déclarés d’agents chimiques ainsi que plus de 57% des munitions et conteneurs chimiques visés dans la CIAC, selon le site.

Le comité Nobel décerne régulièrement le prix à une organisation. Le Comité international de la Croix-Rouge et le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés ont été lauréats à plusieurs reprises. Le Bureau international du travail a été primé en 1969, Amnesty international en 1977, les Casques bleus en 1988, Médecins sans frontières en 1999, les Nations unies en 2001, l’Agence internationale de l’énergie atomique en 2005, et l’Union européenne en 2012.

(Avec AFP)

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