Des toilettes publiques en projet à Casablanca
8 millions de personnes circulent chaque jour dans la métropole. Près de 4 millions y vivent, et près de 4 millions viennent travailler ou visiter. Pour toute cette population, des sanitaires publics s’imposent. Un projet devrait se concrétiser.
Les passants dans le centre de Casablanca ont forcément aperçu les 4 toilettes de la place des Nations Unies. Il s’agit de toilettes publiques, un projet pilote de Zidane Cherif, un jeune topographe.
Des toilettes pratiques puisqu’on peut les déplacer quand on veut et où on veut. Pas besoin de tuyauterie ou de creuser la terre. Il suffit d’une poussette pour les transporter.
Zidane a lancé l’idée en 2011. Depuis, il discute avec les autorités publiques à savoir la ville de Casablanca.
L’idée est la suivante: les autorités publiques octroient l’autorisation à l’entreprise « Allo pro » (de Cherif Zidane) pour placer ses cabines dans certains lieux. L’entreprise perçoit des recettes en vendant de l’espace publicitaire. Une idée a priori simple et profitable à la ville puisque la société devrait lui verser un pourcentage des recettes de l’affichage, près de 10%.
Et pourtant, le projet n’aboutit pas. Depuis que Zidane a proposé le projet au conseil de la ville, il n’a pu obtenir à ce jour qu’une seule autorisation, celle de la place des Nations unies, délivrée en mars. La ville est en train de préparer un cahier des charges prévu pour Décembre.
« Disons que le projet n’a pas trouvé écho auprès des autorités publiques,» soupire Zidane. Mais lui, il tient à cœur à son idée, il a déjà calculé le nombre de toilettes dont a besoin la ville et dressé les endroits prioritaires. On peut citer toutes les places touristiques et celles où il y a un important flux humain. La place Mohammed V, l’ancienne Médina, les abords de la mosquée Hassan II, la côte Ain Diab ou encore le port. En gros, la capitale économique a besoin de près de 3.000 toilettes. Il y en a 4… Un début.
100% écologiques
Les 4 cabines de la place des nations unis ont besoin de près de 150 litres d’eau par jour. Soit une économie de 97% par rapport aux toilettes normales selon Zidane. De surcroît, l’eau est puisée dans un puits. Pour l’électricité, une économie de 100%. Un toit qui absorbe la lumière et donc pas besoin d’ampoules. Même les produits d’entretien sont biologiques. Un produit bleu qui dégrade les déchets humains, importé d’Espagne. D’ailleurs, même les cabines sont importées pour un coût de 250.000 DH l’unité.
Tous les trois jours, un camion passe pour le pompage. L’opération dure en tout et pour tout 5 minutes. Il est à noter que les toilettes sont d’une propreté immaculée, rien à y redire. Papier hygiénique, lavabo et des urinoirs. Deux personnes veillent à leur propreté et percevoir le dirham ‘symboliques’ que versent les utilisateurs. «Ceux qui n’ont pas d’argent, peuvent quand même les utiliser».
Un espace de vie et d’hygiène pour les Casablancais
Zidane nous a raconté une petite anecdote : « Des mamans ramènent leur bébé pour les changer. Elles donnent leur enfant à la femme de ménage, qui s’en occupe moyennant un pourboire. Ces mamans, on les voit chaque jour » D’autres femmes en profitent pour changer leurs vêtements… Ce qui souffle une idée à notre promoteur. Il voudrait récupérer les toilettes fixes délaissées depuis le protectorat pour en faire un espace de vie et de ventes de produits d’hygiène. Il aimerait également mettre en place des cabines aménagées pour les handicapés.
Le jeune entrepreneur déborde d’idée. Il propose par exemple pour les espaces d’affichage des campagnes de sensibilisation de l’environnement, l’endroit idéal ou des centaines de personnes passent pas jour.
Zidane a hâte d’étendre son projet à d’autres lieux de Casablanca, il attend juste le conseil de la ville, qui se dit très intéressé. Ahmed Brija,vice-président du Conseil de la ville a déclaré à Médias 24 que l’étude est en cours et que le cahier des charges se prépare.
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