Viol, immigration: les dossiers sensibles de la région de l'Oriental.
Dans un communiqué datant du 2 juillet, l’AMDH Oujda dresse un bilan pas très reluisant de la situation sociale dans la région de l’Oriental.
Plusieurs problèmes et dysfonctionnements sont pointés du doigt dont l’atteinte aux droits des migrants subsahariens, la recrudescence des cas de viol sur mineurs et l’absence des poursuites judiciaires. Médias 24 a donné la parole à plusieurs acteurs de la région.
Contactée par nos soins, une source du secrétariat général de la Wilaya de l’Oriental nous affirmé que, concernant les cas de viol, « statistiquement, le nombre de viols dans la région de l’Oriental est en-dessous de la moyenne nationale. Il ne faut pas oublier que dans cette partie du royaume, la communauté reste très conservatrice. C’est la raison pour laquelle les victimes ou leurs familles hésitent à porter plainte contre les agresseurs».
Rien en revanche ne permet de dire, selon cette même source, que les procédures judiciaires ne sont pas respectées: « si effectivement cela était le cas, nous aurions enregistré des plaintes contre les éléments des services de police qui n’auront pas respecté les procédures. Or, ce n’est pas le cas ».
Mohamed Amarti, président de la commission régionale des droits de l’Homme d’Oujda-Figuig, affirme n’avoir enregistré aucune plainte en rapport avec un viol sur mineur, confirmant par la même, le refus des victimes de porter plainte contre les crimes d’honneur. Dans les autres cas de viols, la commission se penche plutôt sur «le suivi, l’accompagnement des victimes et le conseil aux familles dans le cadre des attributions délimitées.»
Concernant la question épineuse des immigrés subsahariens, le communiqué de l’AMDH dénonce les conditions de vie et la détention abusive des immigrés subsahariens dans des « centres sociaux », et incite les autorités à respecter les engagements du Maroc en matière de protection des droits des immigrés.
Mohammed Amarti est du même avis, même s’il marque une réserve concernant la détention des subsahariens : «nous ne pouvons parler de détention. Les immigrés subsahariens ont été accueillis à Berkane et Jrada provisoirement, dans un lieu non-officiel certes, mais ont été relâchés peu de temps après ». En revanche, il ignore le sort des immigrés relâchés.
De manière générale, la commission régionale ne reçoit pas de plaintes concernant les mauvais traitements des immigrés. Son président explique : « la ville d’Oujda, de par sa proximité des frontières est une ville de transit, nous ne pouvons, de ce fait, que nous occuper des affaires liées au transfert vers la frontière. Dans ce sens, je peux vous assurer que les enfants, les femmes enceintes et femmes accompagnées d’enfants ne sont pas refoulés» sans manquer de préciser que «la commission ne travaille pas sur le terrain, mais s’occupe des dossiers des personnes dont les droits ont été lésés par la justice».
Le communiqué de l’AMDH relève plusieurs autres «anomalies» dont la détérioration de la situation économique, sociale et culturelle, le manque des structures de base et des espaces verts dans la ville d’Oujda et la question délicate des situations administratives et financières des enseignants de la région de l’Oriental.
À découvrir
à lire aussi
Article : Avenue Royale. Ce que les documents officiels révèlent sur le chantier le plus sensible de Casablanca
À Casablanca, le projet de l’avenue Royale franchit une nouvelle étape, marquée par l’accélération des démolitions dans l’ancienne médina. Si les opérations avancent sur le terrain, le projet reste entouré d’un flou persistant, notamment sur sa configuration finale et son calendrier. Consultés par Médias24, les marchés publics permettent toutefois d’en éclairer plusieurs volets. Le point sur l’avancement du projet.
Article : Bourse. Le pourquoi de la décision de Sothema de diviser ses actions par cinq, l'intérêt pour les investisseurs
À compter du 5 mai 2026, le titre Sothema changera de format à la Bourse de Casablanca. Derrière cette opération technique, des enjeux de liquidité, d’accessibilité du titre et d’attractivité auprès des investisseurs particuliers. Décryptage.
Article : Bonnes feuilles. Et si on faisait renaître le Conseil national du commerce extérieur ?
Ancienne conseillère auprès de plusieurs Premiers ministres, Nezha Lahrichi revient, dans "Le Pouvoir entre réalisme et illusion", sur une trajectoire passée au plus près de la décision publique. Le livre tient à la fois du témoignage, du portrait politique et de l’essai sur les dérives contemporaines du pouvoir. Médias24 en publie ici des bonnes feuilles consacrées au Conseil national du commerce extérieur, institution dont l’histoire contrariée résonne avec une question très actuelle : comment penser, organiser et anticiper le commerce extérieur marocain ?
Article : African Lion 2026 : à Cap Drâa, les drones FPV s'invitent sur le théâtre d’exercice
Une précision chirurgicale pour quelques centaines de dollars : le drone FPV a brisé les codes de la guerre conventionnelle. Face à ce prédateur qui impose un stress permanent aux troupes au sol, les Forces armées royales ripostent.
Article : Du jamais vu. Flambée de la viande ovine qui frôle les 200 DH/kg
À l’approche de Aïd al-Adha, la viande ovine atteint jusqu’à 170 DH le kilo chez le boucher. Pour les morceaux les plus demandés, les prix grimpent à 190, voire 200 DH le kilo. Ces niveaux sont inédits au Maroc par leur ampleur, mais aussi par la rapidité avec laquelle ils se sont imposés.
Article : “Rabat ne sera pas une ville-musée”. La transformation de l'offre culturelle de la capitale expliquée par Mehdi Bensaïd
ENTRETIEN. Dans un contexte de transformation accélérée des infrastructures de la capitale, le ministre de la Culture évoque pour Médias24 les leviers qui doivent faire de Rabat un pôle culturel majeur à l’international. Entre modernisation, développement de la formation et démocratisation de l’accès à la culture, Mehdi Bensaid défend une vision globale à long terme.