Tétouan l’andalouse : ses musées, ses artistes et sa médina classée par l’Unesco
En dépit de son classement au patrimoine mondial de l’Unesco et de ses nombreux musées, Tétouan reste méconnue. L’occasion pour les estivants attirés par les plages alentours de découvrir la ville marquée par la culture andalouse.
Avec Marrakech et Fès, Tétouan est la ville marocaine qui abrite aujourd’hui le plus de musées. Certains de ses 7 musées recèlent de vrais trésors et permettent de faire des découvertes étonnantes. C’est ainsi que la Maison de l’Artisan, Dar As Saniî abrite différentes sections de l’artisanat marocain (menuiserie, ferronnerie, céramique, plâtre, etc.) où l’on peut admirer des travaux traditionnels et les artisans à l’œuvre.
Le nouveau Musée d’art contemporain propose lui de découvrir la peinture de l’école de Tétouan mais aussi des chefs d’œuvre de la peinture marocaine contemporaine. Avec Casablanca, Tétouan est la seule ville à abriter une école des beaux-arts au Maroc depuis plus d’un demi-siècle. Mariano Bertucchi avait fondé l’école aujourd’hui dirigé par le peintre et sculpteur Abdelkrim Ouazzani.
Le 3e musée incontournable de Tétouan est le Musée d’archéologie qui présente les découvertes faites sur des sites romains, phéniciens et portugais du nord du Maroc. On y trouve notamment nombre d’objets romains découverts sur les sites de Lixus (Larache) mais aussi sur les sites de Tamuda (Tétouan) et des objets de la période portugaise de Ksar Sghir. Les férus d’histoire romaine et phénicienne trouveront le musée rue Ben Hsaïn, près de la place El Feddan.
Fondée au VIIIème siècle, la médina de Tétouan a été reconstruite par l’Andalou Ali Al Mandri à la fin du XVème siècle. Quelques années auparavant, en Espagne, Isabelle la Catholique avait commencé à expulser les musulmans et les juifs de son pays vers l’autre rive du détroit de Gibraltar. Cette émigration vers le sud sera une source de richesse et de prospérité pour le Maroc puisque les cités de Fès et de Meknès bénéficieront également des apports des populations andalouses.
Une visite de la médina peut démarrer par l’actuelle place Moulay El Mehdi qui abrite une église et d’autres bâtiments de la période espagnole (1912-1956). Avant d’entrer dans la vieille ville, on peut découvrir les similitudes architecturales entre le Tétouan colonial et les centres de villes comme Malaga ou Madrid. L’arrivée sur la place El Feddan, après avoir visité la zaouiya Kadiria, permet de découvrir la façade et l’entrée du palais royal, ancien siège du protectorat espagnol dont Tétouan était la capitale. L’entrée dans la médina se fait à la droite du palais royal par Bab Ettout qui mène vers la médersa Loukkach et la zaouiya Bakkaliya notamment.
Le classement de la médina de Tétouan par l’Unesco en 1997 a permis que des travaux de rénovation soient entrepris notamment au niveau des anciennes murailles de la vieille ville et qu’une signalétique appropriée ait pu être apposée. Ce classement permet aussi à une association comme Tétouan-Asmir, à l’origine de la démarche de préservation, de continuer son travail de collecte de fonds et de valorisation du patrimoine de la ville.
Outre ses musées, les vieilles portes de sa médina et ses peintres – Saâd Ben Cheffaj, Mehdi Marine ou Abdelkrim Ouazzani, la contribution de Tétouan à la culture et à la politique au Maroc s’est aussi faite dans le temps au travers notamment des familles Torrès, Bennouna ou encore Baraka.
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