Ruée sans précédent dans les stations-services dans l’Oriental
Ces derniers mois, les autorités marocaines et algériennes ont multiplié les mesures pour combattre le trafic de carburant. Ces mesures profitent aujourd’hui aux stations-services dans l'Oriental, mais suscitent aussi le mécontentement des automobilistes.
Ruée sans précédent dans les stations-services dans l’Oriental. La demande des automobilistes habitués à se procurer du carburant auprès des trafiquants est tellement grande que les stations-services ne peuvent plus assurer cette demande, suscitant par la même occasion l’exaspération des automobilistes.
En effet, les autorités des deux pays n’ont pas ménagé leur effort pour contrecarrer les contrebandiers qu’on appelle les communément les Hallaba.
Mi juillet, Dahou Ould Kablia, ministre algérien de l’Intérieur a ordonné à l’armée de creuser un fossé à la frontière pour éviter le transport de carburant de contrebande le long des frontières avec le Maroc. Selon le journal liberté-Algérie, l’opération de creusement a déjà démarré sur le tronçon nord des frontières.Pour leur part, les autorités du royaume ont renforcé leur dispositif de contrôle.
Conséquence, les Hallaba ont déserté la wilaya de Tlemcen, et les quelques stations-services de l’Est du Maroc qui ont jusqu’alors résisté à la crise retrouvent presque le sourire : «Presque» car la demande est tellement grande qu’il y a pénurie d’essence, ce qui suscite le mécontentement des automobilistes de la région.
«Cela fait plus de 10 jours que nous observons de longues files d’attente dans notre station, mais également dans toutes les stations de l’Oriental. Le weekend dernier, nous étions en rupture de stock, et c’est la première fois que ça nous arrive» nous confie Farid Dahmani, exploitant d’une station-service Total à Berkane.
Un autre exploitant d’une station-service Shell d’Oujda nous confirme l’information mais n’hésite pas à évoquer l’insécurité qui règne devant les stations. «On n’a jamais vu autant de monde. Mais les gens n’ont pas l’habitude d’attendre autant pour s’approvisionner en carburant, du coup, on subit le mécontentement des clients, certains se montrent agressifs, et les forces de l’ordre ne nous protègent pas en cette période de tension. »
Il convient de noter qu’au cours des dernières années, 75 stations-services ont fermé leurs portes à Oujda, 4 à Berkane, en raison de la concurrence déloyale des trafiquants de carburant.
Par ailleurs, pas moins de 1,63 million de litres d’essence de contrebande en provenance d’Algérie ont été saisis au cours des cinq premiers mois de 2013, contre 1,28 million de litres un an auparavant, a annoncé le ministre de l’Économie et des Finances, Nizar Baraka, qui répondait à une question orale à la chambre des représentants en juin dernier.
Ce trafic est à l’origine d’une baisse du chiffre d’affaires du secteur pour 30% à 35%, a récemment déclaré le secrétaire général du Groupement des Pétroliers Marocains Youssef Aherdan.
Dernier point, cette perte est estimée à 350 millions de DH sur les recettes douanières du royaume.
Côté algérien, le trafic de carburant a engendré des pénuries de carburant dans un des pays les plus riches en pétrole, précisément dans la région de Tlemcen, laquelle consomme avec son million d'habitants plus d'essence que la capitale, pourtant trois fois plus peuplée.
Contacté par nos soins, le GPM, Groupement des pétroliers du Maroc, affirme ne pas être au courant de la situation.
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