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Abdelilah Benkirane refait son show à Casa

A l’occasion de la 9ème rencontre nationale de la jeunesse du PJD, Abdelilah Benkirane refait son show. Verbatim pour ceux qui ne connaissent pas encore.  

Abdelilah Benkirane refait son show à Casa
Hamza Mekouar
Le 27 août 2013 à 12h32 | Modifié 27 août 2013 à 12h32

Dimanche 25 août, salle couverte du complexe Mohammed V à Casablanca, Benkirane harangue la Chabiba du PJD. Il n’a rien perdu de sa verve, même s’il ressort toujours les mêmes phrases.

Un bon chauffeur de salle

En costard-cravate, le chef du PJD fait une entrée fracassante sur scène. En véritable star, il descend les travées des gradins d’un pas tranquille, l’air jovial, et salue les «Pjdistes» en herbe qui s’agglutinent, et qui portent pour la plupart un t-shirt marqué d’une main jaune, signe de solidarité avec les Frères d’Egypte, le tout sous le crépitement des flashes.

Sur l’estrade, Benkirane scrute la salle et prend enfin la parole. Après avoir imploré Dieu de lui venir en aide ainsi qu’à tous les musulmans, devant quelque 3.000 partisans, parmi lesquels de nombreuses personnalités politiques comme Abdellah Baha, ministre d’Etat dans une vie parallèle, ou Abdelaziz Rabbah pour ne citer qu’eux, Benkirane s’attaque aux choses «sérieuses».

«Nul doute que vous pensez comme moi que les temps sont durs» dit-il d’un ton grave, mais ménageant son effet.
«Je sais que vous êtes troublés et inquiets de ce qui se passe sur cette Terre. De ce que vous lisez dans la presse, ce que vous regardez dans les télés tendancieuses,  et ce que vous entendez de certains chefs politiques de l’opposition», ajoute-t-il d’un ton tout aussi grave, avant que le naturel ne revienne au galop.

Hamid Chabat 

«Un Zaïm de l’opposition a demandé la dissolution de notre parti. C’est normal, que peut-il faire d’autre? Quand on sait qu’il est maire et qu’il a été battu aux élections par nos membres, que peut-il faire contre notre parti, sinon demander à le dissoudre?», s’interroge  Benkirane sur un ton léger, faisant évidemment allusion à Hamid Chabat, tout en précisant qu’il ne souhaite pas citer le nom de son parti, car il «le respecte et a de tous temps eu de bons rapports avec lui».

Tractations politiques 

Benkirane aborde les tractations avec le RNI. «Les discussions avec Si Mezouar continuent. Si elles aboutissent, hamdoullah. Sinon, j’en informerai Sa Majesté le Roi. Mais nous sommes préparés à toutes les éventualités», a-t-il dit, au lendemain d’un quatrième round de pourparlers avec Salaheddine Mezouar, président du RNI.

Quant au retrait de l'Istiqlal, Benkirane s’est montré serein. «Si l’opposition considère que notre parti est incapable d’assumer ses responsabilités, elle peut toujours appeler à des élections ancipitées, où est le problème ? » a-t-il ajouté, sous les applaudissements d’une salle manifestement conquise qui a fait preuve d’une ferveur religieuse.

Plus tard, sur un ton presque stoïque, le chef du gouvernement s’en est pris à ses « adversaires », qu’il considère «nombreux, même dans les médias».

Crocodiles et aafarit

Fort de son humour légendaire, Benkirane a envoyé des piques à ses adversaires, pendant un peu moins d’une heure, sans pour autant les nommer. Le public n’aura qu’à comprendre entre les mots, ou à imaginer ce qu’il veut.

Le PJD et la monarchie 

Au bout d’une vingtaine de minutes, le showman ôte sa veste et enchaîne en rappelant quelques faits marquants de la «glorieuse» histoire de son parti. «En 1988, quand nous sommes entrés dans l’arène politique, notre but était d’aider les Marocains…en 1992, feu Hassan II m’a envoyé un message me demandant de ne pas participer aux élections législatives de 1993. Le parti s’est réuni, et nous avons convenu de ne pas participer».

En outre, Benkirane n’a pas manqué de rappeler ce qu’il considère comme le soutien indéfectible de son parti à la monarchie, notamment durant la vague du printemps arabe de 2011. «Nous sommes un parti de réformes et non de révolution», a-t-il lancé.

Promis, cette fois-ci nous allons réformer. Concernant les grands chantiers, «nous allons réformer les fonds de retraite et la caisse de compensation et tous les secteurs… et nous comptons revoir le SMIC à la hausse d’ici 2016», a-il-dit.

La fin de l’intervention de Benkirane concerne la déficience du système scolaire marocain, et intervient donc suite au discours du roi à l’occasion de la commémoration de la Révolution du Roi et du Peuple, lequel discours a été dédié à un diagnostic du secteur éducatif.

Enseignement

«La réforme du système éducatif laisse apparaître des points positifs. Les gens ont été satisfaits des derniers résultats du baccalauréat, mais il n’empêche  qu'il y a des réajustements à apporter», a-t-il dit. C’est maigre comme argument…

En définitive, le chef du PJD n’a fait qu’obscurcir la clarté, emberlificoter l'évidence, voguer sur le char usé de la métaphore, des attaques complotistes, du populisme…La routine en fait. Car quand on a assisté à l’un de ses shows, on a assisté à tous.

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Tags : Inflation
Hamza Mekouar
Le 27 août 2013 à 12h32

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